jeudi 27 avril 2017

Pourquoi je passe tout mon temps libre à développer Democracia.fr ?

Je suis obligé d'écrire un article parce que tout ce qui se passe en ce moment me frustre tellement que j'arrive plus à me concentrer...

En gros, on vit dans un système qui ne satisfait qu'une minorité des personnes qui vivent dedans.
On aimerait que les choses aillent mieux, on aimerait savoir quoi faire pour que ça aille mieux mais je pense qu'on est tous un peu perdus.

Déjà, il y a cette impression d'être trahis. On vote pour élire des gens et on s'attend à ce qu'ils règlent tous nos problèmes, qu'ils prennent les choses en main et qu'ils gèrent à notre place.

Ce qu'il faut savoir est que ces gens, pour la plupart, sont des gens comme nous, peu importe le parti, qui sont frustrés par la situation actuelle et qui font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils ont.

Je ne parle pas de ceux qui ont soif de pouvoir et qui veulent s'enrichir mais des conseillers municipaux, des maires et de toutes les personnes qui s'impliquent pour essayer de faire ce qu'ils peuvent au sein d'un système très contraignant.

Parce que ce qui fait en majeure partie que les problèmes à résoudre sont complexes, sont les limites imposées par le système dans lequel on vit.
Il est difficile de trouver des solutions, de trouver des fonds pour les mettre en place, de gérer toute la paperasse légale et de communiquer avec les personnes impactées.

Croyez-le ou non, il y a des tonnes de gens qui s'impliquent à tout un tas de niveaux, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de ce système et qui donnent beaucoup de leur temps.

Je me rend bien compte que ce n'est pas facile de consacrer du temps à tout ça, qu'on ne sait pas vraiment par où commencer et qu'on puisse se dire que voter une fois tous les 5 ans, c'est le minimum qu'on puisse faire. C'est la voie de moindre résistance, ça ne demande pas beaucoup d'efforts et ça permet de se dire qu'on a fait au moins ça.

Je sais que quand on a un travail, des enfants à élever, etc... ça devient extrêmement difficile de trouver du temps pour autre chose et que quand on en trouve, on préfère le passer à faire tomber la pression, à se détendre et à récupérer de l'énergie pour faire face à la prochaine semaine de boulot.

C'est mon avis mais je pense que les gens qui se résignent à voter "contre" le font pour essayer de faire tenir encore un peu ce système bringuebalant, qui n'est plus vraiment utile à grand monde mais qui permet d'éviter que le chaos envahisse leur vie personnelle.

Et pour ma part, je ne vais pas voter parce que j'ai trop de respect pour moi-même et pour la race humaine, je refuse de penser que c'est ça le mieux qu'on puisse faire. De me résigner à vivre dans un pays qui n'utilise pas son potentiel, qui gâche ses ressources, et qui tournent ses habitants les uns contre les autres.

C'est pour ça que je travaille sur Democracia. c'est un exutoire, c'est mon combat, c'est ma tentative pour relever un peu ce pays.

Le but est d'identifier les problèmes, de les prioriser, de trouver ensemble des solutions, d'évaluer leur pertinence et de les mettre en place.

J'ai envie de réconcilier les citoyens, le secteur public et le secteur privé pour qu'on fasse tomber les problèmes un par un, que chaque personne, enfant, parent, retraité, chômeur, entreprise puisse utiliser ses compétences et sa créativité pour les identifier, les qualifier et les résoudre.

On m'a dit que j'étais un idéaliste et c'est vrai. J'ai une vision de ce que je veux faire et je veux la concrétiser.

Je veux que chaque personne en France, même s'il n'a que 5 minutes par mois à y consacrer puisse participer à un niveau ou à autre, en notant des problèmes, en votant sur ce qui les impacte, en aidant à évaluer les solutions. Je veux que les entrepreneurs puissent travailler sur des projets qui vont améliorer le niveau de vie de la population et faire tourner leurs entreprises avec ça, et créer des emplois.

Je veux que ça soit simple de participer et même, pourquoi pas, amusant.

Je veux que les hommes politiques puissent communiquer sur les problèmes qu'ils essaient de résoudre et qu'ils se fassent aider de la population et des entreprises, qu'ils fassent évaluer leurs options et communiquent sur les solutions qu'ils sont en train de mettre en place ou qui sont déjà en place.

Je veux que, si un problème est résolu dans un coin de la France, ou du monde (pourquoi pas, je suis un idéaliste), on puisse identifier tous les problèmes similaires et proposer facilement et adapter la même solution.

Alors oui, c'est vrai, je ne vais pas voter. Mais je passe environ 30 à 40 heures par mois sur ce projet en plus de mon travail, parce que je crois plus à ce projet qu'à un bout de papier dans une urne. Je galère grave, à me demander comment designer/coder telle fonctionnalité, comment gérer la communication, quelle est la prochaine étape, est-ce que je vais y arriver, est-ce que je dois créer une boite ou mettre tout le code en open source, comment trouver des gens pour aider, est-ce que ça va marcher, etc... mais c'est le moment, ça en vaut la peine et s'il faut que je souffre un peu pour retrouver un peu d'unité dans ce pays, voire dans le monde ( oui, rêvons un peu) et faire avancer les choses, ça vaut le coup.

Parce que ça fait violemment mal au bide de voir que moins de 10% de la population totale sera satisfaite de l'issue des élections et que la population est morcelée, déchirée à cause de leur appartenance à des camps créés arbitrairement. On est en guerre les uns contre les autres et j'ai pas l'impression que vous vous en rendiez compte...


samedi 15 avril 2017

Mon interpretation de la Voie du milieu

Y a des trucs comme ça qui sortent pendant la méditation mais là c'est un peu trop long pour un statut Facebook.

Je vais essayer d'expliquer ma compréhension actuelle de la Voie du milieu. Actuelle, parce qu'il y a plusieurs manières de comprendre les choses, suivant le point de vue.

Par exemple, j'ai regardé ce film 6 ou 7 fois à différentes périodes de ma vie et j'ai l'impression d'en voir un différent à chaque fois :


Qu'on le veuille ou non, on fait tous partie de différents systèmes : le système solaire, une société, l'écosystème, etc...

Tous ces systèmes interagissent entre eux, et les éléments qui composent chacun de ces systèmes bougent, s'organisent, se désorganisent... en fonction des forces internes et externes qui agissent sur et à l'intérieur d'eux.

Par exemple, si on nage dans l'océan, on va être ballotté par les vagues, en fonction des marées, influencées par la lune...etc...

Lutter contre les vagues demande de l'énergie, il est beaucoup plus simple de se laisser porter par le courant, et quoiqu'il arrive, on n'arrêtera pas les vagues.

Si on se laisse flotter, porter, on atteint un point où l'énergie utilisée est quasi nulle. Et si vous avez déjà pratiqué les cabines de flottaison, vous verrez exactement ce que je veux dire.

http://www.guidepiscines.fr/articles/les-cabines-de-flottaison-une-experience-unique

Ca c'est pour l'extérieur. Mais nous sommes également un système, avec des lois qui nous régissent, des forces qui nous parcourent, soumis à différentes tensions. Chaque expiration et chaque inspiration est un mouvement entre 2 extrêmes : poumons vides et poumons pleins.

Le problème est qu'intérieurement, on lutte contre les vagues constamment, à tout un tas de niveaux.

Si on lâche un caillou depuis une certaine hauteur, la gravité va l'amener jusqu'au sol et il va s'arrêter là s'il n'y a pas d'autre force pour le faire bouger et si le sol est de niveau.

Le caillou ne va pas se mettre à hurler, à bouger ses petits bras et essayer de lutter contre cette situation. Il ne va pas consommer d'énergie pour fuir l'inévitable.

Pour moi, nous sommes constamment entre 2 forces, et il y a un point où ces 2 forces s'annulent, un équilibre où les forces de chaque côté ont exactement le même effet.

Et à l'intérieur c'est pareil, que ce soit au niveau musculaire, émotionnel, mental, etc..

Par exemple, si nous ressentons de la douleur, nous allons essayer de nager contre ce courant pour retourner vers le plaisir. Mais c'est juste que la force "Douleur" est plus forte, se fait ressentir plus violemment. C'est un peu contre-intuitif mais j'ai l'impression que la douleur nous pousse vers le plaisir et le plaisir vers la douleur. Si on essaie de forcer trop en direction du plaisir, alors la force "douleur" n'utilise pas d'énergie et le plaisir s'affaiblit, et nous aussi. Si on laisse la douleur nous pousser, elle va se faire sentir un moment plus intensément, puis l'équilibre va se rétablir.

C'est un concept un peu similaire pour les émotions, si on fuit la colère, la tristesse etc..., on crée une tension, on dépense de l'énergie constamment.
Pareil au niveau musculaire, certains muscles de notre corps sont en tension constante à cause d'un traumatisme ou d'un autre, et dépensent de l'énergie. Et on ne s'en rend même plus compte.

Je pense qu'un excellent moyen d'économiser de l'énergie est de se débarrasser de ces points de tensions, de les identifier et de se laisser aller, porter par le courant pour atteindre le point d'équilibre où les 2 forces opposées s'annulent.

Et ce n'est pas juste à 2 dimensions mais à plusieurs avec des tonnes d'axes équilibrés ou non. A chaque fois qu'on équilibre un point, on économise de l'énergie et on peut l'utiliser sur autre chose.

Et petit à petit, on atteint différents niveaux d'équilibre, qui libèrent différentes choses :

via GIPHY

Pour moi, la Voie du milieu, c'est ça. Trouver ce point ultime où toutes les forces sont en équilibre et ne pas pousser dans un sens ou dans l'autre.
C'est là qu'est toute la difficulté : dès qu'on essaie d'atteindre ça, on nage, on crée une tension et on s'en éloigne.
Il faut accepter la chute, comme le caillou, pour dépasser ce qu'on est, devenir un système parfaitement équilibré et générer quelque chose de plus.