mercredi 5 août 2020

Les Guérisseurs de Territoires

     Sophie ouvrit l'enveloppe qui contenait son diplôme universitaire "Intelligence Collective : Facilitation, Agilité, Coaching", ne sachant trop qu'en faire.
Devrait-elle l'afficher dans un cadre ? Le ranger avec ses factures ?
Pour elle, il ne s'agissait que d'un point d'étape, le premier pas d'un long voyage. Littéralement. Car sa candidature au programme "Guérisseurs de Territoires" avait été retenue !
D'ici un mois, Sophie entamerait un périple hors du commun, visitant plusieurs villes françaises avec des professionnels du collectif, passés maitres dans l'art de prendre soin du Nous avec un grand N, rompus aux techniques de facilitation et magiciens des Communs Invisibles.


     José lui indiqua d'un geste de la main qu'il faudrait prendre à droite. Tout en marchant, il lui expliquait le contexte, la raison pour laquelle le collectif s'installerait à Crévignex, 1200 habitants, pendant 2 mois.

_Ca sera notre premier contact avec la mairie. Toutes les démarches ont été effectuées par une association locale "Bien Vivre à Crévignex"
_Ah bon ? Vous ne leur avez même pas parlé au téléphone ?
_Non, de toute façon, les conditions sont simples : Vous nous fournissez le gîte et le couvert pendant 2 mois, et on vient soigner votre territoire.

José s'exprimait avec un léger accent du Sud, qui ajoutait à son air jovial. D'abord animateur de centre social, il s'était ensuite orienté vers l'éducation populaire, créant une multitude de vidéos en ligne pour aider les groupes d'humains à coopérer et même parfois vivre ensemble. Cela lui avait suffisamment généré de notoriété et de légitimité pour qu'il puisse lancer diverses expérimentations avec d'autres facilitateurs.
Voilà maintenant 3 ans qu'il avait créé les Guérisseurs de Territoires, avec maintenant 6 caravanes en intelligence collectives qui sillonnaient le pays.

     Il poussa la porte de la mairie en donnant une dernière consigne à Sophie :
_Je vais animer la conversation mais si tu as des questions à lui poser, ou des choses qui te semblent importantes à dire, n'hésites pas.

_Bonjour Mme la Maire, enchanté, je suis José Martin, et voici Sophie Minh.
_Bonjour Mr Martin, Mme Minh, Moi de même, je suis Geneviève Trieste, mairesse de Cévignex depuis maintenant 2 mois. Merci beaucoup à vous d'être venus, vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai hâte de voir ce que vous avez à nous proposer.
_Ah c'est rigolo, on venait également pour savoir ce que vous alliez nous proposer, répliqua José en souriant.
_Ah ? Mais je n'ai rien préparé ? Je ne comprends pas ?
_Ah ah ah, ne vous inquiétez pas, c'est normal, notre approche est un peu déstabilisante quand vous avez l'habitude de travailler avec des cabinets de consultants parisiens. Avant de faire quoi que ce soit, nous sommes d'abord venus pour écouter.
_Oui, je comprends, c'est important de commencer par un diagnostic pour vous adapter à notre territoire.
_Hmm, la posture est un peu différente du diagnostic, vous verrez. En venant, nous avons vu la place du village, est-ce que nous pouvons poser notre roulotte là bas ?
_Oui c'est prévu, la place Laurent Gerra n'est pas utilisée depuis que l'association de Pétanque Cévignexoise a cessé ses activités. Les gens ne s'y arrêtent pas, même si l'ombre des platanes est plutôt bienvenue avec ces chaleurs.
_Ah ? Je n'ai pas vu de bancs ?
_Non, il y en avait un mais personne ne l'utilisait donc on a fini par l'enlever.
_Intéressant...Vous avez bien fait de nous appeler.


     Cévignex, petit village médiéval, était traversé par une route nationale plutôt fréquentée de part en part, qui semblait approvisionner les quelques commerces locaux en clients.
Cette route longeait également la place Laurent Gerra, au sol gravillonneux, agrémentée de quelques platanes.
José ouvrit le coffre de la roulotte et en sortit 2 chaises de camping qu'il déplia à l'ombre.
_Et du coup la prochaine étape c'est quoi ? S'enquit Sophie.
_Ce que j'ai dit. On écoute ! Répondit José en s'asseyant.

Ils restèrent ainsi pendant plusieurs minutes dans un silence relatif, ponctué par le passage des voitures et le roucoulement de quelques pigeons.
De temps à autre, un ou une habitante traversait la place pour se rendre à la pharmacie, lançant des regards curieux, parfois inquiets en direction de la roulotte.

_Sais-tu ce que sont les Communs Invisibles ?
_J'en ai déjà entendu parler mais je n'ai jamais vraiment compris le concept.
_Hmm, ok. Pour moi, le meilleur exemple de Commun Invisible, c'est le tissu social, les liens, les relations entre les gens sur un territoire donné. C'est très difficile à appréhender, à mesurer. Il n'apparait que si on prend le temps de ralentir et d'observer. C'est un peu comme un trou noir, on ne peut pas l'observer directement, mais on peut déduire qu'il est là grâce à son effet sur ce qu'il entoure. A partir du moment où des humains se réunissent dans un espace temps, ce tissu va évoluer, au fur et à mesure des interactions. Un tissu social sain permet une bonne circulation de l'information, et rassure les gens qui en font partie. Il se manifeste par des petits services rendus entre voisins, des fêtes de village, des vieux assis sur un banc. Lorsque les gens s'isolent, se déconnectent, ce tissu dépérit, il se disloque. Et malheureusement, on ne s'en rend vraiment compte que quand on va commencer à avoir besoin les uns des autres... Un coup dur...Une crise....Une inondation... Notre rôle, en tant que Guérisseurs du Territoire, c'est de restaurer ce tissu, d'en faire un filet solide qui va nourrir les habitants. Et ici, on a du travail ! S'exclama José en se levant.

_Sophie, ta mission si tu l'acceptes, va être d'aller à la rencontre de la vie de Cévignex ! Il te faut comprendre où elle se cache, être curieuse, interroger les gens sur ce qu'ils font, ce qu'ils aiment, ce qu'ils aiment faire, ce qu'ils aimeraient faire, etc...
_Ok, mais où est-ce que je commence ? Je dois faire un sondage ?
_Houlà, surtout pas malheureuse ! A partir du moment où tu ranges la vie dans des cases, elle ne peut plus bouger, elle dépérit. Il va falloir la conserver en toi, en générant des conversations, en la prenant ici pour la rendre là.  


     Et peu à peu, José et Sophie partirent à la rencontre des habitants, des commerçants, des enfants, des artisans, des touristes, des personnes âgées pour comprendre qui ils étaient et ce qui les faisaient vibrer.
Ils comprirent peu à peu que la dislocation du ce fameux tissu empêchait les ressources et l'énergie de circuler. Ils identifièrent les points de blocage, renouèrent les liens et peu à peu, la magie finit par opérer.
Une personne exprimait une envie, un besoin, un rêve, et aussitôt, ils faisaient le lien avec une autre qui avait le même rêve, ou pouvait répondre à ce besoin, en disant : Regarde, vous avez ça en commun...

Il apparut que les restaurants et bars fermaient tous le lundi. Aussi, ils utilisèrent ce jour là pour lancer un diner commun, hebdomadaire, sur la place du village. Les tables et bancs de la mairie étaient déployés et chacun venait avec sa contribution pour partager avec tous. Une partie de pétanque se lança... puis une autre... pour finalement déborder sur le mardi, le mercredi et le reste de la semaine.

Sophie et José montèrent du mobilier en palettes, pour accueillir les gens en dehors du lundi soir. Ils finirent par identifier les enthousiastes, les gardiens du territoire, ceux qui prenaient du plaisir à aller vers les gens, à partir à la rencontre des nouvelles personnes. Et ils les aidèrent à voir ce Commun Invisible qu'est le tissu social, à identifier ses manifestations, à l'entretenir.
Ils les formèrent à l'accueil des conflits, à l'organisation d'événements, pour finir sur un atelier commun avec tous les habitants ayant pour thème "S'épanouir à Cevignex" , et c'est à ce moment là, dans l'organisation de cet atelier, que Sophie s'aperçut ce que son Diplôme Universitaire lui avait apporté et de l'importance de ce qu'ils étaient en train de faire.


     Pendant que Sophie terminait de ranger la roulotte, José déplia leurs 2 chaises de camping.
_Ben qu'est-ce que tu fais, on doit y aller, non ? On a 3 heures de route pour atteindre notre prochaine étape.
_Oui je sais, mais viens, prends un moment Sophie, pour écouter une dernière fois.

Ils s'assirent en silence pour prendre conscience des sons du village, de la vie de Cervignex. Ici, des boules de pétanque qui s'entrechoquent. Là, des cris d'enfants qui jouent au loup entre les platanes. Les rires des mamans qui discutent. Des passants qui se saluent à 50 m les uns des autres. Et Sophie s'aperçut que, finalement, le bruit de la vie couvrait presque celui des voitures.

Histoire inspirée par les ateliers Entre Facilitons nous pendant le confinement : https://pad.chapril.org/p/9gsb-entre-facilitons-nous?lang=fr
Largement inspiré du travail de Pôles en pomme 

dimanche 10 mai 2020

Comment, à coup sûr, la 5G va pouvoir guérir tout le monde du coronavirus et de tous les virus suivants.

Pendant un temps, 2007 à 2009 à peu près, j'ai beaucoup trainé dans les théories du complot. Sur le 11 septembre, la manipulation, etc.... J'ai regardé des documentaires comme Century of the Self, lu des sites comme www.changingminds.org (qui n'est pas un site de conspirateur, juste une boite à outils de persuasion) ou www.sott.net . Jusqu'à ce qu'un collègue me pose la question : Ca va te servir à quoi de savoir si le 11 Septembre était un complot ?

Donc je me la suis posée aussi et la réponse était absolument rien. Plutôt que de chercher à savoir ce que d'éventuelles personnes que je ne connais pas faisaient dans leur coin pour manipuler à distance des gens à Gex, j'ai cherché à comprendre quel impact cela avait réellement sur moi.

La réponse est : Aucun.

Au niveau personnel, je suis depuis devenu très exigent sur la qualité de l'information que j'intègre à ma vision du monde. Quelle que soit la source, un expert, un abruti complet, un gourou, un utilisateur de Facebook, cette information restera dans la case "A vérifier" tant que je n'aurais pas pu la valider par mon expérience personnelle.

Parfois, certaines informations fausses passent à travers ce test et certaines informations vraies ne passent pas, parce que mon propre esprit, mes perceptions jouent contre moi (voir changingminds plus haut) et toutes mes fausses croyances se mettent entre moi et la réalité.

Mais ce n'est pas grave, parce que je m'accorde le droit de me tromper. De faire erreur.

Par contre, j'ai mis en place tout un tas de mécanismes pour m'assurer que ma vision du monde soit bousculée, écrasée, défiée, remise en question très très régulièrement.
Je vais discuter avec des gens qui ne sont pas d'accord avec moi, je vais essayer de comprendre et questionner leur réflexion, je vais aller volontairement chercher des informations qui me donnent tort pour faire tomber ces structures mentales en moi qui, finalement, m'enferment.

Le plus important pour moi est de découvrir le plus rapidement possible que j'ai tort. Parce que je n'ai pas de temps à perdre avec une vision du monde qui m'enferme et m'empêche de voir la réalité telle qu'elle est.

Plus ma vision du monde sera large, tolérera des idées différentes, des concepts, points de vue différents, plus je serais libre.

Parce que ma liberté ne dépend pas de dirigeants, de lois, de trucs externes. Elle dépend des limites que je me pose. Les lois sont un problème uniquement quand je me crois obligé de les respecter.

Si vous voyez un enfant se noyer dans un canal, de l'autre côté d'une pelouse avec un panneau "interdiction de marcher sur la pelouse", vous allez juste le regarder mourir ?

Parce que mon pouvoir ne dépend pas des autres, de ma force ou de mes capacités à faire des pompes. Il dépend de ma capacité à agir en accord avec la réalité. Plus je suis éloigné de la réalité, moins mes actions auront d'effets.

Si je pense que se frotter les coudes avec de l'ail trois jours guérit du coronavirus, que je partage ce message sur tous mes réseaux sans avoir vérifié moi-même, qu'une autre personne me croit, contamine tout un EHPAD et tue 25 personnes, est-ce que la faute revient à l'initiateur de cette idée ? A moi qui l'ai transmise ? A la personne qui a décidé d'agir sur cette idée ?

Parce que c'est généralement là le problème : le passage à l'acte. Vous pouvez me raconter ce que vous voulez, vous pouvez défendre tous les opinions que vous voulez, vous pouvez partager toutes les conneries que vous voulez, c'est quand vous me marcherez sur les pieds que vous prendrez une tarte. Pas avant.
Je n'en ai absolument rien à foutre que vous fassiez mourir les personnes à votre charge ou vous mêmes parce que vous avez des idées qu'on ne vous a pas appris à trier. Je considère que c'est notre système éducatif défaillant qui est à la source de ce problème.

Par contre, si vous essayez de forcer une idée dans ma tête, ou si je parviens à identifier que vous avez des intentions mauvaises lors de la transmission de ces idées qui tuent, ça risque de piquer un peu :-).

Sachez juste, que les actions des conspirationnistes pour l'instant, ne remettent absolument pas en cause ma vision du monde.
Dans ma vision du monde, les conspirationnistes, les gens qui partagent des informations non vérifiées, sont les esclaves de leurs émotions, ne font que partager des idées sans les tester avant, ne font que renforcer la notion des dirigeants que le peuple est incapable de se gérer, ne fait que les conforter dans leur idée que s'il n'y a pas un bataillon de CRS pour guider le troupeau, le peuple est incapable de faire quoi que ce soit.

Sachez aussi, que dans ma vision du monde, basée sur mon expérience personnelle, ces idées conspirationnistes ne sont qu'une phase, que vous pouvez encore grandir, que vous êtes en chemin vers votre liberté d'esprit et pas loin de récupérer votre pouvoir.

samedi 21 mars 2020

Après....

 (Ecrit en écoutant Saycet

J'ai failli oublier à quel point mon imagination était à mon service...)

Après...


Le gouvernement vient d'annoncer la fin du confinement. Pour toi, qui n'a pas vécu cette expérience, je voudrais te la partager.

Le premier jour, nous sommes tous descendus dans la rue pour fêter ça, célébrer ce moment, au début tous très timides, sans trop savoir quoi se dire...Plusieurs personnes ont fondu en larmes, et d'autres les ont pris dans leurs bras.


Image trouvée ici

Parce qu'on peut maintenant.

Puis on a ri.

Notre rapport aux émotions a changé. Pendant le confinement, une vidéo sur la manière de vivre ses émotions s'est répandue comme une trainée de poudre. Des milliers de gens se sont essayé au yoga, à la méditation....des groupes de parole en ligne se sont créés et chacun a appris à se confier, à partager ses peurs, ses envies...Chacun a appris à se connaitre....Nous étions tous face à nous-mêmes, et même si ce que nous avons vu au début a été difficile, nous avons fini par nous accepter.
Des milliers de personnes se sont formées à l'écoute active, et ont commencé à appeler des gens au hasard dans le bottin pour leur offrir un quart d'heure d'écoute.
Notre colère, notre frustration, notre tristesse, notre peur ne nous font plus peur.

Maintenant que c'est terminé, beaucoup de choses sont en train de changer.

Tous les fablabs ont lancé un mouvement global pour mettre en open source des plans de machines de première nécessité comme des respirateurs, des brancards, des centrifugeuses pour fabriquer de la chloroquine. La pression est forte de la part de toute la population pour ouvrir tous les brevets sur les équipements qui pourraient sauver des vies.

Des lettres d'excuses et de remerciements fusent de partout pour le personnel soignant. Les gens demandant pardon de ne pas les avoir soutenus avant la crise, alors qu'ils demandaient à l'aide dans les rues. A partir de maintenant, tout membre du corps médical mange gratuitement dans les restaurants, se voit offrir des chambres d'hôtel où qu'ils le souhaitent. Et c'est en train de s'étendre à toutes les personnes qui ont mis leur vie en danger pour prendre soin des autres : livreurs, policiers.

On a compris à quel point il était important de prendre soin les uns des autres. Chacun a pu faire face à ses choix, et définir un plan de vie différent. Beaucoup de divorces, beaucoup de mariages. Finalement le taux de mortalité n'a pas augmenté, les accidents évités et la baisse des décès liés à la pollution a contrebalancé l'effet du virus.

Dans les hôtels réquisitionnés pour les SDF et les réfugiés, le personnel a refusé de les remettre à la rue. Ils se connaissent maintenant. On ne peut pas mettre un ami à la rue. Si le gouvernement peut débloquer 90 milliards pour effacer la dette, il peut débloquer quelques millions pour prendre soin des gens.

Des kiosques apparaissent un peu partout, des kiosques d'écoute, gratuits, tenus par des bénévoles. Parce qu'on a compris à quel point il était important de ne pas confiner ses émotions avec soi.

Le peuple a décidé de commencer à ignorer le gouvernement. Toute décision qui fait primer l'économie sur le vivant est tout simplement ignorée. Les occupations de rond point ont repris de plus belle. Et sont devenus symboles de cercles de partage.

La production d'art a explosé. Tous les artistes ont profité de ce temps pour exprimer leur talent.

Nous savons que ce n'est pas fini, nous sommes conscients que d'autres défis nous attendent mais cette épreuve nous a permis de nous reconnecter à l'essentiel. Nous avons maintenant une base solide pour construire un monde meilleur. Nous avons repris notre pouvoir et on compte bien le mettre au service du vivant. Pas de l'économie.

jeudi 3 octobre 2019

Dernier espoir ?



Elle avait trouvé l'équilibre parfait. La danse idéale qui permettait à toutes ces petites bêtes de s'épanouir.

Les animaux inspiraient de l'oxygène et rejettaient du CO2, et les plantes inspiraient du CO2 et rejetaient de l'oxygène. La vie se nourrissant de la vie. La nature était heureuse.

Elle sentait toute cette vie grouiller sur sa surface, la chatouillant, la grattouillant, la caressant, inspirant grâce aux arbres et aux océans, expirant grâce aux animaux.

Un cycle magique, un écosystème harmonieux qui durait depuis des milliers d'années.

Un beau jour, certains animaux décidèrent qu'ils ne voulaient plus appartenir à ce système, qu'ils voulaient le contrôler, se l'approprier. L'exploiter.

Peu à peu, il le transformèrent pour le mettre à leur service, inventèrent le béton, le bitume pour se séparer le plus possible de la nature. Dormir dans la forêt ne suffisait plus.

Ils découvrirent l'énergie et l'utilisèrent pour fabriquer de la lumière. Celle du soleil ne suffisait plus.

Ils dépensèrent de l'énergie pour se déplacer plus vite. Leurs propres corps ne suffisaient plus.

Et peu à peu, ils créèrent un déséquilibre, et s'étant tant déconnectés de la nature, ils n'entendirent pas ses avertissements.

Ils se multiplièrent, exploitant tout à leur avantage, coupant les arbres pour construire plus de maisons, pour fabriquer de la chaleur, coupant les plantes et tuant les animaux pour se nourrir, sans se rendre compte de leur impact.

L'équilibre était rompu. Il n'y avait plus assez de plantes pour inspirer le CO2 produit par ces animaux trop nombreux, le bitume et le béton empêchaient la nature de respirer, asphyxiant le système tout entier.

Dans leur course folle pour plus de vitesse, de chaleur, de lumière et de béton, ces animaux déconnectés allaient tuer leur monde entier.

La nature tentait pourtant de les rappeler à elle, de les reconnecter en envoyant tous les avertissements possibles, appelant à l'aide. Mais ils n'entendaient pas, ne voulaient pas entendre, trop loin d'elle.

Sauf pour certains d'entre eux.

Leurs enfants.

Car ces animaux déconnectés naissent connectés, cela prend beaucoup de temps, d'effort et de souffrance pour se détacher de la nature. Et c'est très difficile de faire marche arrière, ou de se dire qu'on a souffert pour rien.

Leurs enfants, eux, n'ont pas encore vécu cette souffrance, mais ils entendent les appels à l'aide de la nature, si forts, si puissants, si évidents qu'ils ne comprennent pas pourquoi leurs parents les ignorent.

Mais la nature, elle, le sait. Que la seule chose qui la relie encore aux animaux déconnectés, c'est leurs enfants.

La seule question qu'elle se pose est : Que vont décider les enfants ? Suivre leurs parents et se déconnecter ou les aider à se reconnecter à elle ?


(petit texte écrit pour Citoyens pour le Climat)

samedi 7 septembre 2019

Les crieurs de la Transition

 

 Angers, lundi 18 Septembre, 7:30


Julie, dégustant son bol de café, s'installe sur son ordinateur et se connecte à son réseau social préféré.
C'est la cueillette du lundi : Aller chercher les dernières nouvelles sur #CrieursTransition et choisir les plus belles pépites.

Elle en sélectionne 5 qui lui tiennent particulièrement à coeur, 5 brèves pour inspirer.

Une fois, son café terminé, elle s'énergise avec quelques postures de yoga et médite une dizaine de minutes pour laisser germer les messages dans son esprit.

Gare d'Angers 8:30

Julie dépose son écriteau, qui reprend les liens vers ce qu'elle va partager et sors de son sac un petit gong chinois acheté au marché aux puces.

Elle s'éclaircit la gorge et commence :

"Oyé, oyé, mesdames et messieurs, voici, pour votre plus grand plaisir, les dernières nouvelles de la grande Transition !"

Boooong !

Plusieurs fumeurs, qui en grillent une dernière avant de prendre leur train, la regarde, intrigués.

"Pour commencer, une petite définition ! Savez-vous, mesdames et messieurs, ce qu'est la permaculture ?
Du 22 au 25 Aout ont eu lieu les rencontres annuelles de la Permaculture !
La permaculture est une véritable éthique ou philosophie basée sur la prise en compte de la nature, de l'Être humain et du partage équitable au sein de la société.
Le "design" joue un rôle important car si chaque élément est à la bonne place, on limite les gaspillages et les pertes d'énergie. Ainsi, en étant économe sur de nombreux aspects, la permaculture crée un écosystème productif en nourriture.
"
Booong !

"Les élections municipales arrivent dans 6 mois les amis ! Pour bien réussir une grande transition citoyenne, Utopia et Commonspolis lancent le Mooc 'la commune est à nous !' pour que les habitants puissent reconquérir leur commune et la gérer différemment ! Mesdames et messieurs, il est temps d'apprendre à reprendre le pouvoir pour le partager ! "

Les passants circulent, s'arrêtent quelques secondes pour écouter une nouvelle, prennent une photo de la liste des liens et reprennent leur route.
Les graines sont semées dans les esprits, et chaque semaine, Julie va les arroser de bonnes nouvelles.

Parfois, une personne reste jusqu'à la fin pour lui demander plus de détails, ou comment elle pourrait, elle aussi, devenir crieuse de la transition.

Paris, Palais Omnisport de Paris-Bercy, 21:00


La foule s'est amassée devant la scène et attend l'arrivée de H. Plus de 18000 fans sont réunis pour voir jouer la star du rock.

Eric, ce soir joue le rôle d'ouvreur, et ayant obtenu l'accord de H, va tenter une nouvelle expérience de crieur.

Il a réuni 3 pépites sur #CrieursTransition , qu'il compte partager avec le public.

Une inspiration et il court vers le milieu de la scène pour attraper le micro principal :

"Bonjour Bercy ! Est-ce que vous êtes prêts à accueillir H ?"

La foule s'anime et tout le stade retentit d'un OUIIII tonitruant.

"Il est là, prêt à commencer ! Mais avant, il m'a mandaté pour partager avec vous quelques bonnes nouvelles, ça vous dit ?"

OUUIIII !

"Oyé, oyé, mesdames et messieurs, , voici, pour votre plus grand plaisir, les dernières nouvelles de la grande Transition !"...


Cluses, 3 Octobre, sortie du lycée professionnel Paul Bléchet


Yvette, crieuse de la Transition, aime danser ses nouvelles. Pour chaque pépite qu'elle a sélectionné, elle a ajusté un peu son texte pour que le rythme colle à la musique sur lequel elle va danser.

Les élèves et professeurs du Lycée la connaissent bien maintenant et viennent l'écouter chaque semaine, la filme pour partager sa performance sur les réseaux sociaux, tout en rythmant sa danse par leurs applaudissements.

#CrieursTransition


Partout en France, en chantant, en dansant, en criant, sur les places publiques, dans les gares, les rames de métro, les concerts, chaque jour, des dizaines de crieurs de la Transition partagent avec leurs concitoyens les pépites qu'ils ont pu réunir, ce qui leur tient à coeur de faire connaitre, pour réunir, rassembler autour de nouvelles inspirantes et rendre visibles les alternatives.



"Oyé, oyé, mesdames et messieurs, voici, pour votre plus grand plaisir, les dernières nouvelles de la grande Transition !"...


L'idée de ce texte est née au festival Terre-De-Convergence en discutant avec Andrea Caro, Selma Fortin, Anaelle Guellec et Didier Fradin de l'archipel Osons les Jours Heureux :-) . Merci à vous !

Bouts de phrase sur la permaculture tirés de https://jardinage.lemonde.fr/dossier-630-permaculture-jardin-potager.html

Mooc la Commune est à nous : https://la-commune-est-a-nous.commonspolis.org/

lundi 26 août 2019

Changer le monde ? Quel manque d'ambition !



Ou comment utiliser consciemment notre pouvoir.


Une leçon par un gros con arrogant qui croit tout savoir.

Le monde change déjà, à chaque instant. Dire qu'on essaie de changer le monde revient à dire qu'on essaie d'appliquer l'attraction terrestre.
Des dynamiques sont lancées, des choses poussent, des choses meurent, tout est déjà en mouvement. Tout change déjà.

Bon ok, alors on va construire un nouveau monde.

Un nouveau monde ? Mais pourquoi faire ? Et pour le mettre où ? On aura jamais la place, on a pas fini de cramer celui ci.

On a déjà changé le monde. Plein de fois. Et on le fait sans arrêt, mais pas forcément consciemment. On ne mesure pas forcément la puissance de nos petites actions quotidiennes, les impacts et conséquences de nos actes, ou de nos inactions.

Le monde change de lui-même. Il avance dans une certaine direction, notre pouvoir réside non pas dans notre capacité à changer le monde, mais à influencer la direction dans laquelle il évolue.

C'est très important d'introduire cette notion de mouvement.

Parce que maintenant, on va pouvoir danser.

L'inaction


Le fait de ne rien faire est un pouvoir, c'est une manière de commenter le présent. J'accepte cette situation, je suis en accord avec elle et donc je la laisse se dérouler.
C'est la voie de moindre résistance, la plus facile, la moins énergivore mais pas forcément la moins douloureuse ou la plus agréable.
C'est une manifestation du pouvoir très utile pour manipuler les masses, cela donne beaucoup de force à ceux qui ont décidé de prendre le contrôle sur la situation.
Ne rien faire laisse la voie libre à ceux qui font. Ne rien faire valide que ceux qui font ont raison.

Des passagers du métro qui regardent quelqu'un se faire agresser passivement utilisent leur pouvoir d'inaction pour dire à l'agresseur qu'ils soutiennent ce qu'il fait.

Bloquer/résister


Ce pouvoir se manifeste de plusieurs manières. Il s'agit ici d'aller contre le courant, de rendre difficile, de dépenser de l'énergie pour que l'action engagée soit moins facilement réalisable.
Par exemple, si un enfant se fait racketter à l'école, s'il donne un coup de pied à son agresseur, même si ça n'empêche pas qu'il se fasse racketter, il aura augmenté la douleur liée à cette action particulière.
Il est également possible de résister ou de bloquer uniquement avec son corps.
Souvent, on n'empêche pas l'action de se réaliser, mais on la rend plus difficile, moins rentable, plus chronophage, plus énergivore, on définit une autre route pour la voie de moindre résistance.

Par exemple, les personnes qui se moquent de Greta Thunberg, soutiennent qu'elle est manipulée, mettent en lumière ses contradictions etc... rendent le chemin plus difficile pour tous les adolescents qui voudraient se lancer sur cette voie.

Et parfois, une simple action de résistance ou de bloquage suffit à faire basculer une situation pour transformer une voie de moindre résistance en mur infranchissable.




Accompagner/faciliter


Il s'agit ici d'associer notre énergie à un mouvement déjà lancé, déjà en place, soit pour enlever les obstacles et libérer la voie, soit pour donner encore plus de puissance à ce mouvement.

il peut s'agir d'une signature sur une pétition, d'un encouragement, de quelques heures de travail, d'un financement ou d'un mouvement physique réel



Pourquoi je divagues là dessus ?


Nous avons tout ces pouvoirs et nous les exerçons chaque jour de manière consciente ou non.
J'aimerais vous inviter à vous interroger à la manière dont vous les utilisez. A chaque instant, vous utilisez votre pouvoir pour influencer la direction dans laquelle notre monde se dirige. Est-ce que cette direction correspond à votre intention ?
Dans quelles proportions les utilisez-vous pour emmener le monde dans une direction qui vous convient ?
A chaque moment, a chaque instant, chaque choix, chaque non-choix ?

Notre vie est faite d'une somme d'arbitrages, nous avons tous un réel pouvoir sur le monde et nous l'utilisons, qu'on le veuille ou non. Si vous décidez de fuir tout ça en vous suicidant, vous exercez votre pouvoir sur votre entourage.

C'est important pour moi parce que nous sommes dans une période où beaucoup de gens passent de l'inaction aux autres formes d'expression de leur pouvoir.

Certaines personnes se disent : bon, là la situation est vraiment trop négative, je vais devoir m'y mettre sinon on ne va pas y arriver.

Et une erreur fréquente est de se dire que si on en est là, c'est que tout ce qui a été fait jusqu'à présent ne fonctionne pas.
Ce n'est pas vrai. La direction du monde a été influencée de nombreuses fois, elle l'est encore, mais les forces opposées sont devenues plus puissantes.

Au niveau individuel, la résistance et le blocage peuvent avoir beaucoup d'effets, mais, à mon avis, au niveau collectif, la véritable puissance réside dans le fait de rejoindre les courants existants, d'énergiser, de pousser ce qui existe déjà.

Si vous voyez une dizaine de gens qui tentent de casser un mur, vous pouvez vous dire qu'ils n'ont pas réussi donc il faut faire différemment ou attaquer à un autre endroit, ou vous pouvez apporter votre force pour casser le mur plus rapidement.

Je ne dis pas qu'une action ou l'autre est fausse, mais qu'il faut bien réfléchir avant.

Parce que si vous attaquez un autre pan de mur, peut-être que certaines personnes de l'autre groupe vont vous rejoindre, et que tout ce que vous aurez accompli sera de rendre la tâche plus difficile pour les premiers, ou que le fait même d'attaquer un autre pan du mur va être ressenti comme une invalidation du travail déjà fourni.

Et pourquoi une danse ?

Ben parce que dans le mouvement continu de la vie, il ne tient qu'à vous de pousser, de bouger, de booster, de faire des pauses, de vous asseoir pour bloquer ou de laisser passer ce qui doit passer, à chaque petite action, chaque choix, chaque habitude.

Il s'agit d'utiliser notre pouvoir en conscience pour nous assurer que le monde prend la bonne direction.

Bon je vous laisse, je vais chier dans de l'eau potable.

jeudi 22 août 2019

La petite histoire


Je vous préviens, c'est long

Histoire prévue à la base pour en faire une série audio. La maquette est sur myspace ( mais elle est un peu pourrie ) :

http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=150563889



Il était une fois, hier en fait, dans un pays lointain, encore inconnu de la plupart des cartographes et autres explorateurs, deux gars. Je sais pas si vous les voyez, les deux là-bas, on va se rapprocher un peu :

_ Alors qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?
_ Aujourd'hui, mon fidèle écuyer, nous allons arracher une princesse en détresse des mains des vils bourreaux qui la détiennent à l'autre bout du pays.
_ Mais on en vient ! On en a sauvé une juste la semaine dernière !
_ Oui mais ce n'est pas la même chose, celle-ci est vraiment en détresse.
_ Ben l'autre aussi, qu'est-ce qui n'allait pas avec l'autre ? Comment vous voulez vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants si vous changez de princesse tout le temps ?
_ Esmeralda n'était pas si intéressante que ça, sans ce dragon qui la tourmentait, elle n'avait plus aucune personnalité. Une fois passée la surprise du donjon et de l'armée de trolls, il ne restait aucun intérêt pour moi dans cette relation.
_ oh viindieu. Bon, et qu'est ce qu'elle a comme problème celle-là ?
_ La belle Dame Stelle, dont la beauté inspire nombre de chansons dans les tavernes de la région, est retenue en otage par des parents sadiques ayant pour seule ambition de s'enrichir sur le dos de pauvres paysans.
_ Ouais et il est où le donjon ?
_ Vers le soleil couchant, à environ cinq jours d'ici, sept avec ton panda.
_ Oh nan ! Ca veut dire qu'il faut qu'on se tape les marais et toute la plaine enchantée. On devrait prendre un guide si on veut pas se retrouver paumés dans les montagnes comme la dernière fois.
_ Malheureusement il n'en reste aucun de disponible dans le coin.
_ Et Michelin ?
_ Malade apparemment, il est cloué au lit depuis une semaine. Mais l'aubergiste m'a parlé d'une fée très puissante qui pourra nous aider à traverser le marais sans encombres.
_ On part quand alors ?
_ As-tu déjeuné mon bon ED ?
_ ouais une soupe à l'oignon vite fait ce matin.
_ Alors en route pour de nouvelles aventures.
(En s'éloignant) _ Je vous préviens, elle a intérêt à valoir le détour parce que je veux pas me taper le cul en panda pendant une semaine pour rien.








SUR LA ROUTE :

_ Dites, Sire Habbott, je me demandais, vu que vous en êtes à votre dixième princesse et tout ça, vous n'avez jamais pensé à essayer de, peut-être, je sais pas moi, trouver plutôt un prince charmant ?
_ Je trouve cette remarque particulièrement insultante, ED, m'aurais tu pris par hasard pour le chevalier rose ?
_ Moi, ce que j'en dis, si ça avait pu nous éviter de courir le pays.
_ Saches que je cherche seulement la bonne personne et il se trouve que ce sont les princesses à problèmes qui développent les personnalités les plus intéressantes. Je ne compte pas passer ma vie à….
_ Chut, vous avez entendu ça ? Dans les fourrés ?
Bruit de fourrés
_ C'est juste une bête sauvage.
Bruit de fourrés puis :
_ au secours, aidez moi je suis prisonnier d'une radio !!!
_ Calmez vous, mon brave, quel est votre problème ?
_ Je suis coincé dans une radio, je suis … ( bruit d'impact contre un arbre et chute dans l'herbe )
_ C'est quoi, une radio ?
_ C'est comme la télévision mais sans l'image.
_ Je ne comprends pas un traître mot de ce qu'il raconte, cet homme est fou. Allons nous en.
_ Attendez messire, je crois savoir quel est son problème, il a du perdre la vue, il est aveugle.
_ Tu as peut-être raison, êtes vous aveugle mon brave ?
_ Mais non vous ne comprenez rien, si je l'étais, j'aurais une canne blanche.
_ ( en chuchotant à Habbott ) Pourquoi une canne blanche, s'il est aveugle qu'est-ce que ça peut lui faire qu'elle soit blanche ?
_ Partons, nous ne pouvons rien pour lui.
_ Vous ne trouvez pas qu'il se passe de plus en plus de choses bizarres ? On raconte qu'il tombe de plus en plus de dons du ciel.
_ Sornettes, tu devrais cesser de prêter attention à toutes ces rumeurs. Regarde donc plutôt s'il nous reste assez de vivres pour tenir la semaine.
_ Hé bien, nous avons une deux trois quatre gourdes d'eau. Des fruits, une deux pommes, une deux trois quatre cinq oranges, quoique les oranges peuvent servir à faire du jus, du coup je peux les mettre dans les boissons, ça doit faire environ une gourde. Donc une deux trois quatre gourdes d'eau plus une gourde de jus d'orange, ca nous fait quatre gourdes d'eau et une de jus d'orange. Ensuite il y a les biscuits, un deux trois quatre cinq six sept huit neuf dix, ça fait dix biscuits et… ah non attendez, il y en avait encore un caché au fond du sac, ça fait un deux trois quatre cinq six sept huit neuf dix onze biscuits. Pet-être qu'on peut les compter en même temps que le pain, ça ferait un deux trois ( claque ) aieuh, arrêtez ça m'embrouille.
_Désolé, pas pu m'en empêcher. Je persiste à penser que quelqu'un a dû te jeter un mauvais sort. Ce n'est pas normal cette habitude de compter sans arrêt.
( en s'éloignant )
_ Oui je ne sais pas ce qui m'a pris je voulais juste savoir combien il restait de gâteaux, mais maintenant ça va il nous en reste 1…2…3…4 (claque) aïeuh

_ Voilà, nous ne sommes plus très loin du marais, d'après les indications de Michelin, la maison de la fée devrait être par là.
_ Ah ouais, chaumière droit devant.
_ Une chaumière ? Je m'attendais plutôt à une tour d'ivoire ou quelque chose dans le genre. Bah, ce doit être un enchantement pour ne pas attirer l'attention.
Surveille nos montures, je vais aller voir.
(Il frappe à la porte )
( Porte qui s'ouvre )
_ Ah vous voilà, je vous attendais.
_ Bonjour, je suis le sire Habbott, on m'a dit que…
_ oui, je sais, je sais.
_ Ca alors, on m'avait dit que vous étiez douée mais là.
_ Enchantée, je suis la Fée Misme, que puis-je faire pour vous ?
_ Je croyais que vous le saviez !
_ Oui, oui je le sais mais j'aimerais vous l'entendre dire.
_ Euh, pouvez- vous nous aider à traverser le marais, nous devons nous rendre de l'autre côté de la plaine enchantée…
_ Et le marais est le chemin le plus court.
_ c'est incroyable, j'allais le dire ! Vous lisez aussi dans les pensées ?
_ Non, mais vous, vous commencez à me faire peur. Qui est donc ce jeune homme avec ce drôle de cheval ?
_ Je pensais que vous le saviez, c'est ED, mon écuyer. ( En hurlant ) ED, viens dire bonjour à la fée.
( de loin ) _ J'arrive messire !
( Bruits de pas qui se rapprochent )
_ Bonjour, Ed, ecuyer mais je travaille seul.
_ Misme, fée, enchantée.
(il rigole ) _ ah ah enchantée, elle est bonne.
_ Vous me semblez moins con que votre maître, lui, il a rien compris. Dites-moi, il a eu quoi votre cheval ?
_ Mon cheval ? Je n'ai pas de…Ah oui ! Ce n'est pas un cheval, c'est Fiat, mon panda.
_ Mme Misme, est-ce…
_ Mademoiselle, mais appelez moi Fée.
_ Fée Misme, pourriez…
_ C'est vrai que vous avez des pouvoirs très puissants ?
_ Oui, ED, c'est vrai.
_ Vous pouvez nous montrer ?
_ Si tu veux, laisse moi aller chercher ma baguette.
_ ouais cool.
(elle rentre )
_ ED, j'aimerais bien que tu ne m'interromps pas, ça diminue mon autorité.
_ Pardon messire mais c'est la première fois que je voie une fée.
(La fée revient )
_ Voilà, cette baguette est surpuissante, elle m'a été envoyée par le ciel le jour de mes dix huit ans. Habbott, tenez moi cette bougie.
_ Une bougie mais…
_ Chut maintenant. J'ai besoin de concentration. ( elle marmonne dans sa barbe )
Par le pouvoir des éléments et de tous les autres trucs qui nous entourent, par la force de cette baguette, tout ça, tout ça. Bougie allume-toi ! ( bruit d'allume gaz ) clic… clic, clic, clic.
_ ouais boh, ça marche pas tellement.
_ Tais –toi donc ED, tu ne vois pas qu'elle est concentrée ?
_ PAR LE POUVOIR DES ELEMENTS, BOUGIE ALLUME-TOI . clic
_ Ouah trop fort
_ c'est fascinant
_ Elle est douée
_ Je te l'avais dit, ED.
_ Ah ouais !
_ Je suis aussi très calée en herboristerie.
_ Vous pouvez nous aider alors ?
_ Bien sûr, laissez moi prendre mon manteau et on y va.
( en s'éloignant )
_ Et qu'est-ce que je fais de la bougie ?


Pendant ce temps dans le château du roi Concis.

(Bruit de pas courant, en tongs )

_ Votre altesse, votre altesse !
_ Que veux tu valet ? Pourquoi toute cette agitation ?
_ C'est que, mon roi bien-aimé, ma femme s'est faite engloutir par le blob.
_ Encore ? Mais c'est la combientième ?
_ La deuxième cette année, votre altesse.
_ Il va falloir que tu trouves autre chose pour le nourrir, sinon plus aucune femme ne voudra de toi.
_ Mais je ne le fais pas exprès, monseigneur, c'est juste que ce n'est pas facile de vivre dans la même pièce.
_ Nous avons déjà eu cette conversation, tu sais qu'il ne me reste plus de place dans le château pour te loger autre part.
_ Ne pourrions-nous pas juste nous en débarrasser ?
_ Et comment ferait-on pour défendre le royaume ? Le blob est notre arme de dissuasion la plus efficace, nous sommes les seuls à en posséder un.
_ Pourquoi ne pas utiliser plutôt notre armée au lieu de les obliger à fabriquer ces trucs dans les caves.
_ D'abord, Tobal, ce ne sont pas des trucs mais des tongs, envoyées par le ciel pour me permettre d'accomplir ma mission divine.
_ Mais, sir Concis….
_ Bon, écoute-moi maintenant, je vais te dire pourquoi c'est si important pour moi. Il y a bientôt deux ans alors que je me promenais en forêt, accompagné de ma défunte mère, débattant des différentes techniques de torture utilisée par notre bourreau (elle défendait l'écartèlement avec tant d'ardeur que je me surprenais parfois à en oublier les mérites de la mutilation, avec du sel, tu sais ?). Enfin bref, nous longions la rivière qui alimente les douves lorsqu'un sifflement assourdissant nous vrilla les tympans, de plus en plus fort. Les mains sur les oreilles, je me retournai vers la reine, juste à temps pour la voir s'écrouler, morte, sur le tapis de feuilles fraîchement tombées (l'automne avait été vraiment très précoce, cette année là). Ma pauvre mère, étendue ainsi sur le sol, paix à son âme. Je restais ainsi, agenouillé, impuissant à côté de son cadavre avant que mes pauvres petits yeux rougis par les larmes…
_ Monseigneur, vous en faites pas un peu trop là ?
_Tais-toi valet, tu me gâches tout mon effet ! Mes pauvres petits yeux, donc, se posèrent sur cet objet à l'origine de sa mort. Il ne me fallut point longtemps pour reconnaître un don du ciel. Te rends-tu compte à quel point le destin est ironique ? Assommée par un don du ciel ? Sur cet objet était inscrit un mot en caractères bizarres ainsi qu'un chiffre suivi d'un symbole, tongs 1.99. Je possède encore cet étrange parchemin dans l'espoir de pouvoir le déchiffrer un jour.
Pour en venir à l'essentiel, je sus aussitôt que ce don du ciel m'était destiné, que ce soulier venu de nulle part m'amènerait la puissance et la gloire, pour peu que je parvienne à déchiffrer ses secrets. Il me faut donc en fabriquer le plus possible afin d'être prêt le moment venu. Ce sont des armes, je le sens.
_ Mais, mon roi, ces souliers font atrocement mal au pied gauche, je pense que ce don était uniquement fait pour les pieds droits.
_ Tais-toi, que connaît tu du destin qui m'est réservé?
_ Ben, pas grand-chose, ce que je sais, c'est que les soldats apprécient de moins en moins d'être enfermés dans les caves pour fabriquer des tongs.
_ Ecoute, c'est moi qui prend les décisions ici, et toi, tu obéis. Va-t-en, maintenant, n'as-tu pas un blob à nourrir ?
_ Non, là je crois qu'avec ma femme, il en a pour un moment.


( On frappe à une porte )
_ Allons chérie, sors de là ! Tu ne peux pas rester enfermée dans ta chambre indéfiniment.
_ Non, je ne veux pas, allez vous en, mère, je ne veux parler à personne.
_ Voyons, ton père et moi nous faisons beaucoup de souci pour toi, et puis, on n'arrivera jamais à te trouver un mari si tu restes cloîtrée.
_ Personne ne voudra de moi de toute façon, je suis trop laide.
_ Mais non, un peu de maquillage et il n'y paraîtra plus. Je connais un mage qui a inventé une sorte de plâtre pour cacher les grains de beauté. Il peut peut-être faire quelque chose pour toi.
_ Ce n'est pas du maquillage qu'il me faut mais des cheveux et des sourcils.
_ Bah oui, mais si tu passais pas ton temps à te les arracher aussi, t'es marrante toi, et puis personne ne veut se marier avec la porte de ta chambre non plus.
_ Je peux pas m'en empêcher, dès qu'un poil pousse, il faut que je l'arrache.
_ Tu peux au moins te promener dans le château, ton père et moi sommes au courant, tu ne risques rien.
_ L'autre jour, papa m'a dit que je ressemblais au jardinier Raoul Brynner ( part en sanglots sur les derniers mots )
_ Bon d'accord, ton père et la délicatesse, ça fait deux mais les gens commencent à jaser, tu ne peux rester plus longtemps ici, la plupart des princesses sont déjà mariées à ton âge. Le prince charmant ne va pas te tomber dessus comme ça.
_ S'il vient jusqu'ici, je saurais que c'est l'homme de ma vie.
_ Ah ça ! Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne pourra pas s'accrocher à ta chevelure pour passer par la fenêtre.
(on l'entend pleurer de plus belle )
_ Va-t-en, tu comprends rien !!!


Dans les marais : (Bruits mouillés quand ils marchent )

_ Tenez, c'est à gauche après le gros arbre là. C'est pratique, ces pandas. C'est plutôt confortable et il y de la place pour deux.
_ Ouais mais le problème, c'est que ça va pas très vite et ça consomme pas mal de bambous.
_ Fée Misme ! Quelle est cette odeur nauséabonde ?
_ Ah ça, c'est une plante qui pullule dans le coin, vous voyez les touffes qui poussent un peu partout, c'est ça qui sent.
_ Ah bon, et vous l'appelez comment ?
_ Ce sont des poils de marais. Très utile contre les hydres.
_ Les hydres ?
_ Oui, comme des gros serpents de huit mètres de long, très dangereux.
_ Comme celui-là, là ?
_ Quoi ?? Aaah, attention.
(Habbott dégaine son épée )
_ Votre épée ne sera d'aucune utilité. ED, allez me chercher une dizaine de poils de marais.
_ Prenez garde, il attaque. ( bruit de serpent )
_ Vite ED !!
_ Ouais bah c'est bon, une dizaine vous avez dit ? un deux trois quatre cinq….Un deux trois quatre cinq. Voilà deux paquets de cinq, ça fait dix. Un deux trois quatre….
_ Misme, que dois je faire ? Je ne vais pas tenir longtemps.
_ ED devrait revenir, je lui ai demandé une dizaine de poils.
_ Une dizaine ? Oh non !!
_ Quoi ? c'est pas sorcier, il sait compter quand même ?
_ Justement ! ( Bruits de pas qui courent dans l'eau, bruit de claque )
_ Aïeuh, oh vindieu
_ Donne moi ça !
_ Et maintenant Fée Misme que dois-je faire ?
_ Il faut les frotter sur votre épée pour en répandre le suc.
_ Oh mais ça pue !
_ Frappez l'hydre, vite !
_ Prends ça, monstre !
(bruit d'épée qui se plante dans une hydre puis un kiaiii de douleur )
_ Ca marche, elle fuit.
_ Bravo messire Habbott, au début j'y croyais pas trop mais vous êtes pas mal preux quand même.
_ Ouais mais mon épée sent la vieille aisselle, je sais pas si je vais réussir à la rattraper.
_ Vous inquiétez pas, on se fait à l'odeur. Allons en route !
_ Et mes bottes ! Regardez mes bottes ! Je peux pas continuer comme ça, j'ai l'air de quoi ? ED, mon cirage, vite, on prend une pause, je peux pas rester comme ça.

Au château, dans le lit.

_ Concis, notre fille Stelle m'inquiètes beaucoup, elle ne veut même plus sortir de sa chambre. Vous devriez peut-être lui parler.
_ Et que voulez-vous que je lui dise ? Avez-vous essayé de parler à un mage ?
Peut-être est-ce une malédiction de Dieu ?
_ Dieu ? C'est quoi Dieu ?
_ Un truc que j'ai inventé pour faire taire les villageois. Il paraît que les dons du ciel sont de plus en plus fréquents. Ca fait des ravages dans les cultures et le peuple commence à s'effrayer.
_ Et ?
_ Ben, Dieu, en fait, ce serait comme une sorte d'être supérieur, avec plein de pouvoirs, qui aurait créé le monde. J'ai mis des gens dessus, ils sont en train de faire un bouquin sur le sujet. C'est encore un projet mais ça commence à prendre forme.
_ En quoi cela peut-il être utile ?
_ Comment ? Mais c'est l'idée du siècle ! Imaginez un peu : Des dons du ciel ravagent vos champs ? Ah bah ça doit être dieu qui vous punis parce que vous ne lui avez pas fait d'offrandes, donnez moi des sous et je lui transmettrais.
_ Vous croyez qu'ils vont avaler ça ?
_ Bien sûr, c'est tout bénèf, ils n'ont plus peur et je ramasse l'argent. J'ai même mieux : Depuis que je suis roi, il n'y a plus personne pour me dire quoi faire, je suis tout en haut de la hiérarchie, alors quand je fais une connerie, une guerre perdue par exemple, si on me le reproche, c'est dieu qui m'a dit. Comme ça, je n'ai plus à assumer la responsabilité de mes actes.
_ C'est bien joli tout ça mais comment cela peut-il aider notre fille ?
_ Pour ça, il y a peut-être une solution. Que diriez-vous d'un immense châle avec des trous pour les yeux, on lui met sur la tête et personne n'y verra rien !
_ Mais justement, les gens du village vont la prendre pour un lépreuse, et les enfants lui jetteront des pierres.
_ D'accord, alors disons que toutes les femmes doivent porter ces châles !
_ Elles ne voudront jamais !!
_ Dieu ! C'est dieu qui l'a voulu ! Il m'est apparu et voilà !
_ Il faut trouver une meilleure raison.
_ Disons que les hommes sont distraits par leur beauté et qu'ils ne sont pas à 100% quand ils pensent aux femmes. Dieu n'aime pas ça alors il envoie des dons du ciel pour nous punir.
_ C'est vrai, ça , vous êtes distrait par ma beauté?
_ Bien sûr que c'est vrai, ou du moins ça l'était quand je vous ai épousée, vous savez à quoi nous pensons sans arrêt.
_ Ben non c'est pour ça que j'aimerais bien être un homme.
_ Quoi ???
_ Non rien je pensais tout haut.
_ Mouais, bon , dormez maintenant, demain je demande aux soldats d'arrêter les tongs un moment et de commencer à faire des châles.
_ Vous êtes un très bon père, mon bien-aimé Sir, manipuler ainsi votre peuple juste pour que votre fille n'ait plus à souffrir de son handicap.
_ Ooh, c'est pas juste pour ça mais merci quand même.


_ Hé bien, je ne suis pas mécontent de sortir enfin de ce satané marais !
Bruit de pas, on jette du bois au sol
_ Voilà, c'est tout ce que j'ai trouvé comme bois, reste plus qu'à l'allumer.
_ Attends je vais le faire, par le pouvoir du feu, des flammes et tout
Clic, clic. Bruit de bois qui s'enflamme. A partir de là, on entend le feu qui crépite.
_ C'est marrant vous changez à chaque fois de formule.
_ J'fais ce que j'veux, c'est ma baguette, de toute façon, t'y connais que dalle en magie…
_ Dites-moi fée Misme, que comptez vous faire maintenant que nous avons traversé le marais ? Allez vous rentrer chez vous ?
_ Ah je sais pas trop, je peux venir avec vous ? On a toujours besoin d'une puissante fée avec soi.
_ Si vous le désirez, ça ne te fais rien ED ?
_ Moi non, c'est à Fiat qu'il faut demander, ça fait quand même du poids en plus pour voyager.
_ Comment ça, va dire que je suis grosse en plus, espèce de pénurie…
_ CHHHT
( un gros truc traine par terre, un gars pousse un cri d'effort, le truc traine encore )
_ Putain de bordel de merde, tu parles d'un don du ciel, il aurait mieux fait de m'écraser.
_ Holà, qui va là ?
_ (accent paysan ) Vous z'inquiétez pas, chuis pas dangereux, Hinnn( le truc traine par terre.)
_ ED, va voir qui c'est.
_ Mais bien sûr, pourquoi moi ?
_ C'est toi le plus près.
_ Bon, d'accord mais la prochaine fois c'est Misme.
( sa voix s'éloigne ) _ Attention on a une fée très puissante avec nous.
_ Viens donc m'aider au lieu de dire des bêtises.
_ Vous êtes où ? Je vois rien dans ce noir.
_ Ici, dépêches toi gamin !
( Des pas qui courent, herbe ou feuilles mortes )
_ Ah, attendez, bougez pas, je prends ce côté-là.
_ Non, pas par là, à l'autre bout.
_ Ok.
_ Attention, un deux trois, Hinnnn !
_ Vas-y passe devant.
( les voix se rapprochent )
_ La vache, ça pèse un tonne.
_ Qu'esse tu croyais ? Qu'j' faisais semblant ?
_ Non, mais…
_ Allez avance, t'as des bras d'citadins, toi.
_ J'ai les mains qui glissent, ça va lâcher.
_ Allez, va, pose le là, on est bien assez près.
_ Bien l'bonjour, m'sieurs, dame. Fernand.
_ Fée Misme, enchantée
_ Messire Habbott
_ Et moi c'est ED, vous avez vu Misme, il a pas compris non plus.
_ Qu'est-ce que j'avions point compris ?
_ Laissez tomber. Dites moi mon brave, que transportez vous là ?
_ C'te saloperie m'est tombée du ciel pendant que j'allais au marché.
_ Mais c'est un don du ciel, vous devriez vous réjouir.
_ Me réjouir, il est fou, lui. Un truc qui pèse un âne mort tue mon cheval et détruit ma charrette et je devrais me réjouir ?
_ Forcément, dit comme ça.
_ Et vous alliez où, avec ?
_ Au village, voir si je peux pas en tirer un bon prix, M'dame la fée Minisme.
_ Misme, fée Misme. Est-ce que je peux y jeter un coup d'œil ? Ca m'a l'air d'être un objet magique très puissant.
_ On dirait un sarcophage. Regardez, il y a des inscriptions, B. R. A.N.D.T.
_ Essayons de l'ouvrir, il doit falloir une formule magique, BRANDT, OUVRE TOI !
_ Ca marche pas.
_ BRANDT, je t'ordonne de t'ouvrir !!!
_ Attendez, pas besoin de formu…
_ PAR LE POUVOIR DES ELEMENTS, DU VENT, ET DES AUTRES J'INVOQUE BRANDT.
_ PAS BESOIN DE FORMULE, Y A UNE POIGNEE !!!!
_ Ah ? Bon.
( bruit de frigo qui s'ouvre )
_ C'est bizarre, y a deux parties.
_ Essayez de rentrer dedans pour voir.
_ Vous me l'abimez pas, hein, sinon je pourrais plus l'revendre.
( on entend ED qui galère )
_ Voilà, ahh, vous pouvez fermer.
_ attention les pieds ( bruit de frigo qui se ferme )
_ Alors ?
_ ERTreGFDG EZRFLD ERKODP ( on entend rien à ce qu'il dit parce que forcément il est enfermé dans un frigo )
( La porte s'ouvre )
_ Hein ?
_ Je dis il fait tout noir et ça manque d'air.
_ C'est bizarre, il faudrait que j'arrive à l'utiliser.
_ Je peux vous le vendre si vous voulez, comme ça, ça me débarrasse.
_ Fée Misme, je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
_ Allez, sivouplait, sivouplait, sivouplait.
_ Non, on a rien pour le transporter.
_ Parce que j'ai l'air de savoir comment faire, moi ?
_ Désolé, Fernand, mais on ne peut rien faire pour vous.
_ Bordel, je vais encore devoir me trainer ce truc jusqu'au village. Hinnnn. ( crrrrrr ) Germaine m'avait dit de pas sortir ce matin. Hinnnnn. (crrrrr) Pourquoi ça m'arrive, à moi ? Hinnnn ( Crrrr) ( tout ça en s'éloignant )
_ Je suis sûre que ça aurait pu servir, on a besoin de tous les pouvoirs qu'on peut si on veut libérer votre princesse.
_ Si vous voulez rester avec nous, Fée Misme, il va falloir que vous respectiez mes décisions.
_ Ooooh vindieu, bon moi je vais me coucher. Demain y fera jour.
_ Messire, si ça se trouve c'était une machine à voyager dans le temps.
_ Allons dis pas de bêtises, va dormir. Demain on devrait atteindre le Château si tout va bien.

_ Alors qu'est-ce que tu penses de ces châles, ça marche pas mal, non ?
_ Ouais, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas promenée en forêt, par contre le mien a une odeur bizarre.
_ C'est normal, il fallait un sacré paquet de tissu, on a dû se servir de tes vieilles langes pour faire le tien.
_ AAAh nann, je peux pas porter ça !
_ Oh arrêtes hein , imagines que les villageois ont dû déterrer de vieux linceuls pour que les femmes en aient toutes.
_ Je continue à penser que c'est pas honnête de faire subir ça au peuple juste parce que je ne veux pas me montrer comme ça.
_ Ecoutes, ton père et moi on se donne beaucoup de mal pour que tu puisses être heureuse, et puis si ça te dérange vraiment, on peut rajouter deux ou trois dentelles sur ton châle, ou des petites perles pour le rendre plus présentable.
_ ah oui, je mettrais bien des franges ou des petites fleurs cousues un peu partout.
_ Si tu veux, ça devrait….
_ MAMAN ! REGARDES !
_ AAAH ! QUOI ? Oh arrêteuh, hurles pas comme ça, tu m'as fait peur !
_ Mais regardes !! ( sifflement prolongé, bruit d'impact )
_ Chérie, c'est un don du ciel ! Ton don du ciel ! Ton premier ! ( sa voix s'éloigne, elle court en direction du truc )
_ Attends moi, je peux pas courir, c'est trop serré.
_ Regardes, c'est un drôle de bonhomme ( tchiiiiii ) ouh, la vache, c'est chaud !
_ Fais voir ! hé il n'a pas de cheveux !
_ Ouais, comme toi.
_ Mais je suis pas aussi grosse ! Hé, lui aussi il s'habille avec un drap !
_ Attends il y a un truc écrit : Boud…bouddha azi…. Bouddha assis.
_ Je fais quoi maintenant que j'ai eu mon don du ciel ?
_ Je sais pas, c'est censé t'aider à accomplir ta destinée, toi seule sait comment.
_ Bon ben, il me reste plus qu'à grossir.
_ Euh, tu devrais peut-être réfléchir avant, non ?
_ C'est toi qui l'as dit, j'ai le drap, la tête chauve, je vais grossir, m'asseoir par terre et voilà, le tour est joué.
_ Comme tu veux, mais ne dis rien à ton père pour l'instant.


_ Ca a l'air sympa, ce village.
_ Oui mais je ne comprends pas pourquoi les femmes s'habillent toutes de la même manière, elles doivent avoir drôlement chaud sous leurs draps.
_ Ouais et les hommes me regardent bizarrement, j'aime pas tant.
_ EXCUSEZ-MOI, MADAME !!
_ Qu'est-ce qu'il veut, lui ?
_ MADAME !!
_ Ouais bah c'est bon, c'est pas la peine de hurler, je suis à côté.
_ Pardon, mais vous devez mettre ça.
_ OH, vindieu, il veut que vous mettiez un vieux drap.
_ Il est fou, lui, je peux pas mettre ça.
_ Madame, c'est la loi, le roi l'a ordonné après avoir reçu un message de dieu.
_ Dieu ? C'est qui lui ?
_ Le tout-puissant, créateur du monde et de ses créatures.
_ Ouais ben tu diras à dieu que je suis venue avec mes fringues et que j'ai pas très envie de me promener là-dedans.
_ Allons, Fée Misme, faites ce qu'il dit, il faut qu'on passe inaperçu.
_ Mais…(respiration plus forte )
_ Misme ? ça va ?
_ Peur panique…z'êtes trop con… J'ai une crise…
_ Attendez mettez la tête entre vos genoux. ED, mets lui le drap. Misme respirez, calmez vous, c'est juste une tradition.
_ Trop cons, tous ( respire fort ) Peux pas supporter la stupidité…
_ Mais non, ne vous inquiétez pas, ça va passer. ( il saute du cheval )
_ ED, aide moi à la descendre de Fiat. Voilà, prends son bras.
_ C'est ma jambe…Abruti…
_ Ouais ben j'y vois pas grand-chose avec ce drap.
_ Voilà, doucement, on va l'asseoir sur ce banc là.
_ Lachez moi, putain !
_ Arrêtez vous, tout le monde nous regarde.
_ Ca va mieux, foutez moi la paix, je vais le porter votre drap qui pue.
_ Messire, on devrait partir.
_ Me faire porter un drap, j'y crois pas, je vais me venger, vous pouvez compter sur moi.
_ Un…deux…trois ( claque )
_ AIeuh, ça va, c'était pour rire.
_ Bon allez, en selle, on va au château.

_ C'est bizarre, je ne vois aucun garde.
_ Regardez, messire Habbott, la porte est ouverte.
_ Bien, ça va nous faciliter les choses.
_ C'est bon, je peux enlever mon drap ?
_ Oui, Fée Misme, je ne vois plus personne.
_ La vache, on crève de chaud la-dessous.
_ Hé, la bas, je peux vous aider ?
( Dégainent leurs épées )
_ Who, who ,who, c'est bon, je veux savoir si je peux vous aider.
_ Dites nous où est la princesse Stelle.
_ Au deuxième, dans sa chambre mais…
_ Conduis nous !
_ Ca va, je vais le faire vous pouvez ranger votre épée.
_ Messire ce n'est peut-être pas nécessaire.
_ Je sais ED, mais nous ne pouvons pas lui faire confiance. Passe devant, valet !
( ED et Misme discutent ensemble )
_ Il est un peu nerveux ton patron, non ?
_ C'est un passionné, il s'est déjà farci plusieurs dragons vous savez.
_ Raison de plus pour laisser le valet tranquille.
_ Question de prudence, on sait pas sur quoi on va tomber.
_ Taisez-vous, tous les deux on va se faire repérer. Oh regardez là-bas ! Ce doit être Dame Stelle, regardez ces bottes ! Elles sont magnifiques, ce ne peut être qu'elle. Et cirées impeccablement, je me demande comment elle fait pour obtenir ces reflets verts.
_ Non, Monsieur, c'est la Reine Rosemonde que vous admirez ainsi.
_ Ah ? Quel dommage !

_ Tiens, Tobal, nous avons des visiteurs ?
_ Heu, oui, ces gens sont venus voir Dame Stelle.
_ Ah bon ? C'est pas souvent que des camarades viennent la voir. Bonjour, je suis la reine Rosemonde.
_ Bonjour, Chevalier Habbott, voici Ed et la puissante fée Misme.
_ Enchantée.
_ Ed, Ecuyer, mais je travaille seul
_ Nous sommes venus secourir Dame Stelle et personne ne pourra nous en empêcher.
_ Comme c'est charmant. Elle est dans sa chambre, suivez-moi.
_ Voilà, vous pouvez retirer votre épée de mes omoplates maintenant.
_ Pas encore, pas tant que je n'aurais pas vue Dame Stelle.
( On frappe à une porte. )
_ Chérie ! Des amis sont venus pour te voir.
_ Je veux voir personne !
_ N'ayez crainte, dame Stelle, nous sommes ici pour vous aider.
_ Qui parle ?
_ Chevalier Habbott, à votre service.
_ Un chevalier, ooh, attendez je vous ouvre.
(bruit de pas, serrure qui tourne, porte qui s'ouvre )
_ Bonjour.
(ED et Misme éclatent de rire )
_ Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?
_ Ben, vous ressemblez drôlement aux femmes du village.
_ Vous dites ça à cause du drap, je savais que c'était une mauvaise idée.
_ Vous n'avez pas besoin de drap avec moi, Dame Stelle, laissez moi vous l'enlever.
_ Non attendez ! (Bruit de draps qui s'enlève).
( Tout le monde fait OOOOH )
_ Oh, mon dieu.
_ Wow, épilation intégrale.
_ Je croyais qu'elle était super belle.
_ Wouinn, in in in, je suis humiliée, j'aurais pas dû ouvrir, donnez moi ce drap, sortez.
_ Non attendez, que vous est-il arrivé, qui a osé vous faire ça ? dites le moi et je l'occirais de mes propres mains.
_ wouinn, in, c'est vrai ? Vous feriez ça pour moi ? Tu vois maman, je t'avais dit que celui qui viendrait serait le bon, mon héros.
_ Elle se l'est fait toute seule.
_ Maman, non !
_ Ca s'appelle la trichotillomanie, elle s'arrache les poils du corps, c'est maladif.
_ Et vous faites ça sur tout le corps ?
_ ED !! Bon, forcément, ça complique les choses. Mais je croyais que vous étiez séquestrée, prise au piège. Partout on raconte…oh et vous vous promenez toujours pieds nus comme ça ? C'est indécent !
_ Qui a lancé ces rumeurs ?
_ C'est moi !
_ Concis ? Mon roi ? qu'est-ce qu'il vous a pris ?
_ Je me suis dit qu'il fallait bien qu'elle se marie un jour, alors hop, une petite histoire sur une princesse en détresse pour attirer les princes charmants et voilà !
_ Wouinn, in, in, in
_ Bon, ben, je crois qu'on n'a plus rien à faire ici du coup.
_ OOh, mais nan, je croyais que c'était la dernière, vous l'aviez promis, messire.
_ ED, pas maintenant.
_ Attendez, attendez, vous n'allez pas partir comme ça, restez au moins pour dîner.
_ Moi, je veux bien, les soupes de légumes de fée Misme pendant deux semaines, ça gave un peu.
_ Ca va ou bien ? Tu sais où tu peux te la mettre ma soupe ?
_ Oui d'accord, je pense que ça nous fera du bien à tous.
_( un peu tous ensemble ) Pardon ?
_ Non, je veux dire, de rester pour diner, voyons.
(en s'éloignant )
_ Alors comme ça, vous êtes une fée ? Ca doit être sympa comme métier.

_Tiens, qu'est-ce que c'est que cette porte ?( porte qui s'ouvre ) Quelles sont ces choses bizarres ? on dirait des chaussures. Ouah, y en a plein mais pourquoi ils ont tout mis en vrac, ils pourront jamais les compter correctement, je vais le faire pour eux. Voyons, je vais faire des tas de vingt, ça sera plus simple, alors un deux trois quatre cinq six sept huit neuf dix onze ( le tas de tongs se casse la gueule ) Oh non, bah non, faut que je recommence, des tas de dix ça suffira, mais on dirait qu'il y a que des pieds droits je vais laisser de la place au cas où je tombe sur les pieds gauches comme ça je pourrais les mettre par deux, un deux trois quatre cinq six sept huit neuf.
( Bruit de pas, et une bonne claque )
_ ED, dépêches toi voyons, tout le monde t'attend.
_ Mais j'ai pas fini de compter, il faut les ranger sinon ils…. ( clac ) Bon d'accord heu.

( toute la scène : bruit de couverts, brouhaha de conversations )

_ Vous savez, Reine Rosemonde, vos bottes sont réellement magnifiques !
_ Merci, mais vous savez je n'ai pas de mérite, j'ai deux servantes à temps plein sur toute ma garde robe.
_ Mon rêve ! Et comment faites vous pour obtenir ces reflets ? Qu'utilisez vous comme cirage ?
_ AAah ça ! C'es un truc que m'a donné un troubadour pendant une soirée, de la graisse de porc avec du vinaigre de vin. Ca fait des miracles.
_ Intéressant.
_ Mais votre costume n'est pas mal non plus, vous vous habillez tout le temps comme ça ?
_ Hé bien oui, vous savez un prince charmant se doit d'être irréprochable à tout point de vue.
_ Ah ! Toute cette dentelle, et la coupe de votre veste, on ne voit même pas les points, c'est du grand art, et ce jabot, regardez moi ça. Les dames doivent tomber toutes seules sur votre passage.
_ Ca arrive, effectivement, mais je suis assez difficile en matière de femmes, l'élégance et les goûts vestimentaires sont primordiaux.
_ Ma fille va donc devoir faire quelques efforts.
_ Heu oui, c'est rien de le dire.
_ Et ça consiste en quoi, écuyer ?
_ OH, pas grand –chose. En fait, tu t'occupes des montures, tu nettoies les épées, des trucs comme ça.
_ Ca à l'air sympa, ça paye bien ?
_ Pas tellement mais tu vois du pays, tu rencontres plein de gens…
_ Non, je dis ça parce que je pense à changer de boulot.
_ Ah bon ? Ca parait pas mal, pourtant, t'es au chaud, nourri, logé…
_ Ouais mais c'est impossible d'avoir une vie de famille, tu sais que je me suis marié sept fois en deux ans ?
_ Oh la vache, comment tu fait ?
_ Ben, le blob me les bouffe toutes, je sais plus quoi faire.
_ Le blob ?
_ C'est une espèce de grosse boule visqueuse, le roi veut le garder au cas où on serait attaqués.
_ C'est si dangereux que ça parce le Chevalier Habbott a décimé pas mal de dragons et…
_ En fait, c'est impossible de le tuer et le seul moyen de le rendre inoffensif, c'est de le mettre dans un récipient imperméable à l'air.
_ Putain, mais comment ça se fait qu'il bouffe tes femmes alors ?
_ Tu sais comment elles sont, tu leur dis de pas toucher un truc et elles se précipitent dessus pour faire la poussière.

_ Et en tant que fée, vous avez beaucoup de pouvoirs ?
_ Pas mal, ouais.
_ Je veux dire, de un à dix, vous vous donneriez combien ?
_ Boh, sept, huit, dans le genre.
_ Ah ouais ! Quand même !
_ Mais ça dépend des trucs qu'on me demande. Je suis super douée pour allumer des feux et faire des soupes.
( de loin ) : _ Ouais, ouais !
_ Faut pas l'écouter, il y connaît rien en soupe magique, c'est une pénurie.
_ Je peux vous demander quelque chose ?
_ Ca dépend quoi.
_ En fait, voilà, je suis mariée depuis pas mal d'années et des fois, j'ai beaucoup de mal à comprendre mon mari.
_ Vous voulez que j'le tue, j'peux l'faire ça, c'est facile.
_ Non, non, en fait ce que je veux dire, c'est que j'ai du mal à comprendre les hommes en général.
_ Ah ça, moi-même avec mes pouvoirs, j'arrive pas à savoir pourquoi ils sont aussi cons.
_ Voilà, alors je me demandais si vous pouviez me transformer en homme.
_ Pour être plus conne ?
_ Non mais non, mais écoutez moi ! Je pense que si j'étais un homme pendant un jour ou deux, je pourrais savoir comment ils pensent, vous savez, ne penser qu'au sexe tout le temps et tout ça, ça doit pas être facile à gérer, j'aimerais bien avoir leur point de vue.
_ AAh là, ma reine, je veux bien être une puissante fée mais faut pas charrier, faut demander à quelqu'un d'autre.

_ Merci de nous inviter à manger, roi Concis, un bon repas est juste ce qu'il nous fallait.
_ De rien, de rien. En fait c'était pas totalement désintéressé, j'ai un travail à vous proposer. Vous êtes un chevalier ?
_ Oui.
_ Vous êtes plutôt preux ?
_ Je suis sûre que c'est le plus preux de tous les preux chevaliers.
_ Stelle, laisse parler papa, s'il te plait.
_ On peut dire ça, oui .
_ L'aventure, tout ça, vous aimez ?
_ Heu oui.
_ Bon, alors vous avez sûrement remarqué que les dons du ciel sont de plus en plus fréquents ?
_ Oui, bien sûr, on en a croisé pas mal sur la route en venant.
_ Bien. Tout ça commence à effrayer mon peuple et ils commencent à douter de mon aptitude à gérer mon royaume. Bon, pour l'instant j'ai inventé dieu mais je sais pas combien de temps ça va tenir tout ça.
_ Dieu ? Alors c'est vous aussi qui …
_ Chhht ( en chuchotant ) c'était pour elle.
_ Je suis sûre que c'est dieu qui vous a amené à moi, nous sommes faits pour vivre ensemble.
_ Enfin, bref. Je voudrais que vous enquêtiez sur ces phénomènes, il semblerait qu'une tour entière soit apparue sur la montagne en fusion, si vous pouviez y jeter un coup d'œil.
_ Euh, pourquoi pas.
_ Papa, je t'ai dit que Habbott et moi allons vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants ?
_ Heu, attendez, dame Stelle…
_ Pas maintenant chérie.
_ Ne vous inquiétez pas pour le peuple, Tobal va faire le prophète pour que dieu soit plus crédible, il dira que vous êtes venu les sauver, ils seront plus coopératifs pendant votre enquête.
_ Bon si vous voulez, mais je sais pas si c'est dans mes cordes.
_ Oh, voyons ! Un preux chevalier comme vous. Et si vous réussissez à éclaircir ce mystère, je vous offre la main de ma fille.
_ Ben justement, je…
_ Si, si, ça me fait plaisir, d'ailleurs, il est bien temps qu'elle se marie.
_ On verra quand je reviendrais, d'accord ?
_ Marché conclu, trinquons mes amis !


_ Aaah, ces trois jours de repos m'ont fait un bien fou.
_ Mouais bof, il était temps qu'on parte, j'en ai un peu marre.
_ Ben pourquoi ? Ils étaient plutôt sympas tous, le roi était un peu bizarre mais sinon ça l'a fait, j'ai trouvé.
_ Et où étais tu pendant tout ce temps, Ed ? On ne t'as quasiment pas vu du séjour !
_ Justement, j'ai passé trois jours à compter les tongs, 8756, y en a, des tongs et ils en rajoutent tous les jours, je voulais les compter par paire mais y en a pas ! Y en a pas ! Que des pieds gauches ! Partout !
_ Tiens, c'est marrant que tu en parles parce que Dame Stelle m'en a offert une paire pour le voyage, pour me reposer de mes bottes, le soir.
_ Une paire ? Deux ? Alors il en reste plus que 8754 ou…Oh Nan faut que je recomptes.
( Claque )
_ Aieuh putain !! Ca faisait longtemps…
_ Qu'est-ce que tu veux, on s'étaient pas vus pendant trois jours.
_ Dites, Habbott, je pourrais le faire la prochaine fois ?
_ Si vous voulez.
_ Eh, Messire, comment ça se fait que vous êtes si bien apprêté ?
_ He bien la reine Rosemonde m'a confectionné quelques vestes, prodigué quelques conseils et révélé sa technique de cirage. J'ai beaucoup appris. C'est vrai, vous me trouvez élégant ?
_ Disons que sur une échelle de dix où le zéro serait un lépreux nu avec du poil dans le dos et le dix un cygne blanc s'ébrouant au lever du soleil pour chasser la rosée de son plumage étincelant, je dirais 8,77.
( claque )
_ Woooh
_ Désolé, je m'entraîne mais ça va venir. Question de timing.
_ En tout cas merci, Ed, ton compliment me va droit au cœur.
_ Ouais bon, avant que vous commenciez à vous tripoter, on va peut-être y aller non ? On a pas mal de route.
( En s'éloignant )
_ C'est malin, je saigne du nez.


_ Ca fait du bien d'avoir du monde à la maison, non ? On devrait recevoir plus souvent.
_ Ouais, on verra, si on a des amis, un jour. Je me demande bien ce qu'il y a sur cette montagne en fusion, j'espère qu'ils vont pas mourir là-bas.
_ Père, ne dites pas ça ! Messire Habbott va revenir triomphant de son périple.
_ J'ai lu dans « dame actuelle » que 95 % des princes charmants vivent heureux et ont beaucoup d'enfants.
_ Avec une référence pareille, je crois que je ne peux plus rien dire. ( en s'éloignant ) Bon où est passé Tobal ? Il faut qu'il aille répandre la bonne parole.
_ Dis moi, Stelle, on dirais que tu as grossi, non ? T'étais pas sérieuse quand tu as dit que tu voulais ressembler au petit chauve ?
_ Non, en fait, je me suis dit que finalement un don du ciel n'arrive qu'une fois dans une vie et que ça doit pas vouloir dire grand-chose.
_ Ah pas de sarcasmes, hein ? Regardes moi, par exemple, pas de don du ciel et j'ai très bien réussi ma vie.
_ C'est vrai que se marier à un tyran qui trompe son peuple à des fins purement personnelles et passer sa vie dans un château délabré, c'est une jolie carrière.
_ Mais dis donc, un peu de respect pour tes parents, c'est uniquement grâce à nous si t'es pas à la rue sans un cheveu. Allez file dans ta chambre !
_ Vivement que Habbott revienne pour me tirer de ce trou à rats. Je suis sûre que vous êtes pas mes parents !
_ Non, ton vrai père était un gros chauve emballé dans un drap, allez file maintenant.
_ Alors, Tobal, tu as bien compris ?
_ Ouais, bah ouais, je vais sur la place du village déguisé en ermite et je leur dis que dieu m'est apparu dans la forêt, qu'il m'a donné ce bouquin et que toutes les réponses à leurs questions sont là-dedans.
_ Et … ?
_ Et qu'il m'a désigné comme prophète au cas où il faudrait faire une mise à jour.
_ Pas mal. Souviens toi que tu dois avoir l'air charismatique et que tu ne viens pas du coin.
_ Ouais, au moins si ça peut m'éloigner du blob.
_ Et tu ne mets pas ton déguisement avant d'être dans la forêt. Si les gens te voient sortir du château, ça va griller toute ta couverture.
_ Ouais, ouais.
_ Bien, alors va, mon brave Tobal, et gagnes la confiance du peuple pour faire plaisir à ton roi.


_ ( dans sa barbe ) Vraiment un boulot à la con, et cette barbe qui m'gratte, et qu'est-ce qu'il veut que je leur dise à ces gens, moi. C'est pas vrai, ça. Ma mère m'avait bien dit, jette ce blob, il t'amènera que des ennuis. Mmmph, je vais bien réussir à me vautrer sur cette fontaine. Un prophète, moi ? et vas-y, dis leur que dieu t'as parlé, ( bruit d'efforts ) Bon, c'est pas tout ça. ( Il s'éclaircit la voix )
Hum, hum. Réjouissez-vous, mes frères ! Ouais par ici ! Ecoutez-moi ! Réjouissez-vous car dieu m'est apparu. Oui. Puisque je vous le dit ! Dieu m'est apparu dans la forêt et il m'a laissé un message pour vous, un message, que dis-je ? Un livre ! La réponse à toutes vos questions ! Il m'est apparu dans une lumière éblouissante ! Dieu a prononcé ces mots, que, je vous le jure, je n'oublierais jamais. C'est ça venez par là, rapprochez vous un peu ! Dieu m'a dit : Tobal, mon gars, c'est moi, dieu, il faut que tu me rendes un petit service. Ton peuple a peur, il vit dans l'inquiétude et c'est pas bien. Tu dois les rassurer, alors assieds toi et écrit ce que je vais te dire.
Et là, pendant trois jours et trois nuits, il m'a dicté ce livre, m'a montré la voie.
Tout n'est pas perdu, une ère nouvelle nous attend, plein de bonheur pour tout ceux qui font comme dieu y dit. Vous allez voir, c'est trop bien. Plein à manger, plein de sous, et tout. Pour tout ceux qui se sentent perdus, suivez Dieu, vous verrez, c'est rassurant, y a plus à s'inquiéter de rien.
( la foule fait hourra et tout )
(dans sa barbe ) _ rooo, ça marche, nan.
_ Ecoutez moi, je vous amène la parole du divin, tout est là, je m'en vais voir le roi afin qu'il fasse recopier ce livre pour que tout le monde en profite. Suivez moi allons voir le roi pour qu'il nous aide à répandre la bonne parole. Tiens aidez-moi à descendre de là, voilà, attends, ouais, c'est bon. Suivez moi jusqu'au château, si Dieu est avec nous, le roi fera ce que nous lui demandons.
Allez !
_ (dans sa barbe ) _ Ho,ho,ho, ça marche, j'y crois pas.


_ Sire Habbott ?
_ Oui ?
_ Vous avez vu toutes ces femmes là-bas ? sur le rocher ? Qu'est-ce qu'elles font ?
_ Ca, ce sont des sorcières. En plein rituel d'invocation.
_ Comment vous savez ça, Misme ?
_ Bah, je suis une fée, je touche pas mal en magie.
_ Rapprochons- nous pour voir.
( On entend un brouhaha de voix féminines qui se rapproche jusqu'à devenir audible )
_ Alors je lui ai dit, avec cette coiffure, tu ressembles à un dindon. Et tu sais ce qu'elle m'a répondu ?
_ Non, qu'est-ce qu'elle a dit ?
_ Elle m'a dit, si tu continues à te maquiller comme ça, on fera plus la différence avec la tapisserie.
_ Hi hi hi
_ Je comprends rien à ce qu'elles racontent.
_ C'est normal, c'est des formules magiques. Elles sont les seules à maîtriser ce langage.
_ Ah.
_ Tu sais, ça te va bien cette nouvelle couleur, t'as fait comment pour y arriver, ça fait vachement ressortir ton bronzage.
_ Ah ça, c'est ma belle-sœur qui me l'a conseillée, une préparation à la boue et à l'urine de vache. Regardes quand je bouge la tête.
_ Wouahh. Il faudra que tu me donnes le truc. C'est qui ta belle-sœur ?
_ Ginette Loréal.
_ Ah elle est mariée avec le boucher, non ?
_ Non ça c'est Arlette, ma belle-sœur est mariée avec mon frère.
_ Bah oui, je suis bête.
_ Messire Habbott, je crois qu'elles sont en train de m'ensorceler, j'ai super mal à la tête.
_ Tu as raison Ed, moi aussi, il vaut mieux qu'on file avant de tomber sous leur charme. Ça devient dangereux, bouche-toi les oreilles. Ca va Misme ?
_ Ouais, moi je suis immunisée, j'arrive presque à comprendre, mais j'ai les mains qui me démangent, j'ai envie de mettre des claques, je sais pas pourquoi.
_ Eh, tu peux me passer le fond de teint ?
_ Non, demande à Irene, mes ongles sont pas secs.
_ Irène, tu peux me passer le fond de teint.
_ Ouais, attends je finis mon aisselle et j'arrive…
( et ça redeviens brouhaha )






_ Messire, messire !
_ Attends, ne cours pas sur les pavés, Rosemonde…
(Bruit de gars qui tombe )
_ Vient de faire nettoyer le hall.
_ Aïe.
_ Alors comment ça c'est passé ?
_ Aouille, plutôt bien, ils m'ont tous suivi, une femme m'a même offert un panier de fruits.
_ Bon, c'est bon signe, que leur as-tu dit ?
_ Que je venais ici pour que vous fassiez copier le livre.
_ Bien, ça changera un peu les soldats des tongs et des couvre femmes.
_ Qu'est-ce que je fais alors maintenant ?
_ Tu leur liras un passage de « La grande notice de la vie » tous les soirs sur la place.
_ La grande notice de la vie ?
_ Oui, c'est le nom que j'ai trouvé, pas mal hein ?
_ Et qu'est-ce qu'on fera des autres exemplaires ?
_ On en enverra dans tout le royaume, histoire que tout le monde soit au courant, tu désigneras des messagers de Dieu et hop !
_ Père ? Ne me dites pas que vous continuez à berner le peuple avec cette histoire de dieu ?
_ Ne te mêles pas de ça ma chérie, ce sont des histoires d'adultes.
_ Mais je suis une adulte !
_ Oui, oui, d'accord. On va dire que ce sont des histoires de gens mariés avec des cheveux et, houlà, c'est moi ou tu as grossi ?
_ C'est facile de s'attaquer à mon physique, si je suis comme ça, c'est parce que je l'ai choisi. Et je ne vous laisserai pas vous moquer du peuple ainsi ! ( elle s'en va )
_ Vous y avez été un peu fort, non ? Des gens mariés avec des cheveux ?
_ Bah oui, mais d'habitude, elle s'en va en pleurant quand je dis des trucs comme ça.
( En s'éloignant )
_ Bon, je vais aller préparer mon discours de demain .

_Alors, c'est ça la montagne en fusion ? Y fait super chaud.
_ Ouais et va pas falloir trainer parce que j'ai plus une goutte d'eau.
_ Vous avez raison dépêchons –nous, j'ai hâte d'en finir avec tout ça.
_ Attendez messire, regardez là bas, il y a quelqu'un. Il a l'air super loin.
_ Non, il n'est loin, c'est juste qu'il est plutôt petit. Allons le voir peut-être qu'il pourra nous indiquer le chemin.
_ D'accord mais vous savez ce qui s'est passé la dernière fois que quelqu'un nous a montré le chemin ; on l'a trainé pendant tout le trajet.
_ Tu parles de moi, là ?
_ Un peu, mais je disais juste qu'on a plus d'eau et pas assez à manger pour quatre.
_ Attends mais tu crois que ça me plaît de me promener partout sur ton panda qui pue ?
_ Fiat ne pue pas, il a juste un peu chaud, il transpire c'est normal.
_ Fais gaffe à ce que tu dis, parce que tu pourrais bien finir en bouffe pour panda.
_ Bon ça suffit, vous deux. Voyons plutôt qui est ce petit homme. Ohé, ohé, monsieur !
_ Ah il vous a entendu, il vient vers nous.
_ Bonjour !
_ Bonjour.
_ Je suis le chevalier Habbott et voici mes compagnons de voyage : Misme la fée et Ed mon écuyer.
_ Enchantée.
_ Salut.
_ Bonjour, je suis Frodon, le porteur de l'anneau.
_ Porteur de l'anneau ? C'est un métier ça ? Ca paye bien ?
_ Non ce n'est pas un métier, c'est la mission qui m'a été confiée par le conseil des sages.
_ Ca va hein, comme mission ? Vous faites quoi, vous portez l'anneau et vous vous promenez avec ? Ou il y a plusieurs anneaux ? Vous en vendez parce que j'aimerais bien en avoir un.
_ Ma mission est sérieuse, je dois emmener l'anneau au sommet de la montagne en fusion et le jeter dans le puits de lave pour le détruire afin de déjouer les plans de Sauron et sauver la Terre du milieu.
_ Ne vous énervez pas voyons. Veuillez excusez mon écuyer, il parle parfois un peu trop.
_ La terre du Milieu, c'est où ça ? Jamais entendu parler.
_ En fait tu pars par là- bas, tu vas jusqu'au bout puis tu fais la moitié du trajet de retour, et quand t'es bien au milieu de nulle part, c'est là.
_PFFFF (Ils pouffent)
_ Bon, j'ai pas le temps de discuter avec vous, j'ai un destin à accomplir moi. Au revoir !
_ C'est malin, vous l'avez vexé, il aurait pu nous guider.
_ Mouais, il m'avait l'air un peu con de toute façon avec son histoire d'anneau.
_ Bon on a plus qu'à se remettre en route avant de mourir de soif, la tour devrait être sur le versant soleil couchant de la montagne.
_ Soleil couchant, c'est par…Oh regardez ! Un don du ciel !
_ Wow, c'est un gros et il va pas tomber loin.
_ Frodon ! Attention !
BRAOUM !!!!
_ La vache, ça doit faire surmal, j'espère que ça a détruit l'anneau sinon la terre du milieu, elle est mal barrée.
_ En tout cas, il pourra plus porter grand-chose.
_ Bon allons-y, on ne peut plus rien pour lui.
( en s'éloignant )
_ Vous avez vu tous les poils qu'il avait sur les pieds ?



_ Dis moi, Rosemonde, est-ce que tu pourrais arrêter de faire cirer les pavés, ça commence à devenir dangereux.
_ Je sais mais ta fille pense que nous vivons dans un vieux château insalubre alors je me suis dit qu'un petit coup de nettoyage…<BR>_ Encore elle ? Mais qu'est-ce qu'il lui arrive ? Elle commence à m'inquiéter.
_ Ah ! Elle est amoureuse ! Ta petite fille se transforme en femme.
_ Non, si elle se transformait en femme, elle serait moins grosse et moins chauve. Je sais pas en quoi elle se transforme mais on va finir par la confondre avec le blob.
_ MAIS ARRETEUH, comment peux tu parler de ta fille comme ça ?
_ C'est vrai, regardes-la, elle se promène partout avec son drap sur les épaules.
_ Ouvres les yeux, tu ne vois donc pas qu'elle est heureuse ?
_ Heureuse ? ouais, bon. Et donc tu veux faire le ménage dans le château ?
_ Oui, à ce sujet, j'aurais besoin d'un peu de main d'œuvre pour les toiles d'araignées, et tout ça.
_ Je veux bien te laisser deux ou trois soldats mais c'est tout.
_ Merci, tu ne le regretteras pas.

_ Ecoutez moi, braves gens, car je vous apporte la parole de dieu. Laissez moi vous lire un passage de la grande notice de la vie.
_ Ouais, vive dieu ! Dieu est trop fort ! Dieu va nous sauver !
_ Ouais, ouais, écoutez moi maintenant :
Il ne faut pas être méchant les uns envers les autres, surtout pas avec votre roi, qui travaille dur pour que vous soyez heureux.
Il faut adorer votre dieu car c'est lui qui vous guidera sur le chemin de la richesse et de plein d'autres trucs qui sont bien pour vous
Il ne faut pas trop manger parce que ça coûte cher et qu'il faut garder un peu d'argent et de nourriture pour offrir à votre dieu. Si vous ne trouvez pas dieu, donnez tout au roi et il fera suivre. Plus vous donnerez, plus vous avancerez vite sur le chemin de la richesse.
Il faut travailler dur pour que dieu soit fier de vous et apprendre à vos enfants à aimer dieu et votre roi.
_ Voilà, c'est tout pour ce soir, rendez-vous demain pour la prochaine lecture.
_ hourra, vive le prophète !
_ Moi ? Mais je…
_ Longue vie au prophète !
_ Non mais attendez ! C'est… ( bruit de cochon )Ah c'est pour moi ? Merci. C'est très sympa…Non monsieur, votre fille est très mignonne, mais je ne peux pas…Non… Dieu ne serait pas content….Par contre les fruits là, je veux bien….merci… le chemin de la richesse sera une promenade de santé pour vous, merci…Emmenez le reste au château, dieu sera content…

_ J'ai trop chaud, là, ce serait pas mal de trouver de l'eau.
_ Je sais, ed mais pour l'instant on en a pas.
_ Et pis ça pue le soufre, ça peut pas être bon pour vos habits.
_ Tu as raison, dépêchons-nous.
_ Eh regardez là-bas, ça brille !
_ Oh vindieu, ça pète les yeux

Quelques minutes de marche plus tard.

_ Bon ça fait quelques minutes qu'on marche et on a toujours pas revu la tour.
_ Elle devrait être juste derrière cette colline, courage.
_ J'ai soif.
_ Ca alors, je pensais qu'après l'avoir dit pour la dix huitième fois, ça allait mieux.
_ J'ai soif.
_ Dix-neuf. ( claque )
_ Oh, putain, refais ça pour voir et je te jure que je te couds la bouche sur le cul de ton panda.
_ Nan, c'est bon, j'avais juste rêvé de le faire une fois pour voir.
_ Bon, calmez vous les deux, et venez voir, elle est là ! C'est magnifique !
On les entend courir un peu.
_ Wow.
_ Une fontaine, il y a une fontaine !
_ Ed, attends, tu ne sais pas….
( bruit de corps lancé contre une porte vitrée automatique de Val Thoiry )
_ ouh la vache.
( bruit d'ouverture de porte automatique de Val Thoiry )
_ C'est un sortilège de protection. Tu l'as désactivé avec ton nez.
(parle du nez, rire jaune ) _ AH AHA AH aie.
_ L'eau me semble bonne, remplissons nos gourdes avant d'explorer ce bâtiment.
_ Attention, y a de la magie de partout, je la sens, c'est un truc de fou.
( ED boit bruyamment et respire bruyamment parce qu'il peut plus respirer avec son nez )
_ Ca fait trop du bien, j'ai cru que j'allais m'assécher sur place.
_ En tout cas, tu nous as fait assez chier.
_ Bon, allez ! Séparons nous pour trouver les escaliers. On se retrouve ici dans un moment.
_ Pas la peine ! J'ai trouvé un truc, regardez sur le mur.
_ Appuyez ici.
_ Attention c'est peut-être un …
(Ding dong d'ascenseur)
_ Ed, la prochaine fois qu'on se retrouve dans un endroit inconnu, tu ne bouges pas, tu ne touches à rien et tu nous attends.
_ On dirait un placard. Il y a des miroirs sur les murs. Venez voir.
_ C'est vrai que ces bottes me vont bien.
_ Attention ! La porte !
(Porte d'ascenseur qui se ferme)
_ Oh non ! On est pris au piège !
_ Ca bouge !
(L'ascenseur se met en route, petite musique d'ascenseur bien pourrie pendant bien 20 secondes, sans que personne parle)
_ J'aime bien cette musique.
_ C'est reposant.
_ Ouais ben moi ça m'énerve et je voudrais bien sortir.
_ Je crois qu'on s'arrête. ( fin de la musique Ding dong)


_ Soldats ! Vous avez été mandatés par le roi pour m'aider à faire le ménage dans le château, je vous demanderais donc une grande rigueur dans la tâche qui vous est assignée.
_ Reine ! Oui, Reine !
_ Bien, Toi, toi et toi, prenez ces plumeaux. Je ne veux plus voir une seule toile d'araignée dans le château ni la moindre poussière. Vous deux ! Remplissez moi ces seaux d'eau chaude, vous me ferez les sols. Et toi, tu feras les toilettes. Rendez vous ce soir à 17 heures zero zero pour le débriefing. Si vous avez des questions, je serais dans la chambre de Tobal. Et j'en aurais bien pour la journée. Exécution !
_ Reine ! Oui, Reine !
( Une porte qui s'ouvre )
_ Bon, Ben y a du boulot. Je vais déjà vider tout le linge, voilà, de quoi occuper les lavandières. Oh mais comment il peut vivre là dedans ? Oh et puis ça colle en plus, manquerais plus que je trouves des parchemins pornographiques dans ses tiroirs. Ah, bah tiens, qu'est-ce que je disais ? A n'ouvrir sous aucun prétexte ! Comme si j'allais m'arrêter à ça ! Une grosse boite comme ça, je parie qu'elle est remplie de poussière ( gonds qui grincent ) Ah ? Non . Elle est vide, mais qu'est-ce que c'est que ce truc gélatineux ? Et ça bouge ! Aaaah ! Gardes ! Soldats ! Quelqu'un ! A l'aide !
_ Qu'y a-t-il ma reine ?
_ Là dedans, ça bouge, c'est visqueux, débarrassez m'en !
_ Bien, ma reine, ici, vous dites ? C'est vrai que c'est…On dirait du….AAAAAAHAAAAA.
_ Oh mon dieu ! ( le gars hurle en arrière plan ) Mais enlevez vous, vous voyez pas qu'il vous bouffe le bras ? Arrêtez ! Vous mettez du sang partout ! Faites comme moi, fuyez. ( pas qui courent )
_ Que se passe-t-il ? Qui vous poursuit ?
_ Allez aider votre collègue ! Il est en train de se faire dévorer par un truc. C'est horrible et ça en met partout. Dépêchez-vous, je vais chercher le roi !

_ Sir, sir !
_ Qu'y a-t-il, Rosemonde ? Quelque chose ne va pas ?
_ En bas….les soldats….la chambre….plumeau…linge sale….
_ Attends, respire, fais une phrase, mets y des verbes et ça va bien se passer.
_ Les gardes se font dévorer dans la chambre de Tobal ( en un souffle )
_ Dans la chambre de ? Le blob ! Oh non ! Mais pourquoi t'es allée dans la chambre de Tobal ? C'est pas vrai !
_ Ménage….Boite…parchemins pornos…
_ Ouais bon, ça va, laisse tomber. Attrape tout ce que tu peux, il faut qu'on s'en aille, je vais chercher les soldats qui restent pour qu'ils vident le château. Oh, c'est pas vrai !
_ Stelle… ? Où est-elle ?
_ Sortie…Rejoins moi dans la grande cour dans cinq minutes et ne descends au sous sol sous aucun prétexte. S'il est sorti de sa boîte, il va pas tarder à grossir. Il faut fuir au plus vite, allez, allez !


_ Ohé, les gens ! C'est l'heure du sermon, woho !
_ Longue vie à dieu !
_ Ouais. Bon, ce soir, je répondrais à toutes les questions que vous vous posez sur Dieu, qui a une question ?
_ Moi ! Moi !
_ Oui, vas-y, quelle est ta question ?
_ Je voulais savoir pourquoi Dieu m'en veut.
_ Qu'est ce qui te fait dire ça ?
_ Ben, il y a deux ans, ma femme meurt d'une maladie inconnue. Six mois après, ma fille ainée s'est coincé le bras dans une roue de charrette ça l'a arraché, deux mois plus tard mon unique fils se prend une meule de foin sur le coin de la figure ce qui le paralyse et il y a deux jours, ma fille ainée n'arrive pas à retenir le fauteuil roulant de mon fils dans les escaliers à cause qu'elle a qu'un bras, et la cadette se retrouve écrasée contre le mur.
_ hmm, d'accord, dieu est mécontent de toi, tu as dû ignorer ses signes et avoir des mauvaises pensées.
_ Ah bon ! Parce que je me disais quand même, je me sens mieux maintenant.
_ Ce n'est pas vrai !
_ Qui oses douter de la parole du prophète ?
_ C'est moi ! Dieu n'existe pas !
_ Dame Stelle ?
_ Je suis Bouddha assis !
_ Mais si voyons, dieu existe ! Ne faites pas l'enfant !
_ C'est une invention du roi pour vous manipuler ! Vous ne devez croire qu'en vous la véritable force est à l'intérieur de vous.
_ Dame stelle ? Taisez vous, maintenant, si votre père l'apprend, il va pas être content !

(de loin ) _ Le roi arrive, le roi arrive !
_ Ah voilà ! Vous allez voir ce que vous allez prendre.
_ Je ne laisserais pas le peuple être manipulé ainsi.
_ Messire, vous arrivez juste à temps, votre fille aurait bien besoin de…
( en passant au galop ) _ Fuyez ! Fuyez tous ! Le Blob est en liberté ! Fuyez ! Fuyez !
_ Oh ! Putain ! Attendez moi !


_ Bonjour et bienvenue sur Terre, je suis Sabrimantha, votre hôtesse pendant votre séjour.
_ Qui êtes-vous ?
_ Je suis Sabrimantha, votre hôt…
_ Oui bon pardon, où sommes nous ?
_ Sur la Terre, vous venez d'emprunter un ascenseur tridimensionnel.
_ Un quoi ? Mais qu'est-ce qu'elle raconte ?
_ Laisses tomber, c'est de la magie. Vous dites que vous utilisez quel encenseur ?
_ Ascenseur ! Bon je crois qu'il y a du boulot.
_ Où sommes nous ?
_ Je vous réponds mais vous me laissez finir d'accord ?
( tous disent d'accord )
_ Bien, vous êtes dans un autre monde, mon rôle est de vous faire découvrir ce monde et si vous êtes prêts, vous pourrez même aller vous promener.
_ Qu'est-ce qu'on fait ?
_ Je vous laisse réfléchir car comme dit Jenifer : ( passage de la chanson )DONNE MOI LE TEMPS
Donne-moi le temps
D'apprendre ce qu'il faut apprendre
Donne-moi le temps
D'avancer comme je le ressens

_ Qu'est-ce que c'était ? D'où ça vient ?
_ Ah ça, c'est la meilleure artiste de notre monde et probablement des autres aussi, Jenifer, ses textes d'une infinie sagesse et sa voix mélodieuse accompagnent nombre d'esprits éclairés dans leur quête spirituelle. Venez, je vais vous montrer. ( des bruits de pas qui s'éloignent )
_ Je crois qu'il faut qu'on parte.
_ Attends Misme, on vient d'arriver.
_ MAINTENANT
Et un jour un matin
plus rien comme avant
Rien est impossible à ceux
Qui prennent la vie qu'on leur tend
A chacun son chemin
Et pourtant,
Tout est en nous si on veut
Vivre nos envies maintenant, maintenant
_ Non, là je pense qu'il faudrait qu'on parte.
_ Apparemment il y a tout un monde à découvrir, on peut pas partir comme ça
_ SUIS TON DESTIN
Suis ton destin
Oublie les autres
Ne fais pas comme eux hoho
Suis ton destin
Oublie les autres
Ne fais pas comme eux hoho
Suis ton destin
_ Dites-lui d'arrêter, je vais faire une crise, je vais faire une crise.
_ Mais non ce n'est rien, viens avec nous
_ VIENS ME VOIR
Je marcherai avec toi
Aussi loin que tu voudras
Je suivrai tes pas
Je marcherai avec toi
Aussi loin que tu voudras
Je suivrai tes pas
_ AAAAH, arrêtez votre truccccceuh.
_ Calme toi, Misme, on va y aller tous ensemble et ça va bien se passer
_ ENTRE HUMAINS
Il suffirait d'un rien
Ou d'un lien
Pour devenir
Indivisible entre nous
Il suffirait d'un rien
Entre humains
Pour être plus fort que tout
_ Je peux pas, je peux pas.
_ ( de loin ) Bon, vous venez ?
_ Non, écoutez, on va vous laisser, elle ne se sent pas bien, on reviendra plus tard.
_ Ose
Venir à bout
De tes tabous
De pacotilles
Ouvre les yeux
Sur nous et n'aie pas peur
_ AAAH, Y a pas moyen, il faut qu'on se tire de là ! AAH.
_ Ed, appuies sur le bouton, vite.
_ Attendez, aieuh, elle m'a mordu !
_ Vas-y je la tiens !
_ Bon bah, au revoir alors, revenez vite !
_ On va essayer. Au revoir !
( Musique d'ascenseur )


_ Sir, les villageois sont inquiets, ils veulent savoir où nous allons.
_ Je ne sais pas, Tobal, que peux-tu me dire sur le blob ?
_ La situation est grave, je ne pense pas que nous puissions l'empêcher de grossir, il va finir par envahir tout le pays.
_ On ne peut pas l'arrêter d'une manière ou d'une autre ?
_ Pas que je sache.
_ Alors notre seul espoir est de retrouver le chevalier Habbott, lui seul pourra nous aider. Après tout, il a déjà occis plusieurs dragons.
_ Qu'est-ce que je dis aux villageois ?
_ Que dieu nous a dit que le salut nous attend sur la montagne en fusion. Pour le reste, on verra plus tard.
_ Y a plus qu'à espérer que l'autre folle n'est pas dans les parages.

Fin de la deuxième partie ( et fin tout court peut-être )