samedi 8 décembre 2012

Impressions



Les arbres du parc avaient revêtu leur parure d’automne, malgré les températures dignes d’un mois de septembre. Les allées étaient bondées de Joggers, Roller skateurs, cyclistes et couples divers venus profiter de cette étendue de verdure au milieu de la ville.
Il longea le bord du lac, les yeux fixés sur une mouette qui se chamaillait avec une corneille, se demandant ce qu’on pouvait ressentir en volant.
Après quelques minutes de marche paisible, il s’assit sur le banc, à côté d’elle, comme chaque jour à cette heure-ci.

_Bonjour. De quoi veux-tu parler aujourd’hui ?

Chacune de leurs conversations commençait par cette phrase.

_Bonjour. J’ai réfléchi ce matin, et je crois que j’ai fini par l’accepter.
_Accepter quoi ?
_ Le fait que personne ne me connaitra jamais vraiment. Personne ne saura jamais qui je suis.
_Tu connais des gens pourtant, tu as bien des amis ?
_ Oui. Mais ils ne connaissent qu’une image de moi, un mélange d’expériences et d’impressions… C’est faux. Ce n’est pas moi…
_Et que veux-tu de plus ?
_ Qu’ils me laissent ma liberté d’être., ma liberté de changer…Dès que je rencontre quelqu’un, avant même de lui parler, je dois déjà surmonter une barrière de pré-jugés. C’est comme s’ils essayaient de peindre un tableau qui me représente dans leur tête. Ils sélectionnent un canevas type, par exemple, homme blanc qui porte un jean et des baskets et tentent de faire entrer tout ce qui se passe ensuite dans cette image de base.
Les femmes dessineront les hommes en se basant sur leur expérience, si elle a été positive, j’aurais une image positive, sinon je devrais me battre mon montrer qui je suis, et chacune de mes actions pourront être interprétées de manière négative…
Si je trébuche en approchant, je serais quelqu’un de maladroit. Jusqu’à ce que je prouve le contraire.
_ Et ça t’embête ?
_ Oui, enfin ça m’embêtait…J’avais l’impression de lutter sans arrêt contre ces images…Les gens s’attendent à ce qu’on se comporte en accord avec  leurs concepts…L’image de l’homme civilisé…L’image du petit ami…L’image de moi tel qu’ils m’imaginent…Tellement d’attentes, de contraintes…De déceptions et de rancune lorsqu’elles se retrouvent sans réponse. Devoir se justifier sans arrêt pour rassurer l’autre, pour lui prouver que son image n’était pas si fausse finalement…L’aider à en construire une autre…
_Ça m’a l’air….fatigant…
_Oui, le pire est que beaucoup de gens préfèrent essayer de te faire entrer dans l’image plutôt que d’ajuster l’impression par rapport à la réalité…Tellement de jugement…
_ Et tu as réussi à te libérer de ça ?
_ Pas encore, non. Mais j’ai arrêté de chercher quelqu’un qui me comprenne. Je ne réponds plus aux attentes, je les laisse voir ce qu’ils veulent en moi sans essayer de corriger leurs impressions fausses…Impression…c’est exactement ça…comme une photo prise à un instant T, rangée dans un dossier…Je suis plus qu’un simple tas de photos… Je ne lutte plus pour faire bonne impression…
_ Je sais…

Un courant d’air imperceptible décroche une feuille de platane jaunie qui entame une lente descente vers le sol. Le clapotis des vagues sur le bord du quai retentit doucement, en un rythme irrégulier ponctué par le cri des mouettes. Une petite fille pédale de toutes ses forces sur son vélo à roulettes pour suivre son père qui semble l’avoir oubliée pour quelques instants.

_ Je ne te juge pas moi, tu sais ? Reprend-elle.
_ Oui je sais… Mais chaque personne qui est passée depuis le début de notre conversation m’a jugé et s’est fait une image de moi…d’une manière ou d’une autre…
_ C’est possible… Est-ce que tu peux vraiment leur en vouloir ? Ca fait plus d’une demi-heure que tu discutes avec une statue en bronze…

dimanche 16 septembre 2012

Bienvenue dans mon palais



Gilles arpentait tranquillement son palais de mémoire. Pour l’occasion, il avait choisi la maison de ses beaux parents, suffisamment grande pour contenir les images correspondant à au moins 2 paquets de 52 cartes.
Cette technique de mémorisation lui était maintenant naturelle. Le plus difficile avait été de choisir les images correspondant à chaque carte…Barry White chantant dans un micro pour le roi de Cœur…Mère Thérèsa distribuant de la nourriture pour la Reine de Cœur…Patrick Poivre D’Arvor lavant des cerveaux pour le roi de pique…etc… Le tout était de choisir des images suffisamment chargées émotionnellement pour qu’elles restent collées à l’intérieur, il fallait imaginer des détails…des couleurs…des sensations.
Les images à connotation sexuelles fonctionnait toujours le mieux, de quoi créer quelques images inoubliables.
Il entra mentalement dans le salon de ses beaux parents et tomba justement sur Barry White lavant un arc en ciel…Roi de cœur/Roi de pique/5 de cœur. Les combinaisons formaient parfois des images si bizarres qu’il avait du mal à les imaginer sans détourner mentalement les yeux une ou deux fois…
C’était si simple et pourtant aucune école dans aucun pays n’enseignait cette méthode…Des dizaines de gens de par le monde parvenait à apprendre  20000 décimales de Pi ou retenir des volumes entiers de prose ou de poésie…Inutile certes mais que dire de ceux qui parvenaient à retenir les noms, prénoms et occupations de chaque personne dans une soirée ? Ou juste la liste des courses ? Ou leurs discours ?
Rien de tout cela n’était mentionné dans les salles de classe, on préférait assommer bêtement les enfants avec des tonnes d’informations inutiles en espérant que leur mémoire allait s’améliorer comme par magie…Idiots…
Il suffisait de lire un livre : La rhétorique à Hérennius…Tout y était décrit depuis des milliers d’années…
Gilles passa à la cuisine, Britney Spears ( nue, bien sûr ) faisait tourner au-dessus de sa tête un cheval…Reine de trèfle/10 de pique/3 de trèfle.
Plus que les toilettes et la chambre d’amis et le tour du palais serait terminé…
Un seul paquet de cartes à mémoriser. Un tour facile.
Gilles dit « As de pique » et le barman retourna la dernière carte qu’il tenait dans sa main, l’air ahuri.
_Voilà, je crois donc que notre marché était donc : des boissons gratuites pour moi toute la soirée ? Dit-il en souriant.
_C’est hallucinant, vous êtes un génie !
_Non, vous pouvez faire exactement la même chose si vous le désirez.
_Oh non, je pourrais jamais.
_D’accord, alors vous ne pourrez jamais.
Et voilà, c’était aussi simple que ça. Les gens s’empêchaient de faire tellement de choses, ç’aurait été triste si Gilles avait eu le temps de s’apitoyer sur leur sort.
Il commanda une bouteille de champagne et retourna s’asseoir avec ses amis qui applaudissaient bruyamment.

Si cette méthode vous intéresse, j'ai tout pompé sur un bouquin qui s'appelle "Moonwalking with Einstein"

dimanche 29 juillet 2012

Chasseur d'idées


Laissez-moi me présenter. Mon nom est Maxime. Je suis chasseur/ éleveur d’idées.
Vous êtes-vous déjà demandé d’où viennent les idées ? Pourquoi certaines personnes en ont plus que d’autres ?
Ce sont des gens comme moi. Des gens qui en avaient marre de tous ces vieux concepts, ces vieilles idées reçues, usées jusqu’à l’os.
Nous sommes des explorateurs, des aventuriers, à la recherche d’idées nouvelles, hors des pensées battues.
La plupart d’entre vous se laissent envahir par les idées des autres, pré digérées, convenues. Vous laissez la télévision, la radio, les traditions régurgiter ces notions ancestrales, éculées et remplir votre esprit, ne laissant plus aucun espace pour laisser évoluer les idées originales.
 Quant à nous, nous partons sans cesse à la recherche d’idées neuves, fouillant chaque recoin de notre esprit, extrapolant, théorisant, déconstruisant sans cesse. Nous combattons sans relâche les idées noires, les pensées obscures, nous creusant la tête pour atteindre notre objectif : l’idée lumineuse, brillante.
Celle-ci se présente généralement sous forme de graine, ne demandant qu’à germer. Toutes les idées ne grandiront pas de la même manière, il faut leur trouver un esprit fertile pour se développer, les renforcer, les tester en les bombardant sans cesse d’arguments contradictoires. Il faut les éprouver, les entraîner à subir les assauts de leurs détracteurs. 
Ainsi, si elle assez forte, si elle résiste à l’expérience, cette idée pourra devenir un moteur.
La sélection est extrêmement importante. Une mauvaise idée peut faire d’énormes dégâts. Tant de gens autour de nous sont déjà esclaves de leurs idées, leur obéissant aveuglément, sans avoir pris la peine de les vérifier.
Une fois que leur validité est confirmée, et si le moment est opportun, il ne nous reste plus qu’à la partager.
Tous les moyens sont bons. La peinture, la sculpture, le spectacle… Je suis moi-même spécialisé dans l’écriture.
Je fais le tour de mon idée, choisis mes mots, l’observe, la retourne, adopte différents points de vue. Dès que je suis certain de l’avoir bien cernée, alors je la pose sur le papier. Il est important d’utiliser des mots simples, clairs de manière à ce que l’administration de l’idée se déroule sans douleur.
Une fois partagée, elle ne m’appartient plus, n’est plus sous ma responsabilité.
C’est là que vous intervenez. Peut-être allez-vous l’intégrer, la faire vôtre pendant un moment , la laisser vous guider ou la laisser vous transformer. Peut-être allez-vous lui donner suite.
C’est à vous de voir. Voici donc l’idée que je vais vous demander d’entretenir, pendant quelques minutes, si vous avez le temps et cette idée me tient particulièrement à cœur, je vous serais donc reconnaissant d’en prendre soin, de la partager, de la faire vivre :
C’est vous qui choisissez quelles idées vous allez propager et quelles idées vous allez laisser s’éteindre. Merci  de prendre cette responsabilité au sérieux.

vendredi 4 mai 2012

Lettre à celui qui sait que les étrangers sont la source de beaucoup de ses problèmes.


Il y a toujours deux manières d’arriver à une idée :

1/ Elle peut venir de l’extérieur (médias, amis, etc ) et coller à notre expérience, notre manière de voir le monde ce qui va nous pousser à l’adopter. Elle semblera expliquer de manière cohérente la situation dans laquelle on se trouve.
Ce sont généralement des idées qui ne tiennent pas longtemps si elles ne sont pas constamment renforcées par notre environnement. Si la situation change, ou si les émotions/comportements qui nous ont fait accepter cette idée disparaissent, elle va juste se décrocher et mourir.
Par exemple, dans cette situation, tu éprouves des difficultés à mener la vie que tu souhaiterais, contexte économique difficile, tissu social qui se déchire, taux de chômage fort.
Il est important de trouver un moyen de sortir de cette situation. Ça fait peur, pas moyen de savoir où on va, de faire des projets. Une forte impression de se faire ballotter sans vraiment avoir aucun pouvoir sur rien.
Généralement, les gens vont se poser deux sortes de questions :
_De qui est-ce la faute ?
_Comment je vais m’en sortir ?
Si tu as décidé de te poser la première :
Imagine que tu sois dans une cour d’école. C’est ton anniversaire et il y a un gâteau pour toi. Lorsque tu l’apprends, tu cours chercher ton gâteau et tu ne trouves qu’une assiette vide avec quelques miettes dessus.
A côté, il y a un ami à toi qui se lèche les doigts. Tu lui demandes où est ton gâteau et il te répond :
_ C’est le petit nouveau là-bas qui te l’a pris.
Il pointe du doigt un petit gamin que tu ne connais pas et qui est en train de jouer avec un ballon, l’air de rien.
A partir de là, soit tu pètes la tronche à ton pote qui t’as menti, soit tu vas t’attaquer au gamin qui n’a rien demandé à personne. 
A toi de juger si tu préfères essayer de trouver le coupable toi-même ou risquer de punir un innocent.
Maintenant, remplace ton pote par le gouvernement (ou les banquiers), et le gamin par les étrangers.
Ce sont juste des gens comme toi et moi, qui essaient juste de faire leur vie et de s’en sortir comme ils peuvent, quand il y a soudain toute une partie de la population qui leur tombe dessus.
Tu sais ce que c’est. Tu vis la même chose parce que les gens ne comprennent pas pourquoi tu votes pour ton parti et te traite de raciste en parlant de toi avec mépris. Pour eux, tu es la cause des problèmes de la société. C’est pas rigolo, ça ?
Tu es leur gamin à eux.

2/L’idée vient de l’intérieur. Après plusieurs expériences, tu as réfléchi, compilé les informations et en suivant un raisonnement logique, tu es arrivé à une conclusion.
Ce sont généralement les idées les plus puissantes. Notre moteur intérieur. On est tous pareils, on est persuadés d’avoir raison, puisque l’idée est de nous.
Vu que cette idée vient de nous, on se doit de la partager. Elle ne vient pas de l’extérieur, donc elle n’est pas encore connue. Il faut la faire vivre, il faut en parler, il faut que les gens se rendent compte.
Et on va rencontrer des gens qui sont d’accord avec nous, d’autres qui ne le sont pas.
C’est rassurant de trainer avec les gens qui sont d’accord avec nous.
Ca demande du courage de discuter avec ceux qui ne le sont pas.
Remettre ses convictions en question, se rendre compte que l’on s’est trompé est quelque chose qui peut être extrêmement désagréable. Mais ça fait grandir.
Tu penses que les étrangers sont la source de tes problèmes.
Tu as donc probablement pu valider ta théorie avec de nombreuses preuves. Peut-être que tu t’es fait agresser par un étranger ou que c’est arrivé à plusieurs de tes connaissances. Qu’à chaque fois que tu croises un étranger, ça se passe mal.
Et ça te fait peur.
Une solution serait de faire comme pour les araignées, on les écrase et on les sort.
Le problème est qu’il y a beaucoup d’araignées, on ne peut pas toutes les exterminer. Elles se cachent dans la forêt, se reproduisent, pondent des œufs et tout.
Alors on se protège, on essaie de les empêcher de rentrer un maximum. Une de temps en temps ça va. C’est gérable.
Tu aimerais que l’on fasse pareil avec les étrangers.
Le problème est que l’on a pas que ça à foutre. Si pour chaque petite phobie, il fallait mobiliser toute la population pour éliminer la cause de la phobie, on aurait pas fini.
Le mieux serait que tu arrêtes d’avoir peur.
Tout le monde a peur de temps à autre, d’un truc ou d’un autre. Mais la plupart des gens apprennent à dominer leur peurs, à les dépasser.
Tu es grand maintenant, il est temps de t’y mettre. On a pas le temps de te choyer et de te protéger sans arrêt, il faut t’assumer, grandir, faire face à tes peurs.
Si quelqu’un t’emmerde, tu lui dit. Tu lui expliques ce qui va pas, tu lui fais face.
Si tu penses qu’il a besoin d’être éduqué, apprends lui, expliques lui mais reste pas dans ton coin à ruminer ta peur parce que ça c’est malsain. Et ça va se transformer en haine si c’est pas déjà fait.
Voilà, si ça se trouve, tu penses de manière totalement différente et tu as envie d’en discuter. Pas de problème, ça me fait plaisir, je vais pas te juger, on a tous nos problèmes et nos manières de voir le monde et il y en a aucune qui est meilleure que les autres.
T’as même sûrement plein de choses à m’apprendre.
Je finirais bien avec des trucs genre respect, tolérance, on est tous l’étranger de quelqu’un d’autre, mais ça, on l’a déjà entendu.
J’ai juste envie que les gens s’entendent bien et vivent ensemble correctement. J’aime pas passer mon temps à gérer des conflits.

samedi 21 avril 2012

Elections présidentielles ( thème de Xavier )


Dimanche 11h, Thoiry.
Robert attendait patiemment son tour dans la file de personnes postée devant l’école primaire. Il était prêt, fin prêt.
Petit dernier d’une famille comprenant cinq enfants, il n’était pas habitué à ce qu’on lui demande son avis sur quoi que ce soit. Aussi, lorsqu’une fois tous les cinq ans, l’ETAT lui demandait de participer à la prise de la décision qui allait définir le cours des cinq années suivantes, il prenait les choses très au sérieux.
Il avait minutieusement étudié l’état actuel de son pays, de la situation économique et géopolitique au budget du ministère des sports. Chaque candidat avait été examiné pour définir si leur programme, leur charisme, leur personnalité correspondaient à ce dont la France avait besoin.
A chaque élection, il prenait un congé sabbatique, abandonnant son poste d’expert comptable pendant six mois afin de se livrer à cet exercice. Il achetait les journaux étrangers, montait des tableaux comparatifs, lisait tous les avis d’experts, sans relâche, pour qu’au moment venu, il n’aie aucun doute sur la décision à prendre.
Et cette année, il voterait B.

Derrière lui, se trouvait Catherine.
Catherine avait reçu une éducation exemplaire. Ses parents lui avaient inculqué toutes les bonnes manières, le respect des traditions et l’amour du divin.
Pour elle, aucun doute. Elle voterait pour C, le seul candidat chrétien, qui avait promis de redonner son prestige à la principale religion française.

Puis venait Jacques.
Jacques était accompagné de sa femme et de ses beaux-parents. Tous allaient voter pour D. Sauf lui. Chaque dimanche, lors des repas de famille, il se devait d’acquiescer à toutes les déclarations grotesques d’ Yvon, son beau-père, le regard revenant régulièrement se fixer sur l’horloge, attendant que se terminent ses monologues critiquant la situation politique actuelle.
Plusieurs fois, il avait essayé, malgré les regards désapprobateurs de sa femme, de le contredire. Mais il était impossible de discuter, le repas dominical tournait inévitablement au festival d’insultes. Alors pour avoir la paix, Jacques faisait dorénavant semblant d’être d’accord.
Et même si son instinct lui dictait de voter pour D, il allait voter pour son pire adversaire. Seul, dans l’isoloir, il obtiendrait ainsi sa vengeance et pourrait savourer sa victoire, silencieusement, en glissant le bulletin contradictoire dans son enveloppe.
Derrière attendait Mélanie.
Mélanie était venue avec Carl, son copain. Il tenait absolument à voter pour soutenir son parti favori, et aider ainsi à débarrasser la France de tous ces étrangers qui leur volaient leurs emplois. Kevin voterait E. Mélanie, elle, voterait F, parce que E s’habillait vraiment trop mal et qu’elle ne voulait pas que son pays soit représenté par une personne qui soit fringuée comme un sac. Tandis qu’elle avait vu F dans un magnifique costume Armani en couverture de Paris Gala, et elle voterait pour celui qui avait le plus de classe.

Martin venait d’arriver avec son fils et poussa un soupir de découragement en apercevant la file interminable. Il avait bien l’intention d’apprendre à Maël comment accomplir son devoir de citoyen, lui expliquant que leurs ancêtres étaient morts en se battant pour obtenir le droit de vote, sans être tout à fait certain de la justesse historique de ces affirmations.
Il était même plus probable que ses ancêtres soient morts pour leur de rôle de collabo pendant la seconde guerre mais ça, il n’avait pas besoin de le savoir.
_ Papa, y a du monde, on peut revenir plus tard ?
_ Plus tard ce sera fermé.
_ Pourquoi ?
_Parce que ça ferme à 18h.
_ Ben on n’a qu’à revenir demain.
_Demain ce sera fini, on ne peut voter que le dimanche, une fois tous les 5 ans.
_Ah. C’est ça , être citoyen ?
_Ouais.