dimanche 9 janvier 2011

La sexualité des bigorneaux

Dans le cadre de notre émission «  les animaux ne sont pas des bêtes », nous allons aujourd’hui nous intéresser à un animal méconnu : le bigorneau.
Qui, parmi nous, ne s’est jamais extasié devant le spectacle grandiose d’un troupeau de ces mollusques gambadant joyeusement dans les grandes plaines sous-marines au large de la Bretagne. Oui, mais non, c’était une question rhétorique, pas la peine de répondre, je m’en fous que vous n’ayez jamais été en Bretagne.
A la fonte des neiges, donc, lorsque les premiers bourgeons apparaissent sur le goémon, le bigorneau sort de son hibernation, ouvre la petite porte de sa coquille, pousse un bâillement et se met en quête de nourriture afin de reconstituer la graisse perdue au cours de l’hiver. Il rejoint ainsi ses congénères, broutant paisiblement la végétation marine.
Après plusieurs jours de festin, nos amis, mus par leur instinct animal, encore très présent malgré leur intelligence hors du commun, s’attellent à la lourde tâche de perpétuer leur espèce. Ce qui me permet de placer ici un bon mot du commandant Cousteau : ils se mettent au bulot. Ah l’humour des océanographes !
Les mâles se dressent fièrement sur leur séant et entonnent leur hymne nuptiale jusqu’à ce qu’une femelle envoûtée par leur voix puissante se laisse féconder.
D’ailleurs, si vous plongez la tête dans l’océan Atlantique, lors des premiers jours du printemps et que vous tendez l’oreille (pas trop parce que c’est un coup à attraper une otite) vous ne manquerez pas d’entendre les chœurs de bigorneaux en rut.
Lorsqu’il devient évident que la femelle est intéressée, nos amoureux sortent de leur coquille et entament une danse complexe, que l’on pourrait, en simplifiant, traduire par : Chez toi ou chez moi ?
Une fois que la réponse à cette importante question est établie, ils se réfugient dans la coquille choisie. Je pourrais bien évidemment vous décrire ce qui s’y passe mais je pense que la plupart d’entre vous sont sur le point de passer à table.
Ainsi donc, le miracle de la nature s’accomplit et une semaine plus tard, sans échographie, ni péridurale, naissent une centaine de petits bigornillaux. N’étant pas encore prêts à faire face aux dangers de la vie sous-marine, ils passeront le premier mois de leur vie dans la coquille de leur parents, qui les éduqueront à tour de rôle, en les accueillant quinze jours chacun.
C’est de cette manière que l’homme, se basant une fois de plus sur l’observation du règne animal pour développer ses plus grandes inventions, découvrit la garde alternée, qui fait maintenant la joie de nombreux enfants de divorcés.
Ici se termine notre émission spéciale sur les bigorneaux.
La semaine prochaine, nous nous intéresserons aux mouettes touchés par la marée noire, car, et c’est un phénomène méconnu, beaucoup d’entre elles se sont mises à fumer après avoir développé une forte dépendance au mazout.

1 commentaire:

  1. Ça fait vraiment du bruit un bigorneau ? 0.O CE sont des gasteropodes ils ne font pas de bruit normalement non...? :0

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