mardi 18 janvier 2011

Imaginez !

Un homme marche…
[Parvenez vous à l’imaginer ? Certains d’entre vous vont le voir blond, d’autres brun, certains vont s’identifier à lui et s’imaginer en train de marcher, à ceux là je dis stop, ce n’est pas possible car vous êtes actuellement à côté de moi à le regarder.
Pourquoi marche-t-il ? Parce que j’aime commencer les histoires comme ça, ça donne une idée de mouvement, d’action ( si on veut accélérer le rythme, il suffit de le faire courir ), et ça permet d’ouvrir une quantité impressionnante de portes quant à la suite de l’histoire.
Par exemple, vous qui êtes à côté de moi, vous ne savez pas pourquoi il marche, vous n’avez même qu’une vague idée de son apparence, donnons lui un peu de réalité.]
Au cœur d’une forêt verdoyante de début de printemps, un homme marche, absorbé par le bruit de ses baskets sur le gravier du sentier.
[Là, ça devrait vous parler un peu plus, d’abord parce que c’est le printemps et qu’il vous suffit de mettre le nez dehors pour imaginer la scène si vous habitez en province, ou si vous habitez en ville, votre inconscient va vous ressortir un souvenir d’enfance ou vous vous promeniez avec vos parents dans les bois ( ça y est, vous l’avez ? Sympa, hein ? ). Ensuite, le bruit des chaussures sur les graviers, vous le connaissez, et ça permet à ceux qui utilisent leur ouïe d’avoir également un point de repère].
Il respire profondément pour laisser pénétrer l’odeur humide des sous-bois dans ses poumons.
[Voilà pour votre odorat.]
Le soleil couchant se reflète sur ses lunettes de soleil Ray-Ban, faisant disparaître ses yeux bleus derrière un miroir sans tain.
[Notez bien que le fait de citer une marque vous permet à la fois de visualiser exactement les lunettes pour ceux qui les connaissent ( les dégâts du marketing ) et de classer le personnage dans un groupe social plus restreint ( baskets et Ray-ban, c’est mal barré pour lui, si je rajoute un berger allemand et un jogging, je nous fais un beauf ).]
Il se penche en avant, les bras tendus pour étirer ses muscles dorsaux, saillants sous son T-shirt trempé de sueur…
[Bon, c’est un sportif. On aura peut-être une réaction différente suivant votre sexe (quoique…) mais je suppose que sans que je fasse rien et à l’aide du mot sportif, vous lui avez rajouté un cycliste moulant. C’est marrant, hein ?]
lorsqu’un buisson s’agite soudain sur sa gauche, provoquant un brusque mouvement de tête de sa part suivi de la douleur cinglante du nerf qui se froisse à la base de son cou.
[ M’embêtez pas sur les tournures de phrases pourries, c’est pas le sujet. Bon dans l’ordre : Vous avez vu quoi comme buisson ? Un buisson de houx ? Un petit buisson fourni, style aubépine ? Une haie ? J’aurais pu vous le décrire, mais l’image du truc qui bouge doit vous sauter au visage et vous surprendre. Avec un truc genre « lorsqu’un buisson feuillu de environ un mètre de hauteur et parsemé de petites baies rouges se mit soudain à remuer de droite à gauche en un mouvement rapide », ça l’aurait pas fait. Du coup, vous savez pourquoi il est surpris et vous aussi vous fixez votre attention sur le buisson. Vous l’avez senti le torticolis ? Ca fait bizarre, hein ? Je parie que vous osez pas trop tourner la tête, là maintenant. Et je parie que certains d’entre vous vont la tourner exprès pour prouver qu’ils sont pas comme tout le monde ( hé ben, raté )]
Il se redresse brusquement, une main massant sa clavicule gauche, comme si cela pouvait suffire à tout remettre en place.
[ Je sais que, dans ces cas-là, je masse le nerf endolori en appuyant là où ça fait mal. Petit exemple d’un de ces bouts de moi qui apparaissent dans mes textes]
Le buisson reprend ses convulsions, comme si quelqu’un s’amusait à le remuer.
[ On a tous en tête ces images de films à petits budgets où les buissons remuent bizarrement. ]
Intrigué, il retire ses lunettes de sa main libre et s’approche lentement pour discerner la source du mouvement.
[ Voilà, j’arrête là. Ca aurait pu être un loup-garou, un couple en train de faire l’amour ( ce qui devrait automatiquement ajuster la taille du buisson dans votre esprit, jusqu’à maintenant le mien était assez petit, style 50cm de diamètre ), juste une souris ( ce qui m’aurait poussé à recentrer l’histoire sur le torticolis), enfin bref. Je voulais juste vous montrer à quel point votre subconscient est puissant, et qu’on ne maitrise pas toujours les infos que les gens y mettent. Faites juste attention aux publicités et si vous voulez faire le ménage dans tous les trucs que vous y avez emmagasinés, je vous conseille vivement l’auto-hypnose ou la PNL. Peut-être que vous découvrirez enfin pourquoi vous vous réveillez toujours à poil au milieu du salon, la bouche pleine de pain de mie ( quoiqu’il y a certaines choses que l’on a oubliées pour de bonnes raisons  )

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