jeudi 27 avril 2017

Pourquoi je passe tout mon temps libre à développer Democracia.fr ?

Je suis obligé d'écrire un article parce que tout ce qui se passe en ce moment me frustre tellement que j'arrive plus à me concentrer...

En gros, on vit dans un système qui ne satisfait qu'une minorité des personnes qui vivent dedans.
On aimerait que les choses aillent mieux, on aimerait savoir quoi faire pour que ça aille mieux mais je pense qu'on est tous un peu perdus.

Déjà, il y a cette impression d'être trahis. On vote pour élire des gens et on s'attend à ce qu'ils règlent tous nos problèmes, qu'ils prennent les choses en main et qu'ils gèrent à notre place.

Ce qu'il faut savoir est que ces gens, pour la plupart, sont des gens comme nous, peu importe le parti, qui sont frustrés par la situation actuelle et qui font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils ont.

Je ne parle pas de ceux qui ont soif de pouvoir et qui veulent s'enrichir mais des conseillers municipaux, des maires et de toutes les personnes qui s'impliquent pour essayer de faire ce qu'ils peuvent au sein d'un système très contraignant.

Parce que ce qui fait en majeure partie que les problèmes à résoudre sont complexes, sont les limites imposées par le système dans lequel on vit.
Il est difficile de trouver des solutions, de trouver des fonds pour les mettre en place, de gérer toute la paperasse légale et de communiquer avec les personnes impactées.

Croyez-le ou non, il y a des tonnes de gens qui s'impliquent à tout un tas de niveaux, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de ce système et qui donnent beaucoup de leur temps.

Je me rend bien compte que ce n'est pas facile de consacrer du temps à tout ça, qu'on ne sait pas vraiment par où commencer et qu'on puisse se dire que voter une fois tous les 5 ans, c'est le minimum qu'on puisse faire. C'est la voie de moindre résistance, ça ne demande pas beaucoup d'efforts et ça permet de se dire qu'on a fait au moins ça.

Je sais que quand on a un travail, des enfants à élever, etc... ça devient extrêmement difficile de trouver du temps pour autre chose et que quand on en trouve, on préfère le passer à faire tomber la pression, à se détendre et à récupérer de l'énergie pour faire face à la prochaine semaine de boulot.

C'est mon avis mais je pense que les gens qui se résignent à voter "contre" le font pour essayer de faire tenir encore un peu ce système bringuebalant, qui n'est plus vraiment utile à grand monde mais qui permet d'éviter que le chaos envahisse leur vie personnelle.

Et pour ma part, je ne vais pas voter parce que j'ai trop de respect pour moi-même et pour la race humaine, je refuse de penser que c'est ça le mieux qu'on puisse faire. De me résigner à vivre dans un pays qui n'utilise pas son potentiel, qui gâche ses ressources, et qui tournent ses habitants les uns contre les autres.

C'est pour ça que je travaille sur Democracia. c'est un exutoire, c'est mon combat, c'est ma tentative pour relever un peu ce pays.

Le but est d'identifier les problèmes, de les prioriser, de trouver ensemble des solutions, d'évaluer leur pertinence et de les mettre en place.

J'ai envie de réconcilier les citoyens, le secteur public et le secteur privé pour qu'on fasse tomber les problèmes un par un, que chaque personne, enfant, parent, retraité, chômeur, entreprise puisse utiliser ses compétences et sa créativité pour les identifier, les qualifier et les résoudre.

On m'a dit que j'étais un idéaliste et c'est vrai. J'ai une vision de ce que je veux faire et je veux la concrétiser.

Je veux que chaque personne en France, même s'il n'a que 5 minutes par mois à y consacrer puisse participer à un niveau ou à autre, en notant des problèmes, en votant sur ce qui les impacte, en aidant à évaluer les solutions. Je veux que les entrepreneurs puissent travailler sur des projets qui vont améliorer le niveau de vie de la population et faire tourner leurs entreprises avec ça, et créer des emplois.

Je veux que ça soit simple de participer et même, pourquoi pas, amusant.

Je veux que les hommes politiques puissent communiquer sur les problèmes qu'ils essaient de résoudre et qu'ils se fassent aider de la population et des entreprises, qu'ils fassent évaluer leurs options et communiquent sur les solutions qu'ils sont en train de mettre en place ou qui sont déjà en place.

Je veux que, si un problème est résolu dans un coin de la France, ou du monde (pourquoi pas, je suis un idéaliste), on puisse identifier tous les problèmes similaires et proposer facilement et adapter la même solution.

Alors oui, c'est vrai, je ne vais pas voter. Mais je passe environ 30 à 40 heures par mois sur ce projet en plus de mon travail, parce que je crois plus à ce projet qu'à un bout de papier dans une urne. Je galère grave, à me demander comment designer/coder telle fonctionnalité, comment gérer la communication, quelle est la prochaine étape, est-ce que je vais y arriver, est-ce que je dois créer une boite ou mettre tout le code en open source, comment trouver des gens pour aider, est-ce que ça va marcher, etc... mais c'est le moment, ça en vaut la peine et s'il faut que je souffre un peu pour retrouver un peu d'unité dans ce pays, voire dans le monde ( oui, rêvons un peu) et faire avancer les choses, ça vaut le coup.

Parce que ça fait violemment mal au bide de voir que moins de 10% de la population totale sera satisfaite de l'issue des élections et que la population est morcelée, déchirée à cause de leur appartenance à des camps créés arbitrairement. On est en guerre les uns contre les autres et j'ai pas l'impression que vous vous en rendiez compte...


samedi 15 avril 2017

Mon interpretation de la Voie du milieu

Y a des trucs comme ça qui sortent pendant la méditation mais là c'est un peu trop long pour un statut Facebook.

Je vais essayer d'expliquer ma compréhension actuelle de la Voie du milieu. Actuelle, parce qu'il y a plusieurs manières de comprendre les choses, suivant le point de vue.

Par exemple, j'ai regardé ce film 6 ou 7 fois à différentes périodes de ma vie et j'ai l'impression d'en voir un différent à chaque fois :


Qu'on le veuille ou non, on fait tous partie de différents systèmes : le système solaire, une société, l'écosystème, etc...

Tous ces systèmes interagissent entre eux, et les éléments qui composent chacun de ces systèmes bougent, s'organisent, se désorganisent... en fonction des forces internes et externes qui agissent sur et à l'intérieur d'eux.

Par exemple, si on nage dans l'océan, on va être ballotté par les vagues, en fonction des marées, influencées par la lune...etc...

Lutter contre les vagues demande de l'énergie, il est beaucoup plus simple de se laisser porter par le courant, et quoiqu'il arrive, on n'arrêtera pas les vagues.

Si on se laisse flotter, porter, on atteint un point où l'énergie utilisée est quasi nulle. Et si vous avez déjà pratiqué les cabines de flottaison, vous verrez exactement ce que je veux dire.

http://www.guidepiscines.fr/articles/les-cabines-de-flottaison-une-experience-unique

Ca c'est pour l'extérieur. Mais nous sommes également un système, avec des lois qui nous régissent, des forces qui nous parcourent, soumis à différentes tensions. Chaque expiration et chaque inspiration est un mouvement entre 2 extrêmes : poumons vides et poumons pleins.

Le problème est qu'intérieurement, on lutte contre les vagues constamment, à tout un tas de niveaux.

Si on lâche un caillou depuis une certaine hauteur, la gravité va l'amener jusqu'au sol et il va s'arrêter là s'il n'y a pas d'autre force pour le faire bouger et si le sol est de niveau.

Le caillou ne va pas se mettre à hurler, à bouger ses petits bras et essayer de lutter contre cette situation. Il ne va pas consommer d'énergie pour fuir l'inévitable.

Pour moi, nous sommes constamment entre 2 forces, et il y a un point où ces 2 forces s'annulent, un équilibre où les forces de chaque côté ont exactement le même effet.

Et à l'intérieur c'est pareil, que ce soit au niveau musculaire, émotionnel, mental, etc..

Par exemple, si nous ressentons de la douleur, nous allons essayer de nager contre ce courant pour retourner vers le plaisir. Mais c'est juste que la force "Douleur" est plus forte, se fait ressentir plus violemment. C'est un peu contre-intuitif mais j'ai l'impression que la douleur nous pousse vers le plaisir et le plaisir vers la douleur. Si on essaie de forcer trop en direction du plaisir, alors la force "douleur" n'utilise pas d'énergie et le plaisir s'affaiblit, et nous aussi. Si on laisse la douleur nous pousser, elle va se faire sentir un moment plus intensément, puis l'équilibre va se rétablir.

C'est un concept un peu similaire pour les émotions, si on fuit la colère, la tristesse etc..., on crée une tension, on dépense de l'énergie constamment.
Pareil au niveau musculaire, certains muscles de notre corps sont en tension constante à cause d'un traumatisme ou d'un autre, et dépensent de l'énergie. Et on ne s'en rend même plus compte.

Je pense qu'un excellent moyen d'économiser de l'énergie est de se débarrasser de ces points de tensions, de les identifier et de se laisser aller, porter par le courant pour atteindre le point d'équilibre où les 2 forces opposées s'annulent.

Et ce n'est pas juste à 2 dimensions mais à plusieurs avec des tonnes d'axes équilibrés ou non. A chaque fois qu'on équilibre un point, on économise de l'énergie et on peut l'utiliser sur autre chose.

Et petit à petit, on atteint différents niveaux d'équilibre, qui libèrent différentes choses :

via GIPHY

Pour moi, la Voie du milieu, c'est ça. Trouver ce point ultime où toutes les forces sont en équilibre et ne pas pousser dans un sens ou dans l'autre.
C'est là qu'est toute la difficulté : dès qu'on essaie d'atteindre ça, on nage, on crée une tension et on s'en éloigne.
Il faut accepter la chute, comme le caillou, pour dépasser ce qu'on est, devenir un système parfaitement équilibré et générer quelque chose de plus.




samedi 22 octobre 2016

Ma bite et moi


Bon je vais pas essayer de devancer toutes les questions et les interrogations et tout, mais je voudrais quand même expliquer quelques trucs.

Pourquoi ce titre ?

Parce que ça me fait rire. Parce que le mot bite est un mot tout puissant qui permet de faire arrêter une conversation en plein milieu et repartir sur autre chose. Essayez de hurler Bite dans un repas de famille, vous verrez.

Pourquoi ce texte ?

Il y a plusieurs raisons :

_La sexualité et la manière dont on la vit est généralement absente des conversations ( en tout cas des miennes )
_Y a eu pas mal de moments dans ma vie auxquels je repense avec un peu ( voire beaucoup ) de honte et quoi de mieux que de poser tout ça à l’écrit et de le mettre à la vue de tout le monde pour faire disparaître la honte.
_Je sais qu’on vit tous les mêmes expériences à peu de choses près, qu’on a tous eu les mêmes questions à un moment ou à un autre et le fait de les partager ne peut pas faire de mal.
_Y a un espèce de concept d’intimité/ vie intime qui a été inventé à un moment et j’ai l’impression que si je ne garde rien de secret, rien d’intime alors je vais disparaître, devenir transparent, que mon moi sera à tout le monde, que ma personnalité ne m’appartiendra plus. Du coup, le seul moyen de vérifier, c’est d’essayer, parce que je suis curieux. Les couches de l’oignon, tout ça , tout ça...

Pourquoi pourquoi ?

Parce que.

Avant de commencer, je vais devoir décrire 2 forces qui cohabitent en moi, pas nécessairement opposés mais différentes.

L’animal : C’est le côté physique, ce besoin , cette envie, cette énergie qui monte du bas ventre et pousse à la recherche de sensations, de plaisir. Elle me fait penser à un raz de marée, une énergie brute difficile à contrôler qui ne demande qu’à être satisfaite, qu’à ressentir les choses.

L’humain : C’est le côté émotionnel, qui recherche plutôt le relationnel, le partage, l’expérience commune, la validation aussi un peu, l’amour.

Je mettrais bien aussi une 3eme force pour représenter la réflexion, le recul sur soi-même etc… mais on est pas dans Star wars non plus.

Alors oui je sais, il y a des philosophes/thérapeutes/écrivains qui ont déjà décrits ces forces avec d’autres mots plus ou moins compliqués avec plus ou moins de détails. Mais j’ai jamais lu leurs bouquins et ils en ont pas fait de film donc je fais avec ce que j’ai.

Normalement, je devrais arriver à raconter tout ça sans incriminer personne. Il y a des chances que vous appreniez des choses sur moi que vous avez pas envie de savoir donc c’est encore le moment d’arrêter de lire.

Commençons.

Je ne vais pas débuter à l’enfance , ça sera pour plus tard.

En gros, je n’ai pas vraiment eu d’éducation sexuelle. Rien à la maison et j’avais un peu honte d’avouer mon ignorance auprès de mes potes donc je prêtais une attention toute particulière aux conversations sur le sujet tout en esquivant les questions un peu personnelles.

Je me disait qu’avec le temps, juste en écoutant correctement et en recoupant les infos, j’allais bien finir par avoir une vision d’ensemble.

Quelques chiffres :

_J’ai perdu/donné/offert/abandonné ma virginité à l’âge de 18 ans donc bien après mon premier pétard.
_Jusqu'à maintenant, je n’ai pas couché avec plus de 10-15 femmes.
_Ma relation la plus longue a été d’à peu près 8 mois.

Vous allez me dire, 19 ans c’est un peu tard, normalement c’est 12 ans, tout ça, mais je n’ai pas fait de catéchisme alors j’ai pris un peu de retard.

Et aussi, vu que je n’avais absolument aucune référence, pour moi, c’était les films, les livres et la télé qui m’ont aidé à construire l’image des relations que je pouvais attendre avec une femme.

Je suis tombé amoureux quelques fois sans que ça soit réciproque ( où le fait de faire glisser une petite lettre d’amour en cours n’a pas suffit ) et je suis sorti avec quelques filles sans que ça aille jamais bien loin, soit parce que ça me semblait pas être la bonne, soit parce que je me faisait tellement chier que je préfèrais arrêter.

J’ai aussi eu 2 ou 3 occasions où j’ai juste fuit parce que les potentielles candidates n’en étaient manifestement pas à leur première fois ( ni même à leur première fois de la semaine ) et que ça collait pas avec mon idée romantique du truc genre expérience partagée et privilégiée.

Et puis, vers 17 ans, après un séjour au Canada, je me suis dit qu’il était trop tard pour apprendre la guitare, que les autres avaient déjà des années d’avance sur moi et que ça se maitrisait pas du jour au lendemain.

Et je me suis dit que si le sexe était pareil, j’allais jouer du PierPoljak toute ma vie et Satriani serait à jamais hors de portée.

Donc en revenant en France, j’ai abandonné mon idée de grand amour et de femme de ma vie et ai concentré mon énergie sur baiser. En gros, j’ai fait taire l’humain, et privilégié l’animal.

Pour ceux ou celles qui ne sauraient pas ce que c’est d’être un homme, quand on lance le mode animal, on se met en chasse.
Ca devient un jeu. Le but du jeu : Mettre une femme dans son lit.
Tous les moyens sont bons. J’étais un peu novice donc ça a pris un moment et ça a été un travail de longue haleine.

Mais à force de lui dire tout ce qu’elle voulait entendre et d’utiliser tous les outils que j’avais à ma disposition, j’ai fini par en trouver une qui n’était pas trop regardante et qui a daigné m’offrir son corps.

J’ai dit des trucs que je pensais pas , et mis beaucoup d’énergie dans l’histoire mais ai enfin pu arriver à ce fameux moment : La première fois.

Elle était beaucoup plus expérimentée que moi , j’étais très nerveux et avait une très  vague idée de ce qu’il fallait faire et malgré tous mes efforts, je restais mou.

C’est à ce moment-là, où je commençais à désespérer d’arriver à quelque chose, qu’elle a eu cette phrase magnifique, détruisant en un instant les derniers vestiges de romantisme de la situation :

_Tu veux que je te suces ?

Là j’ai compris que la réalité se situait quelque part entre les films d’amour et un bon vieux porno. J’ai poliment refusé, essayant tant bien que mal de sauvegarder un peu de la magie et de la pureté de  l’histoire et ai fini par réussir à accomplir l’acte pendant environ 12 secondes.

Là je me suis senti à la fois content d’en avoir fini avec ça, d’avoir enfin dépassé ce stade et ridicule de fournir une performance aussi médiocre.

Elle a joué le jeu, m’a dit que c’était pas grave, que c’était normal la première fois, que c’était pas la première fois que c’était la première fois pour elle et que ça allait prendre un peu de temps.

Contraints par le temps, on a pas recommencé tout de suite et la fois suivante, plusieurs jours plus tard, ça a été pareil. 12 secondes et paf. Et la fois d’après.

Et puis un jour elle a arrêté de répondre au téléphone, elle était plus dispo, c’était mieux qu’on arrête, tout ça, tout ça.

Donc je suis resté là dessus.

Et ça a continué avec plusieurs femmes par la suite, jusqu’à ce que je me dise que j’avais un problème.

Il faut savoir que l’éjaculation précoce est une expérience extrêmement désagréable : c’est un mélange de honte, de déception et de “je suis vraiment une merde” et la réaction de la partenaire va être extrêmement importante.
Généralement, on essaie de devancer un peu le truc avec des “je suis désolé”, des “d’habitude c’est pas comme ça” ou même un peu d’humour etc… mais ça n’empêche pas le silence gêné.
C’est très difficile de rebondir avec une conversation normale genre “Et sinon comment a été ta journée ?”

Et puis c’est un cercle vicieux parce qu’on se dit : je dois avoir un problème, tout le monde y arrive, pourquoi pas moi ?

Le sexe est une partie importante de la relation et quand ça se passe mal, y a pas grand chose avec quoi compenser.
La plupart des femmes ne sauront pas comment gérer la situation et je me dis qu’elles ont dû demander conseil à leurs copines, ce qui n’a pas forcément arrangé non plus la manière dont je me sentais.
Sans compter celles qui commençaient avec des phrases genre : j’espère que tu vas assurer parce que je suis longue à venir.
A quoi j’avais envie de répondre : T’inquiète pas, je vais pas te faire perdre trop de temps.

Donc j’ai abandonné toutes ces choses là pendant un moment, sans en parler à personne parce que bon, la honte…

Je refusais les avances des femmes intéressées parce que ça aurais mené à rien de toute façon, et que finalement, ça me mettait dans des situations tellement pourries que je préférais éviter.

Je me suis renseigné un peu sur le sujet, Internet commençait à tourner pas mal donc je trouvais des blogs et des articles qui m’ont aiguillé sur différentes méthodes, etc…

Et tous les 6 mois, je refaisais un essai parce que l’animal avait faim et ça marchait pas top.

Jusqu’au jour où je me suis dit que j’allais tenter le tout pour le tout, faire taire l’humain pour une période indéterminée et juste pratiquer.

J’ai donc trouvé une femme pour qui je n’avais absolument aucun sentiment et l’ai ramenée chez moi. Sauf que cette fois, au lieu de me recroqueviller sur moi même comme un vieux testicule tout mou après le premier essai, j’ai remis le couvert.

Il faut dire qu’elle m’y a bien aidé aussi. Ca s’est fait naturellement et ça s’est beaucoup mieux passé.
Et la troisième fois aussi, beaucoup beaucoup mieux.

Et à chaque fois qu’on s’est revus, tout s’est bien passé, ce qui m’a permis de faire péter cette barrière dans ma tête et de comprendre que le sexe, c’est comme tout, ça se pratique.

Je me suis senti libéré d’un poids et ai pu continuer à avancer. Par contre , je ne ressentais rien pour elle donc l’humain a préféré mettre un terme à tout ça.

Parce que même si le sexe est important dans une relation, il n’y a pas que ça.

Et donc j’ai avancé comme ça, avec diverses femmes, et si ça se passait mal une fois avec une ( parce que oui, ça m’arrive encore ), je n’en faisait pas tout un foin et je recommençait.

Je me suis aussi rendu compte qu’avec la plupart des femmes, je n’avais pas envie de recommencer une deuxième fois et là je pense que c’est l’humain qui n’y met pas du sien.

Pour ça, il faut que j’explique un peu comment l’animal se comporte :

Quand l’animal a faim, il faut le nourrir. Tous les moyens sont bons, même les plus stupides et l’alcool n’aide en rien pour relever le niveau.

J’essaie toujours d’appliquer la règle d’or : “ne pas faire aux autres ce que je n’ai pas envie qu’on me fasse”.
Je n’ai donc jamais couché avec une femme marié ou en couple si je savais qu’elle était en couple.
Il y en a au moins une qui a bien fait attention à me le cacher mais là j’y étais pour rien.

Une fois que l’animal est parvenu à ses fins, que l’orgasme a eu lieu et que l’énergie s’est dispersé, alors l’humain reprend le dessus et se retrouve à devoir gérer le merdier.

Y a un petit côté schizophrène à tout ça : On se souvient de ce qu’on a dit, de ce qu’on a fait petit bout par petit bout alors même que la femme en question dort à côté.

Il m’est arrivé de “faire la cour” à une femme pendant plusieurs jours et une fois qu’on avait couché ensemble, de me demander ce que je foutais là, de refaire le point et là , l’humain se dit qu’il va bien falloir prendre ses responsabilités et qu’il vaut mieux tout arrêter là.

Donc, encore une situation désagréable, on essaie d’expliquer comme on peut, des larmes, sans tellement pouvoir dire “ En fait, je viens de me rendre compte que j’avais juste envie de coucher avec toi”.

Et c’est pas tout ça, là ça reste encore correct.

Il m’est aussi arrivé ( là y a un bon paquet de honte aussi ) de dormir chez une copine après une soirée bien arrosée dans une grande ville que je ne nommerais pas pour respecter son intimité et vu qu’on dormait dans le même lit, mais qu’est-ce qui a bien pu me passer par la tête, de commencer à lui caresser le dos pour voir comment elle réagirait.

Et elle a pas réagit ! Je saurais jamais si elle a flippé ou si elle a fait semblant de dormir en espérant que j’arrête d’être con.
Mais arrêter d’être con n’est pas tellement mon truc et comme un gros blaireau, j’ai continué à lui caresser le dos.

Et ça duré des plombes. Et ça fait partie de ces choses incroyablement stupides que j’ai fait dans ma vie, où, à chaque fois que j’y repense , je secoue la tête avec un petit rire nerveux.

Donc pour elle, je pense que je serais à jamais un espèce de pervers et qu’il vaut mieux fermer sa porte à clé si je dors à moins de 150 mètres.

Et la première chose qu’elle a fait en se levant est de changer les draps…genre elle croyait que je m’étais branlé toute la nuit en lui caressant le dos….

Certes, j’aurais pu dire quelque chose, mais j’ai du mal à m’exprimer quand je me sens vraiment très très con.

Je pourrais mettre ça sur le dos de l’alcool mais bon…

Mais à quoi je pensais ?

Il y a facilement 2 ou 3 occasions comme ça dans mon passé où j’ai fait des trucs que je regrette et où j’aimerais juste pouvoir m’asseoir avec les personnes concernées et en parler ouvertement mais ça demande un courage et du temps que je n'ai pas pour l'instant...

Pour moi c’est ça l’animal, cette force qui dit : Vas-y, s’il y a la moindre chance que ça marche ou que ça avance à quelque chose, vas-y . Et une fois qu’on lui laisse la bride libre, ca devient un mécanisme qui s’auto nourrit. Si faire un pas n’a pas marché, vas-y, fais encore un petit pas et un autre….jusqu’à ce qu’on se réveille après tous ces petits pas et que l’humain se dise “mais qu’est-ce que je fous là ? “

L’animal n’est pas forcément mauvais, s’il travaille avec l’humain et que les choses sont claires, ça m’a permis de vivre des tas de situations/nuits agréables aussi, des bons moments. Je me rend compte aussi que certains hommes ont dompté leur animal plus ou moins bien. Certains vont passer la majorité de leur temps avec l’animal aux commandes, d’autres n’entendent même plus l’humain.
Certaines femmes aiment aussi jouer avec l’animal et vont, de manière plus ou moins adroite, le pousser à sortir. Il n’y a absolument aucun problème avec ça, sauf avec les hommes qui n’ont absolument pas maîtrisé/dompté/canalisé leur animal.
Le sexe sans l’animal en gros, c’est la position du missionnaire tous les 2 samedis soirs après 10 ans de couple. ( Ou 1 an, je sais pas , j’ai jamais été jusque là :-) )

Ce qui me fait peur est si la situation n’est pas claire. Je préfère rester seul que de dépenser de l’énergie pour lancer ou faire tenir une relation qui ne fonctionne pas. Aller parler à une femme parce qu’elle est mignonne et qu’elle commence à me raconter la dernière émission de TF1 qu’elle a vu me donne envie de partit en courant. Mais l’animal est lancé : “c’est pas grave, elle a un joli sourire, écoute la musique, pas ce qu’elle dit…”
Et des fois, ça prend plusieurs jours avant que je me rende compte que la personne en face faisait juste super bien semblant d’être ce qu’elle est pas. Et là, il faut arrêter parce qu’on sait que ça marchera pas et ça génère un paquet de déception, de tristesse et de rancoeur qui ne servent à rien. Que de temps perdu….

Du coup, je ne sais pas si c’est l’âge mais l’animal sort beaucoup moins souvent. Par manque de temps, d’envie, d’énergie.
Ou plutôt, je lui ai appris d’autres trucs, toute cette énergie permet de faire d’autres choses, d’atteindre des objectifs plus constructifs.

Voilà, Ca c’est la première partie. Peut-être qu’un jour j’écrirais la deuxième. Ca a un petit côté exhibitionniste tout ça mais je pense que c’est des conversations qu’on devrait pas avoir peur d’avoir tous ensemble surtout quand on est plus jeunes/ados.

dimanche 15 novembre 2015

Mon avis

Vu que tout le monde peut donner son avis maintenant, je me suis dit que j'allais rajouter ma voix à tout ça.

Au début, je pensais dire : "Hey, vous êtes tous des cons, vous avez rien compris, ouvrez les yeux" et tout ça mais finalement, je me dis que c'est peut-être moi qui ai rien compris.

Depuis que je suis tout petit, je vois à la télé des guerres, des gens qui meurent, des famines, des explosions et tout un tas de choses.
A chaque fois, je ne peux pas m'empêcher de penser que chacun de ces reportages est un témoignage de nos échecs en tant qu'espèce et je le prend un peu personnellement.
Il y a donc cette boule au bide qui arrive quand je vois des gens qui s'entretuent, ce questionnement, comment on fait pour se sortir de là, de l'angoisse, de la frustration liée à mon impuissance à face tout ça etc... Pourtant, quand je sors de chez moi, rien, pas de problème, un SDF de temps en temps, des trucs faciles à résoudre genre aider une vieille à porter son sac dans les escaliers ou aider un pote à trouver une solution à ses problèmes.

Donc petit à petit, je me suis détaché de ce que je vois à la télé. Ca ne fait juste pas partie de mon monde et je ne peux rien y faire donc j'ai décidé d'en avoir rien à foutre.
Mais j'ai quand même essayé de comprendre comment améliorer les choses, qu'est-ce qu'il faut faire pour que collectivement, on prenne soin les uns des autres ?
La première chose à faire a été de développer un esprit critique, tout questionner tout le temps et ne pas se faire avoir par la dynamique de groupe, aborder les choses différemment et me faire mes propres idées. Ne pas juste accepter et diffuser les idées qu'on me transmet.
J'ai appliqué ça de manière un peu extrême jusqu'à devenir incapable de faire vraiment partie d'un groupe, toujours me positionner à l'extérieur et éviter tous ces comportements censés renforcer l'esprit de groupe.
Parce que pour moi, la raison principale de toute cette souffrance est le fait que les gens se laissent dominer par leur émotions et prennent de très mauvaises décisions sous le coup de la peur et de la colère. Parce que , sous le coup de la peur, on fait ce qu'on nous dit sans réfléchir.
Mais voilà, le truc est qu'on  fait tous partie d'un groupe, qu'on le veuille ou non. Un pays, une association, une entreprise, une espèce ou autre. Et j'ai toujours tendance à me sentir responsable des actions du groupe dont je fais partie. Je crois que c'est là que je comprends pas un truc.
Par exemple, au niveau du pays, le groupe peut engager des actions qui vont avoir des conséquences internes ou externes : Réformer les retraites ou fournir du soutien scolaire aux enfants d'un pays étranger.
Pour gérer en interne, il y a plusieurs sous-groupes responsables de différentes tâches comme l'éducation des membres du groupe ou s'assurer que tout le monde ait un toit et à manger. Un peu comme des organes. Si notre rein ne fonctionne plus, c'est à nous en tant qu'organisme qu'il appartient de faire ce qu'il faut pour le soigner et survivre.
Pour l'impact externe du groupe, pour moi, TOUT le groupe en est responsable.
Toute vie humaine est importante, que ce soit un orphelin en train de mendier dans les rues de Bucarest ou un ministre ou un chef d'entreprise ou un extremiste quelconque.
Je suis, en tant que citoyen de mon pays, responsable à la fois de toutes les actions de mon pays à l'extérieur mais également de la santé de mon pays. Quand mon pays part en guerre, chaque soldat qui meurt est une blessure à l'organisme dont je fais partie. Le sang de chaque personne qui meurt sous les balles/bombes/missiles de l'armée française est sur mes mains.
Je travaille chaque jour et je paie des impôts pour insuffler de la vie à cet organisme, et m'assurer qu'il survive et tant que je décide d'agir pour le garder en vie, je suis responsable de ce qu'il fait.
Je n'ai pas été collabo, je n'ai pas participé à l'holocauste, je n'ai rien colonisé, je n'ai pas fait la révolution de 1789. Ca c'était pour les cellules de l'époque.
Par contre, j'ai bombardé pas mal de pays, je suis resté passif devant une bonne dizaine de génocides, j'ai apporté mon soutien pour aider les victimes de divers cataclysmes, j'ai gagné la coupe du monde, etc... 
Les réfugiés qui se déversent par les frontières ne sont que le sang d'un autre organisme que j'ai éventré.
Je suis responsable de tout ça. Et je le porte chaque jour. Et chaque cellule de l'organisme l'est. Chaque personne qui paie des impôts et se dit français l'est.
Si on enlève tous les membres d'un groupe, le groupe n'existe plus. Nous portons tous la même part de responsabilité.
Nous nous reproduisons, la police fait office de système immunitaire, les agriculteurs nous nourrissent, les artisans et les entreprises nous font grandir et nous développer, etc...
En tant qu'organisme, ce qui s'est passé à Paris n'est qu'une petite infection, à force de se promener avec autant de sang sur nous, de regarder la souffrance sans réagir, de laisser s'installer la haine et la peur sans essayer de soutenir et de rassurer, on s'est fait contaminer.

Je pense qu'on a que ce qu'on mérite. Notre organisme est atteint d'une forme d'apathie. Les cellules ont oubliées de quoi elles font partie et le cerveau est en plein dépression.

Je vais continuer à essayer de soigner les organes, et de faire mon petit travail de cellule même si je me trompe complètement. Et ça ne consiste pas à essayer d'avoir un meilleur Iphone ou une plus jolie voiture. En tant que partie de cet organisme, je ne pourrais jamais être heureux s'il souffre d'une blessure ouverte et que ses actions n'ont pas un impact positif sur le monde extérieur. Je veux rétablir la communication au niveau des synapses et améliorer notre capacité à prendre des décisions en tant que groupe.

Peut-être que le fait de voter ou de mettre une photo de profile différente sur Facebook fait partie d'un processus de guérison quelconque que je ne comprends pas mais nos responsabilités restent les mêmes. Et y a du boulot.



mardi 3 mars 2015

Retraite Ayahuasca : 3ème et dernière partie



4ème cérémonie :

Pendant la réunion d’information, Jim nous avait dit qu’il était souvent bénéfique d’exprimer une intention avant de boire l’Ayahuasca.
Mon intention a été : Je veux me débarrasser de tout ce qui n’est pas moi. Et j’ai bu ¾ de dose.
J’avais un peu peur en attendant que ça fasse effet mais j’ai profité de ce temps pour réaffirmer mon intention.
Au bout d’environ 30 minutes, j’avais les yeux fermés et un truc est apparu devant moi, comme une sorte d’ombre qui tenait des granulés. Mon premier réflexe a été d’essayer de la faire disparaitre mais j’ai senti qu’il fallait que j’absorbe ces granulés.
Je les ai donc acceptés.
Et d’un coup, ils se sont mis à éclater dans mon cerveau, comme un feu d’artifice de couleurs, de sensations et de sons.
A ce moment-là, d’autres ombres sont arrivées et ont posé des panneaux de couleurs autour de moi, pour me séparer des autres. J’avais l’impression d’être sous une sorte de tente colorée. J’ai senti que l’objectif était de m’isoler de tout ce qui se passait autour.
Mes pensées ont commencé à s’affoler et la peur a refait son apparition. Une ombre a alors fait balancer un gros pendentif plein de mécanismes colorés, impossible à décrire ou à dessiner juste devant mes yeux. Les petits mécanismes bougeaient sans arrêt, s’imbriquant les uns dans les autres, et j’ai compris qu’il fallait que je garde mon regard dessus pour occuper mon esprit et mes pensées.
D’autres ombres se sont jointes aux premières qui écartaient doucement tous les sons venant de l’extérieur à la périphérie de ma vision. Elles portaient des coiffes incas et des rubans autour du cou.
Elles ont commencé à monter un échafaudage tout autour de moi, qui se reposait sur mes bras, mon torse et mes jambes.
Une fois le montage terminé, des colonies d’insectes semblables à des fourmis se sont mis à défiler dessus, apportant différents fluides qu’ils injectaient dans mon corps, tandis que d’autres pompaient une sorte de matière noire de mon ventre.
J’avais l’impression d’être sur une table d’opération.
J’ai ressenti une douleur dans la partie gauche de mon visage et quand j’ai commencé à avoir peur, un bourdonnement grave a retenti dans mon oreille, une sorte de vrombissement apaisant qui m’a immédiatement détendu.
Au bout de quelques minutes, j’ai levé ma main pour me gratter le front et tout l’échafaudage s’est effondré. Je me suis senti con, et n’ai trouvé de mieux à faire que de m’excuser, vraiment désolé de les avoir dérangés dans leur travail.
J’en ai profité pour m’allonger et ils remonté l’échafaudage et recommencé leur va et vient. L’une des ombres était assise en haut à gauche et me faisait signe de rester tranquille et de ne pas bouger.
Je lui ai répondu dans ma tête qu’il n’y avait pas de problème, que j’allais pouvoir me gérer. Et une demi-seconde plus tard quelque chose m’a piqué au petit orteil. Et par réflexe, j’ai allongé ma main pour me gratter et tout s’est effondré.
Je me suis à nouveau senti con, aie fait mes excuses et espéré qu’ils ne soient pas vexés ou en colère contre moi. Mais ils ont tout remonté et continué leur travail.
Je me suis laissé faire comme ça pendant un bon moment, jusqu’à ce que j’ai vraiment envie d’aller aux toilettes. Ils ont démonté l’échafaudage et m’ont fait signe que c’était bon.
Je suis donc allé aux toilettes et me suis complètement vidé, avec l’impression d’évacuer beaucoup plus que ce que j’étais réellement en train de faire ( mais je vais passer sur les détails ).
Lorsque je suis revenu m’allonger, j’ai senti un calme incroyable m’envahir, un paysage semblable aux images du télescope Hubble est apparu juste au-dessus de mon champ de vision et je me rappelle m’être demandé pourquoi elle n’était pas en face de moi. Le paysage que je voyais était tellement magnifique que j’aurais aimé en profiter plus mais il se levait dès que je levais les yeux.
Et soudain, j’ai vu que des trucs se détachaient de moi pour s’en aller vers cet autre monde. Et j’ai compris que la vision n’était pas pour moi mais pour attirer toutes ces pensées parasites. Des bouts se décollaient et volaient vers ce paysage. C’était l’équivalent d’un miroir aux alouettes.
J’ai donc attendu tranquillement que ça se passe, me sentant de plus en plus léger. Et soudain je me suis retrouvé dans un silence intérieur profond. Il n’y avait plus un son. Je n’étais plus qu’une mare de silence, de rien, de vide et parfois une bulle sortait de cette mare et s’envolait, comme emportée par un courant invisible. J’ai compris que ce silence était moi, mon essence et que tout ce qui n’était pas silence ne m’appartenait pas.
Lorsque j’ai réalisé ça, de gros bouts de moi se sont détachés et ont été emportés par le courant, bloc par bloc, pour qu’il ne reste à la fin plus que ce silence.
Tout ce qui n’était pas silence devait partir.
Et au milieu du silence, j’ai senti une présence. Une présence faible, timide. J’ai compris que c’était mon cœur.
Il avait des tas de choses à dire, à exprimer. Mais il est très poli et ne s’exprime que lorsque tout le reste se tait. Et cela faisait longtemps qu’il attendait son tour.
Je l’ai écouté un moment, et l’ai rassuré, lui ai dit qu’à partir de maintenant, je prendrais le temps de l’écouter, que j’allais lui donner plus d’espace pour se développer. Il flottait dans cette mare de silence et exprimait une émotion de temps à autre, qui provoquait de légers remous pour s’estomper ensuite.
J’ai passé un moment dans ce silence puis Manain est venu pour le « personal healing ». Il se met en face de chaque personne, une par une et chante pendant un moment.
La consigne de Jim était qu’il est généralement mieux de s’asseoir au bout de son matelas lorsque c’est notre tour.
Ce que j’ai fait, en tailleur.
Ses maracas étaient tous près de mes oreilles et faisaient un bruit assourdissant, j’avais l’impression que j’étais une plante qu’il saupoudrait d’engrais.
J’étais avachi en avant et peu à peu, je me suis redressé, jusqu’à être complètement droit et je sentais que ma tête et mon corps essayaient de m’emmener encore plus haut, mais mon cœur était encore trop faible. J’en suis donc resté là, à profiter de tout ça.
Il a terminé, je lui ai chuchoté « Gracias » et me suis allongé à nouveau. J’ai passé le reste de la nuit à cultiver ce silence intérieur et à observer tout ce qui en sortait, décidant si je devais le garder ou non.
A un moment, je suis tombé sur un gros bloc épineux, que je n’arrivais pas à faire bouger. Après quelques efforts, j’ai demandé à mon cœur ce qu’il fallait faire et j’ai senti une chaleur sortir de ma poitrine et se diriger vers le bloc qui s’est mis à fleurir de partout.
Le lendemain, je me sentais parfaitement calme et ma respiration était facile, tranquille.

 5ème et dernière cérémonie :


 J’avais l’impression d’avoir trouvé ce que j’étais venu chercher et je n’avais plus peur du tout. J’ai pris à nouveau ¾ de dose.
Mon intention cette fois était d’apprendre comment cultiver ce silence intérieur.
Lorsque je ressentais une tension ou une forme d’anxiété, je me laissais retomber dans le silence et ça passait tout seul.
Toute la nuit n’a été qu’une suite d’images et d’expériences qui m’ont montré au début que vivre est extrêmement simple : Il suffit de respirer. C’est le minimum.
Après, ça peut devenir un processus actif. La leçon était qu’il fallait que je prenne mieux soin de mon corps pour accueillir mon cœur et le faire grandir. Qu’il fallait que je transforme mon intérieur en havre de paix, accueillant et bienveillant pour y accueillir la vie. Et non pas en forteresse pour me protéger des dangers. Qu’il était plus important d’attirer les bonnes choses que d’essayer de se protéger de toutes les éventuelles mauvaises.
Et sur la fin, j’ai eu la réponse à ma question. Cela fait plusieurs années que je fais de la méditation en utilisant un mantra, que je me répète sans arrêt, en me concentrant sur ce mantra.
Il me suffisait de changer ma pratique pour qu’au lieu de revenir sur ce mantra, je revienne sur ce silence intérieur et m’habituer ainsi à le vivre.
Voilà, je passe sur tout ce qui s’est passé en dehors des cérémonies, tout ce que je peux dire est que j’ai vu des gens dépressifs, accros à divers substances qui sont repartis frais, le sourire jusqu’aux oreilles, pleins d’énergie. Et tous sont devenus des amis.
C’est une expérience extrêmement personnelle mais j’avais très envie de la partager et c’est trop long à raconter comme ça autour d’un verre. J’aurais peur d’oublier quelque chose.
Voilà, peut-être que je suis taré mais si c’est le cas, je suis très content de l’être :-D