dimanche 1 avril 2012

Pourquoi j'aime pas la musique commerciale


Alors voilà, je me suis rendu compte que je faisais vraiment preuve d’intolérance envers les musiques et radios « commerciales ». Elles m’énervent, me foutent des boutons et quand j’entends une radio dans le genre, j’ai envie d’exploser le poste à la hache.

Ou de prendre mon scooter et…Nan, trop tôt..

Donc je me suis demandé pourquoi. Pourquoi péter un plomb dès que retentit du David Guetta ? 

Pourquoi partir en vrille quand ça ne fait que 14 fois que j’entends la même musique dans la journée ?

Est-ce que je serais anormal ? Est-ce que je ne suis qu’un de ces individus prétentieux, ces hipsters qui ne s’intéressent qu’à l’underground et abandonnent leurs artistes favoris lorsqu’ils touchent le grand public ?

Est-ce que je voudrais à tout prix que les autres aiment ce que moi, j’aime, et rien d’autre ?

Voilà la réponse que j’ai trouvé en faisant un peu d’introspection :

Un artiste est, pour moi, une personne qui a un message à faire passer. Une vision du monde à partager. Ses œuvres sont une tentative d’expression de cette vision du monde.
Un artiste a généralement une manière différente de voir les choses, et il tente par tous les moyens à sa disposition de se faire comprendre. Il ne fait pas de concession, ne se censure pas et met tout en œuvre pour que le message passe. Et lorsque l’auditeur, le spectateur, l’observateur se met en position d’écoute telle qu’il comprend ce que l’artiste essaie de dire ( ou s’imagine qu’il le comprend ), il se passe quelque chose de magique. Il arrive souvent qu’une bonne musique nécessite un effort de la part de l’auditeur pour apprécier le message.
Un artiste n’aurait absolument aucun intérêt à faire ce que les gens attendent de lui. 

Prenons maintenant une radio commerciale :

Leur objectif est de faire un maximum d’audience. Pas pour faire passer un message humaniste. Pas parce qu’ils ont quelque chose à dire. Parce qu’ils doivent faire de l’argent.
Pour faire de l’argent, ils ont réfléchi à ce qui marche, ce qui coûte le moins cher et aux meilleurs manières d’attirer l’audimat pour vendre leurs espaces de publicité plus cher.
 Cela comprend donc du sponsoring de soirées, de compresser la musique qu’ils passent pour qu’on entende un peu plus les basses, de faire des jeux concours.
Pour que l’auditeur ne change pas de radio, il ne faut pas le fatiguer. Il ne faut pas qu’il sente de résistance, il faut qu’il continue à entendre ce qu’il a toujours entendu, il faut le maintenir dans sa zone de confort.
L’auditeur de base est fainéant. Il ne veut pas essayer de comprendre un artiste, il veut seulement se faire bercer par le boum boum boum.
Pour garder l’auditeur, les radios ne passent donc que « ce qui marche ». Elles le passe 5, 10, 15, 20 fois pour que l’oreille s’habitue, que le cerveau s’endorme et ne soit pas surpris par quoi que ce soit de nouveau.

Et donc certains musiciens, dont l’objectif est également de faire de l’argent et d’être connu, vont se conformer à ce que ces radios demandent. Ils vont appliquer les formules écrites par les maisons de disques pour « faire un tube ». La créativité nécessaire pour accomplir ce genre de tâches est minime. Le message à faire passer est « ouhou baby I love you » ou alors « baby baby you broke my heart ».
Ces musiciens ne sont pas des artistes. Ce sont des lâches. Ils font ce qu’on attend d’eux pour obtenir de l’argent, de la gloire, et autres. Ce sont des produits marketing. Ils sont beaux, ils sont formatés, leur image est polie, brossée et sans surprises.

Il existe en France plusieurs centaines voire milliers de groupes qui jouent de la musique, qui pondent des œuvres tellement énormes qu’elles peuvent vous transporter ou vous donner les larmes aux yeux.
Ils ont un message à faire passer. Ils créent un univers. Ils ne font pas de concessions, et vous ne les entendrez pas à la radio.
Les plus chanceux arrivent à vivre en tournant dans les salles et dans les festivals.
D’autres sont obligés d’avoir un job en plus pour vivre ou sont au RMI. Parce qu’ils préfèrent vivre de cette manière que de « faire un tube », ce que n’importe qui peut faire. Et que le message qu’ils ont à faire passer n’est pas pour les fainéants. Il n’est pas pour les gens qui ne veulent pas faire d’effort pour les comprendre.

Imaginons qu’à l’époque de Léonard de Vinci, lorsqu’il a peint la Joconde, quelqu’un se soit aperçu que son tableau plaisait énormément et pouvait rapporter beaucoup d’argent.
Il aurait immédiatement reproduit la Joconde en centaines d’exemplaires et l’aurait vendu pour des centaines de milliers d’unités monétaires. D’autres auraient commencé à faire pareil, changeant peut-être une couleur ici et là.
Dès qu’un peintre aurait fait un peu preuve d’agilité avec son pinceau, on lui aurait dit « Peins des Jocondes, c’est ce que les gens veulent, c’est la seul chose qui marche ». Tous les magasins vendraient des Jocondes, tout le monde aurait une Joconde dans son salon. Et personne ne s’intéresserait aux œuvres des autres peintres.    

Voilà ce qui se passe avec les radios commerciales. Une bande de lâches, incapables de créer quoi que ce soit qui ont juste envie de faire de l’argent.

Alors pourquoi ça m’énerve quand j’entends NRJSKYFUNRADIOROUGEFMETC ?

Parce que j’aimes pas qu’on chie comme ça impunément sur ce qui fait de nous des êtres humains. J’aime pas que l’on prenne des lâches et qu’on les appelle des artistes. J’aime pas qu’on prenne cette capacité que nous avons tous à créer des choses merveilleuses et qu’on l’endorme chez 80% de la population.
Et pour ça, je suis désolé, mais je continuerais à péter les couilles à tout le monde. On dirait que ce serait mon œuvre à moi.

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