dimanche 9 janvier 2011

Sans télé

_ T’inquiètes, encore une centaine de mètres et on y est.
_ J’y vois que dalle, on pouvait pas faire ça de jour ?
_ Tu rigoles ? Tu verrais le nombre de touristes qu’il y a pendant la journée.
Stéphane se tortilla pour remettre son sac à dos en place et reprit sa marche, laissant son ami haleter derrière lui. Un vibration secoua soudain son pantalon, indiquant que quelqu’un cherchait à le joindre.
_ Allô ?...oui… on est presque arrivés, je te dis quand on est en place.
Il rangea son portable, se tournant vers Bruno pour lui faire part de la conversation.
_ Ils sont arrivés à Vesancy, ils attendent notre signal.

Quelques minutes plus tard, les deux acolytes, entièrement vêtus de noirs, atteignirent l’émetteur télé du Mont rond. Les opérations suivantes avaient été minutieusement répétées au cours des derniers jours et ils s’attelèrent à la tâche sans perdre de temps, posant les bombes artisanales au niveau des haubans de l’antenne. Après avoir crocheté la serrure, Bruno déposa une charge incendiaire à l’intérieur du local électrique.
_ Allo ? Ouais… On est prêt…. Ok…. A plus… Bon courage.
_ Ok, allez.
Ils allumèrent les spirales anti-moustiques, censées leur donner quelques heures pour prendre la fuite, puis redescendirent prudemment dans l’obscurité.
Stéphane, Bruno, Gilles et Erwan, affalés dans un canapé, comparaient leurs aventures respectives pendant que la télévision derrière eux diffusait « Histoires Naturelles »
_ J’ai trop rigolé quand Gilles s’est viandé dans un buisson, je le voyais plus, j’entendais plus que des cris et des bruits bizarre, j’avais mal au bide tellement j’ai ri.
_ En attendant, je me suis bien niqué, regarde.
Gilles, remontant sa manche, découvrit une longue balafre qui courait sur son avant bras.
_ Wow, la vache !
Soudain, l’écran de télévision se brouilla, l’image du chasseur à l’affût remplacée par de la neige. Stéphane attrapa la télécommande et zappa frénétiquement, pour s’assurer qu’aucune chaîne ne fonctionnait.
_ Yeah ! On a réussi ! Plus de télévision dans le Pays de Gex !
Erwan attrapa une bouteille de champagne posé sur la table basse et l’ouvrit sans ménagement, aspergeant copieusement ses amis alors qu’ils se congratulaient mutuellement.
_ Pays de Gex libre !

France Inter
Il semblerait que les émetteurs télévision du bassin Lémanique aient été la proie d’un attentat terroriste. Les téléspectateurs de la région seraient donc « privés de télé » pendant deux bonnes semaines en attendant que tout rentre dans l’ordre. L’acte n’aurait toujours pas été revendiqué, selon les autorités. Alors un conseil si vous habitez le pays de Gex, sympathisez avec le voisin qui a une parabole fixée sur le balcon si vous voulez assister à la coupe d’Europe.

2. Le voisin
José s’approcha furtivement de l’oreille de Christine , laissant échapper un « bouh ! » juste assez fort pour couvrir le vrombissement de l’aspirateur. Cette dernière poussa un hurlement tout en saisissant le tuyau à deux mains pour s’en servir comme massue , avant de se détendre en reconnaissant son mari.
_ Oh, t’es con, tu m’as fait peur ! se plaignit Christine après avoir éteint l’aspirateur.
_ Oui, mais qu’est-ce que c’était drôle ! se moqua José, hilare.
Puis plus sérieux :
_ La télé marche toujours pas ?
_ Ben non, je suis obligée de faire le ménage pour m’occuper alors tu vois bien.
_ C’est pas plus mal en fait, j’ai acheté le journal, j’en ai profité pour t’acheter Femme Jeune et Jolie de vingt ans actuelle et cosmopolite.
_ Hé ben, c’est comme ça que tu veux que je m’éduque ? J’aurais préféré le dernier Maxime Chattam.
_ Ben oui, mais je voulais juste te faire plaisir.
_ Merci, se rattrapa Christine en déposant un baiser sur sa joue.
José s’effondra dans le canapé pour entamer la lecture du journal, et haussa la voix pour que sa femme l’entende.
_ Tu sais ! Faut voir les choses du bon côté !
Christine , à environ cinquante centimètres de lui, rugit :
_ TU SAIS ! JE SUIS JUSTE A COTE DE TOI !
Surpris, José rentra la tête dans les épaules comme s’il pouvait protéger ses oreilles sans se servir de ses mains.
_ Ah ? Pardon… je voulais juste dire que ça a un bon côté, on va pouvoir dormir tranquilles, le vieux d’à côté regardera pas la télé à plein volume au moins.
_ Pas sûr. Je suis passée dans la chambre et apparemment il regarde même la neige à plein volume.
Intrigué, José se tourna vers sa femme :
_ T’es sûre ? C’est bizarre, non ?
_ T’as qu’à aller voir si tu me crois pas.
Et il fit exactement ça, pour constater qu’effectivement la cloison filtrait à peine le bruit blanc produit par la télévision du voisin.
_ Faut qu’on aille voir, non ? dit-il à Christine qui l’observait, bras croisés, depuis l’encadrement de la porte
_ Peut-être qu’il s’est endormi devant ?
_ Depuis hier matin ? Ca paraît bizarre, non ? De toute façon, il faut qu’il l’éteigne sinon on va pas fermer l’œil de la nuit.

José contempla un instant l’ambulance qui s’éloignait, sirènes éteintes, et se tourna vers un pompier qui accrochait sa hache sur le camion.
_ Excusez moi ?
_ Oui ?
_ Vous savez, c’est moi qui vous ai appelé…
_ Ah oui, monsieur Gonzales, c’est ça ?
_ Oui. Je voulais juste savoir… Est-ce qu’on aurait pu éviter ça ? En vous appelant plus tôt par exemple ?
_ Je pense pas, non, ou alors, il aurait fallu appeler beaucoup plus tôt.
_ Comment ça ?
_ Ben le vieux était mort depuis au moins une semaine, je vous raconte pas l’odeur dans l’appart…Si la télé ne vous avait pas mis la puce à l’oreille, je pense que la puanteur l’aurait fait.
4. Retour aux livres
La journaliste sortit un dictaphone de son sac avant de s’asseoir sur la chaise métallique que lui proposait Paul. Ce dernier contourna la table pour s’installer en face d’elle. De nombreux curieux s’agglutinèrent autour d’eux, intrigués par la présence d’une représentante de la presse nationale dans la petite ville.
_ Nous pouvons y aller, monsieur Lebuq ?
_ euh oui, répondit-il nerveusement, jouant avec son alliance.
_ Bien, j’enclenche le dictaphone, tout ce que nous dirons à partir de maintenant sera enregistré. Je me trouve actuellement en présence de Paul Lebuq, responsable de la médiathèque de St Genis Pouilly. Mr Lebuq, pourriez vous nous dire si la destruction des émetteurs de télévision a modifié votre quotidien ?
_ Vous pouvez m’appeler Paul plutôt ? Je préfère quand les gens ils m’appellent Paul, ou Paulo.
_ Comme vous voulez, Paul.
_ Merci. Vous savez ça a pas changé grand-chose pour moi, tout ça, j’avais pas la télé avant alors j’ai pas vu de différence. Je préfère lire ou peindre, ça me détend plus.
_ Mais je vois que la médiathèque est pleine à craquer, ça a toujours été comme ça ?
_ Ah, ben non, oui maintenant que vous le dites, avant j’étais plutôt tranquille ici. Des fois, j’arrivais même à lire un bouquin dans la journée. Bon pas un gros, hein, un livre de poche, comme un San antonio, j’aime bien les San Antonio, le brocanteur nous en a refilé toute une collection et…
_ Pardon, mais pour en revenir au sujet, vous reconnaissez donc que la fréquentation de la médiathèque a augmenté ?
_ Oui, oui, c’est vrai, y a plein de gens qui viennent chercher des livres, et des bandes dessinées, pour occuper leurs gamins qu’ils disent. Apparemment, les gamins s’ennuient sans télé. Je comprends pas, j’ai pas été élevé comme ça, moi. Y avait toujours du travail à la maison et pis si on savait pas quoi faire, mon père nous faisait ranger le bois ou faire les devoirs.
_ Et ça vous plaît qu’il y ait plus de monde ?
_ Ben oui, j’aime bien rencontrer des gens, y a trente ans je connaissais tout le monde dans le village. Mais maintenant les gens sortent plus, personne se parle. Y z’ont même laissé tomber la fête de l’oiseau. J’ai l’impression d’être un étranger ici. L’autre jour, mon voisin est venu chercher un livre et je l’ai conseillé un peu, on a discuté, ça fait dix ans qu’on est voisins et on se disait juste bonjour. Maintenant, quand je le croise on discute cinq minutes, il aime bien la pêche aussi alors je me suis dit que j’allais lui montrer où je vais.
_ D’accord, vous dites que les gens viennent chercher des livres pour leurs enfants, ça veut dire qu’ils aiment lire ?
_ Oh, ben oui, au début y savent pas trop c’qu’ils veulent mais je leur montre des BD, vous savez Tintin, Quick et Flupke, tout ça et ils reviennent. Y a même une maman qui prenait un livre et une BD pour son fils et il avait droit à une autre BD que quand il avait fini le bouquin, là je lui ai filé « James et la grosse pêche » de Roald Dahl. Vous avez déjà lu Roald Dahl ?
_ Je suis peut-être un peu vieille pour ça…
_ Vieille ? Mais non, y a pas d’âge pour lire ça, c’est comme « Le Petit Nicolas », les gosses, ils adorent.
En riant, la journaliste appuya de nouveau sur le bouton du dictaphone.
_ Merci beaucoup, Paul, pour cet entretien. Je crois que j’ai tout ce qu’il me faut.
_ C’est rien, ça me fait plaisir.
Paul se leva pour serrer la main que lui tendait la journaliste et les spectateurs se mirent à applaudir. Surpris, il exécuta une petite révérence, qui fit redoubler les applaudissements.
3. La télé comme ambiance
Jacques, assis confortablement dans son canapé, dégustait sa pizza faite maison tout en feuilletant le dernier livre de Stephen King. L’activité se révélait bien sûr laborieuse, le livre de poche ayant une fâcheuse tendance à se replier dès que Jacques tentait d’utiliser ses mains pour saisir ses couverts. Après quelques tentatives infructueuses et une bordée de jurons, il opta pour le découpage style petits fours, attrapant de temps à autre un petit carré prédécoupé.
Son imagination commençait tout juste à dessiner le décor décrit par l’auteur lorsqu’un choc fit vibrer la cloison de plâtre qui le séparait de l’appartement voisin. Vibration suivie d’imprécations lancées par une voix féminine haute perchée. Machinalement Jacques tendit le bras pour augmenter le volume de la télévision, comme il le faisait à chaque fois que le couple voisin s’adonnait à leur hobby préféré : la scène de ménage. Ce n’est que lorsque, voyant que son geste n’avait aucun effet, il leva les yeux de son bouquin qu’il se souvint que les émetteurs de la région ne fonctionnaient plus.
Il haussa les épaules, résolu à ne pas laisser une dispute conjugale détruire cet instant de repos.
_ HAHAUT VABIEN DIS ?
_ HEGAER UH OHA !!!!
Jacques fronça les sourcils, concentré sur les phrases qui défilaient sous ses yeux.
_ HAAAA HUE AHEKARE !!!
Un second choc fit vibrer le mur, suivi du cliquetis caractéristique d’une myriade de morceaux de verre qui rebondissent sur le carrelage.
_ Bon allez, c’est bon, ça va, je vais voir ce qu’ils ont, font chier, c’est pas possible, putain, peux pas être tranquille deux secondes, ah ça, quand y a du monde, ça parle d’amour, d’enfants et des miracles de la vie à deux mais dans les coulisses, ça pète la vaisselle de grand maman et ça se chamaille pour des conneries !!
Sous l’énervement, Jacques jeta le livre de poche sur le canapé, non sans ressentir un léger pincement au cœur lorsque la page qu’il avait oublié de marquer disparut au sein de ses semblables.

Dix secondes plus tard, chaussé de ses charentaises préférées, il sonnait à la porte voisine, ironiquement décorée d’un cœur rouge brodé frappé d’un FOREVER qui n’était pas sans lui rappeler un tatouage de Biker. De l’autre côté, des pas se rapprochèrent sans se presser et la porte s’entrebâilla.
_ Oui ?
_ Euh, bonjour c’est le voisin…
L’écart s’agrandit pour laisser apparaître Marc, lui aussi en charentaises.
_ Ah bonjour, vous allez bien ?
_ Ben, justement…
_ C’EST QUI ? proféra la voix féminine depuis l’autre bout de l’appartement.
_ C’est le voisin, chérie !
_ AH ? Alors demande-lui s’il va aussi sur Internet pour regarder des salopes prendre leur douche devant des millions de gens !!!
Le visage de Marc se replia soudain sur lui-même comme si quelqu’un venait de lui écraser le gros orteil avec un sabot. Jacques éclata de rire et, malgré l’expression cramoisie de l’homme en face de lui, ne put s’arrêter avant une bonne minute.
Il parvint finalement à articuler :
_ Oui, ça m’arrive, malgré le fait que je n’aie internet qu’au boulot.
Cette remarque eut pour effet de redonner à Marc sa couleur d’origine. Ce dernier, soudain ragaillardi, entreprit alors de laver l’affront que venait de lui faire subir sa femme et répondit :
_ Il dit que lui aussi, ça lui arrive !!!
Le sourire de Jacques s’effaça instantanément car il était soudain conscient d’avoir posé le pied sur une pente glissante. Il tenta de faire taire Marc d’un signe de la main, secouant frénétiquement la paume de bas en haut. Ce qui n’eut absolument aucun effet.
_ Il dit que c’est parfaitement normal et que seule une femme trop coincée pourrait pas comprendre ça !!!
_ J’ai pas dit ça, madame !! Je me permettrais pas voyons !! Se défendit-il, mal à l’aise.
_ De toute façon, ça m’étonne pas, vous êtes tous les mêmes, les hommes, pensez qu’au cul !!!
_ Hé ben, au moins on y pense de temps en temps, nous !
Réplique ponctuée de l’explosion d’une tasse sur le guéridon du hall d’entrée. Jacques explosa :
_ C’est pas bientôt fini votre bordel ? Vous pouvez pas discuter normalement, non ? Est-ce que je balance des armoires normandes à la gueule des gens quand je suis pas d’accord, moi ? Merde ! Je suis venu sonner chez vous parce que j’arrive pas à lire mon bouquin tranquille avec le boucan que vous faites ! Ce qu’il vous faut c’est un putain de négociateur ou quoi ?
Marc recula d’un pas, manifestement impressionné par le fou furieux qui avait pris possession du corps de son voisin.
_ Maintenant, je vais entrer, vous posez vos munitions, on va s’asseoir et on va discuter. Poussez- vous ! Dit-il, bousculant Marc sans ménagement.


Jacqueline porta la tasse de thé à ses lèvres, soufflant doucement sur le liquide sucré pour le rafraîchir.
_ Je ne savais pas que les cloisons étaient aussi minces. Désolée si ça vous a dérangé…
_ C’est pas grave, ce que j’essaye de vous faire comprendre, c’est que si les scènes de ménage ajoutent du piment à votre vie de couple, c’est aussi une belle source d’emmerdements pour tous ceux qui vivent à cinquante mètres à la ronde.
_ C’est vrai qu’avec Jacqueline, on a parfois un peu tendance à s’emporter mais on se pardonne toujours à la fin, hein pitchoune ?
_ Oui mon chou, dites je pensais à un truc, ça vous dirais si on vous invite à manger demain soir pour se faire pardonner ?
6. Education
A défaut de pouvoir regarder la télévision, Roger tuait le temps en feuilletant le programme, et s’aperçut ainsi qu’une foule d’articles tous plus stupides les uns que les autres parsemaient l’hebdomadaire. « La mort du chien de Michel Drucker : la France est en deuil », « Jennifer Lopez doit payer un malus sur l’assurance pour ses fesses ».
Et je suis sûr que s’ils traitent le sujet au vingt heures, je vais trouver ça normal.
Philippe, comme à son habitude, sortit de sa chambre en trombe, lançant un « je sors ! A plus !» machinal.
_ STOP !
Roger prit une seconde pour apprécier le crissement de semelle sur le parquet ciré.
_ Qu’est-ce qu’il y a, P’pa ?
_ T’as fait tes devoirs ?
_ Hein, mais pourquoi… ? Tu demandes pas ça d’habitude ?
_ Si je le demande, mais mon temps de réaction est tellement long que t’es déjà en bas de l’immeuble quand je finis ma phrase. Alors ?
_ Non, mais j’ai juste des maths, je les ferais demain dans le bus.
_ T’as combien de moyenne en maths ?
_ Euh…8 mais c’est parce que la prof m’aime pas, elle me saque à chaque fois.
_ Bon, ben sors tes devoirs on va regarder ça.
_ Mais j’allais rejoindre les autres….ils vont m’attendre…
_ Exactement.
Un soupir exaspéré résonna au fond du couloir, suivi du choc des baskets sur le sol. Philippe entra dans le salon en traînant les pieds, tête baissée, comme s’il venait d’assister à un enterrement.
_ De toute façon, c’est des stats et des probabilités, tu vas rien y comprendre.
_ Si j’étais danseur étoile, je serais d’accord avec toi mais en tant qu’informaticien, je pense que ça devrais pas poser trop de problèmes.
_ Pourquoi ? Faut faire des maths pour jouer avec un PC ?
_ Jouer avec un PC ? Je m’amuse pas, je programme. Ca veut dire des probabilités, des algorithmes et tout ça.
_ Ah, je savais pas. Faut que je fasse des maths alors si je veux développer des jeux ?
_ T’as plutôt intérêt, oui. Pourquoi, ça te plairait d’apprendre à programmer ?
_ Ben ouais, j’ai plein d’idées mais je sais pas par où commencer.
_ Je peux t’apprendre si tu veux. On finit ça et je te montre…
_ Euh… pas aujourd’hui, les autres m’attendent mais demain je veux bien.
Roger se rendit soudain compte qu’il ne savait pas grand-chose de son fils. Il avait pour habitude, en rentrant du travail, d’allumer la télévision et de rester scotché au canapé jusqu’à l’heure du dîner, pour « se changer les idées » et «  se détendre », mais ce n’était manifestement qu’une manière efficace de perdre son temps.

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